Id., id., Vahid-enendi àTalloyrand, 2"? août
3. Id , id., David à Talleyrand, deTraunik, i3 septembre }So-.
Driault. — ÎNapoléon. i.")
226 LA POLITIQI E ORIENTAI.K DE >APOLÉ(»
signalait la présence en Autriche de nombreux olTiciers français ; il y en avait beaucoup aussi à Venise, à Corfou ; Marmonl pressait la construction des routes à travers les montagnes de la côte illyriennc.
A la fin du mois d'août, comme le consul français David communiquait au pacha de Bosnie quelques uns des articles des traités de Tilsit, ce qu'il en savait, le paclva observa : « Je vois bien peu de chose pour nous dans tout cela... 11 est vrai, ajouta-l-il, que nous avons |)eu mérité. » Les Turcs, en effet, continuaient de faire preuve partout d'ime incurable inertie ; ils ne songeaient pas à profiler des circonstances pour en finir avec l'insurrection des Serbes ; les chefs ne trou\aienl point de soldats. « On a beau, écrivait David, planter les trois queues et les arroser du sang dos agneaux, |X)ur signal de guerre et de départ ; on a beau donner des sérénades barbares aux janissaires qui s'inscrivent, pour les honorer et encourager les autres ; après toutes ces cérémonies qui durcnl des semaines, les graves musulmans restent sur leurs tapis. L'empire ottoman, si j'en puis juger i>ar celte province, ressemble à un homme mal éveillé et qui retombe dans un profond sommeil dès qu'on cesse de crier autour de lui et do l'agiter avec violence. Les Turcs, depuis le nouveau règne, sont en effet retombés dans cette léthargie qui finira par être la mort. Je désire vivement de ne pas assister à leurs ob scques*. »
Cette idée s'accréditait partout que la chute de l'empire ottoman était proche, qu'elle avait été décidée à Tilsit. Sébastiani en exprimait une fois de plus la conviction ; cet empire lui paraissait plus près de sa ruine que jamais ; il en fixait le renversement tout au plus à dix-huit mois ou deux ans; il pensait que la famille d'Ali de Janina jouerait un grand rôle dans les événements considérables qui allaient sr produire. Un pacha de l'armée du Danube écrivait au divan : a L'empereur des Français vient de conclure sa paix et de retourner à Paris. Dans le traité qui a été signé, il n'est pas question de la Turquie, et il nouslivrej\ la merci des Russes.
I. Ad. étrangères. Corr. de Turquie, David à Talle^rrand, a5 août 1807.
Deux ofïiciers de l'armée du général Mlchelson viennent de me donner ces.nouvelles. Vous voyez combien vous avez été imprudents en plaçant toute votre confiance dans la France et en prenant l'engagement de ne traiter que de son consentement avec la Russie et l'Angleterre. » Le bruit de la trahison de la France se répandit à travers Constantinople ; les Français furent insultés dans les rues ; la situation devint ■dangereuse pour eux, dans une ville oi^i le fanatisme est toujours si facile à irriter.
Les ministres du sultan partagèrent cette émotion, quoiqu'elle ne paraisse pas dans les lettres officielles adressées au gouvernement français. Sébastiani chercha d'abord à les tranquilliser, leur affirma que la France n'abandonnerait point la Porte, que l'intégrité et l'indépendance de la Turquie seraient certainement assurées, qu'il fallait attendre de connaître les articles du traité.
Mais, quand on connut les articles du traité, de dures paroles furent échangées entre les ministres de la Porte et l'ambassadeur de France*. Ils tinrent une conférence, à laquelle ils invitèrent Sébastiani. Ils y exprimèrent en termes violents leur irritation : l'empereur iNapoléon n'aurait pas dû ratifier la paix avant de s'être concerté avec son allié le sultan ; la Turquie était sacrifiée ; toutes les promesses faites par la France au sujet de "son intégrité étaient violées; il était inadmissible que les provinces danubiennes, après leur <ivacuation par les Russes, ne pussent pas cire occupées par les troupes du sultan. Ils dirent tout leur mécontentement : la France a abandonné, a trahi la Porte ; ils ne se regardent plus comme liés avec elle ; ils vont traiter avec l'ambassadeur anglais; ce sera facile, il est tout près, il les attend à Ténédos. Sébastiani leur répliqua que l'empereur Napoléon -en aurait du ressentiment et qu'il le ferait voir ; il dut élever la voix pour leur imposer silence et rompit la conférence qui <levenait injurieuse.
Ce fut un moment très funeste à l'influence française auprès de la Porte ; en vérité, elle ne redevint jamais ce