‹ Études NapoléoniennesChapitre 63 sur 177 · I. i8 avril · texte numérisé non relu

I. i8 avril

ir)4 LA POLITIQUE ORIENTALE DE NAPOLÉON

suivre l'étonnante fortune de son vainqueur. Elle jugeait folie de tenter encore de l'arrêter, de lui ménager par de nouvelles luttes l'occasion de nouveaux triomphes. Aussi la mission de Pozzo di Borgo à Vienne n'eut-elle aucun succès : l'empereur d'Autriche lui répondit très nettement qu'il ne voulait pas entrer dans la lutte, qu'il n'était pas prêt, qu'il se battrait le plus tard possible. L'archiduc Charles, avec force lévérences, refusa de se compromettre et déclara qu'on ne pouvait parler de pareilles choses qu'j\ l'Enipereur son frère'. Les avances des gouvernements russe et prussien furent repoussées ; ils durent se contenter des vœux très sincères que l'Autriche ne cessa de faire pour leur succès.

Encore Napoléon leur disputa-l-il ce terrain d'abord. Il songea h une union étroite avec le gouvernement de Vienne. Ce ne fut pas de sa part, dans les premiers mois de l'année i(So7, une simple comédie diplomatique. Ce fut une tenlalive peut-être très sérieuse pour appliquer le programme |)olitique que jadis Talleyrand lui soumettait et qui reposait, on le sait, sur une entente cordiale avec l'Autriche agrandie jusqu'au Danube inférieur et refoulant la Russie en Asie sur rindo anglaise *. Ce programme s'est développé en (pielquc mesure dans le courant du xix" siècle. Mais il était bien dillicile qjie rXulrichc consentît, i\ la première invitation du gouvernement français, à abandonner toute action sur l'Italie, sur l'Allemagne, à rompre avec des traditions six fois séculaires, à se jeter dans l'inconnu.

Napoléon cependant lui offrit son alliance, pensa l'y obliger en la menaçant d'un rapprochement enlrc la France et la Hussie, en l'effrayant sur les progrès constants de la Russie vers l'Europe centrale et la Méditerranée, a Un jour viendra, disait-il alors au baron de Vincent, où je paraîtrai devant Vienne avec looooo hommes pour défendre celte capitale contre l'invasion des Russes*. » Le danger russe devait, ajoutait-il. obliger la France et l'Autriche à une étroite union.

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