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I. Correspondance, ai avril, à Portalis

l4o LA POLITIQUE ORIENTALE DE NAPOLÉON

il craint partout son ennemie ; il la voit partout ; elle est son cauchemar de tous les instants : sa pensée en est obsédée sans trêve pendant les dix années de l'empire.

Il la redoute en Italie, Car la Sicile est une sorte de grand dépôt anglais, d'où le général Fox, à la tête d'au moins 20 000 hommes, peut lancer des ex|)éditions sur toutes les côtes de la Méditerranée. L'Angleterre ne tira pas un grand profit de celte situation ; Na|K)léon craignait qu'elle ne fiU plus habile et plus hardie. Il parle bien de temps à autre d'une vive attaque sur la Sicile, avec quelques vaisseaux de Toulon; il ne la risque pas. Il donne au contraire des ordres précis et répétés pour fortifier l'île de Capri qui couvrira Naples et se reliera à Toulon, pour construire à Castellamare un camp retranché qui, situé au sud de Naples, ne permettra pas de « supposer qu'on songe à évacuer la capitale ». Il fait établir un camp retranché à Osoppo, sur le Tagliamenlo, pour assurer les communications de l'Italie avec, la Dalmatie et protéger rislrie contre un coup de main : car ces côtes él<\ient hlo quées à distance par les croisières anglaises et russes. Il revient sans cesse sur les fortifications d'.Mexandrie : évidemment il craint vers Gènes quehpic atliique qui, par-dessus I.VjHîn nin, |)ousserait des troupes sur le Tanaro et le Pô, et il souf frirait cruellement de voir le champ de bataille de Marengo insulté par l'ennemi. Enfin il liAte la formation d'une armée nationale italienne qui soutiendra et reliera ces cam[>s du sud et du nord et qui remplacera les divisions françaises rappelées au même moment sur l'Elbe.

Il redoute les attaques anglaises sur les côtes de France. Il redoute une tentative sur Toulon ; il donne des ordres à Decrès pour qu'on y protège particulièrement la frégate la Muiron, sur laquelle il était revenu d'Egypte. « J'éprouverais, dit-il, une peine su|)erstitieusc s'il lui arrivait (pielquc malheur'. »

Il faut que Junot inspecte avec grand soin, et (l'urgence, les camps de Boulogne, Saint-Lô, Pontivy , Naptiléon- Vendée ; il est rudement bldmé, le 10 mai, de n'être pas parti aux

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