APRÈS TILSIT L'ARMISTICE DE SLOBODZIÉ
(Août- Décembre 1807).
1, — La Pokte et le traité de Tilsit.
Exécution du traité de ïilslt. — Ordres à Marmont. — Guilleminot chargé de la négociation de l'armistice entre les troupes russes et turques. — Plaintes de Napoléon contre le nouveau sultan Mustapha IV. — La Porte reste attachée au système français, repousse les propositions de la Russie et de l'Angleterre : Pozzo di Rorgo et Sir A. Paget.
Les inquiétudes de la Porte. — Le pacha de Traunik et le consul David. — Les premières difïicultés de Sébastiani. — Ses menaces au Divan.
IL — L'armistice de Slobodzié (34 août 1807).
Les clauses de l'armistice. — Inexécution de cet armistice par les Russes. — Plaintes des Turcs. — Refus de ratification par le tsar Alexandre. — Anxiété à Constantinople. — Mécontentement et résignation du gouvernement ottoman. — Les exigences pressantes du gouvernement russe. — Napoléon refuse d'y céder. — Il demande la Silésie en compensation de l'établissement des Russes en Moldavie. — Irritation de l'ambassadeur russe à Paris, Tolstoï, et de son gouvernement. — Caulaincourt à Saint-Pétersbourg. — Mauvaises dispositions de* la société russe.
Le discours du trône au parlement anglais (janvier 1808). — La lettre du 2 février 1808.
L'exécution du traité de Tilsit fut commencée dès Tilsit, selon les instructions très précises combinées entre les deux
2l6 LA POLITIQUE ORIENTALE DE XAPOLÉOîl
gouvernements de France et de Russie. Des ordres furent expédiés par Tempereur Alexandre aux commandants de ses vaisseaux dans la mer Méditerranée d'avoir à rentrer dans la mer Noire, par les Détroits, si la Porte voulait leur en accorder le passage ; sinon, par Gibraltar et TAtlantique, où les ports français leur devaient assurer abris et vivres '. D'autres ordres furent donnés pour Tévacuation de Callaro et des îles Ioniennes par les troupes russes, qui devaient revenir par Trieste ou Venise. La Russie renonçait à toute influence dans la Méditerranée. L'aflaire était d'imj^>orlance. File s'accordait mal avec l'espérance conservée par le gouvernement de Saint- Pétersbourg, que la Russie tirerait de Talliance française des avantages pour le développement de son influence dans les Balkans vers Constantinople et la mer Fgéc.
Marmont reçut l'ordre d'envoyer une garnison à Cattaro et de rétablir des rapports amicaux avec les Monténégrins, qui n'avaient cessé jusque-là de soutenir la cause de la Russie et d'inquiéter la frontière du gouvernement de la Dalmatie. Les Monténégrins répugnèrent d'ailleurs toujours à s'entendre avec les officiers français, dont ils redoutaient le voisinage et les projets. Comme la plupart des |)euples slaves des Balkans, ils comptaient sur la Russie, détestaient la France, à laquelle ils reprochaient ses relations cordiales avec la Porte : ils eussent volontiers uni dans une môme haine le sull.in el l'empereur Napoléon.
Le i" septembre 1807, le général César Berthier, nomuxgouverneur général des îles Ioniennes, s'installa h (Jorfou. La liberté des cultes fut proclamée ; cependant la religion grecque était reconnue comme étant la religion dominante dans le pays ; une députation sénatoriale de cinq membres, réunie deux fois par semaine, devait assister le gouverneur dans l'administration des intérêts des Sept-Iles. Corfou bientôt fut un énorme centre d'approvisionnements et de munilions, le quartier général des desseins de Napoléon sur l'Orient. Spectacle mélancolique d'ailleurs que celui du grand eflbrt qui y fut préparé pour un résultat nul.