POITOU
Je parcourais, y a quelques mois, les papiers laissés par un excellent citoyen, Jean-Gabriel Gallot, député à rAssemblée constituante de 1789 0)i lorsque Je rencontrai une note ainsi conçue :
« Pièces trouims par le sacristain, à St-Jttaurice'le-Girard (>). — Ces pièces sont de manyais alliage et prises les unes aux autres par piles; mais il y en a quelques-unes de détachées. Celles-là sont d*un métal plus fin. Le bloc entier pèse deux livres trois onces. Ten ai envoyé à Madame Necker, qui les a fait voir à des connaisseurs en ces sortes de choses, et qui ont reconnu de la monnaie du temps de saint Louis et des barons ou autres seigneurs du royaume. Avec le talon de mon crayon je reproduis la figure des mieux nuvqnées; elles vous feront savcnr ce que c'est. »
Suivent les empreintes de cinq deniers et de deux oboles, prises, en plaçant les pièces sous le papier, et en frottant ensuite avec de la mine de plomb.
Gallot étant mort i la Rochelle, au commencement de 1794, il en résulte que cette note sans date, destinée probablement à Jouyneau* Desloges, rédacteur des ^/JicAes du Poitou^ ifut écrite avant la Révo-^ lution. La qualification donnée à Finventeur du trésor milifie aussi en faveur de ceNe hypothèse.
Les sept pièces reproduites sont : 1* Denier du Mans de Charles I*', roi de Sicile (Hucher, pi. IV, n*" 4); 2» denier tournois de saint
(1) J.-^. GaUot, docteur en médecine, membre conespondant de TÂcadémie de Paris, consacra la pins grande partie de sa vie au seolagement des dasees laborieuses des campagnes. On lui doit plusieurs mémoires intéressants sur les épidémies qui ravagèrent le bas Poitou , et sur les moyens d> porter remède, n était protestant, et entretenait des correspondances suivies avec plusieurs savants et avec M«« Necker. L'un de mes amis prépare une notice biographique détaillée sur cet homme recommandable.
(9) Canton de la (Mteigneraie, arrondissement de Featenay-Yeadée.
LoQis ; 9« denier anonyme de Bretagne, Castri-Gigampi {Duày, fi. LXTII, n* 7) ; 4* denier anonyme de Bloia ; 5« denier d*Alpbonao« Gonne de Poitoo, au type tonmoia; 6^ obole de Cbarlet I» d'Aniott (Poéy-d* Avant, n<> 527 bis); V obole d*Al(dionaei an type dei deniers donnés par Duby« pi. XCII, n"» 8 et 11.
De tontes ces monnaies, il n*y a que la dernière qui ne soit pas connue et qui mérite de nous arrêter un instant. L'exemplaire dont Gallot s*est servi étant bien conservé, il m*a été possible d'en faire nn dessin exact.
+ ALFVnSVS. GOMES. Croix. — 4. PICTAVIENSIS. Le champ occupé par une moitié de fleur de lis et par une moitié de tour. (Pi. m, n» 3.)
La légende du revers de cette obole diflftee de celle des pièces gravées dans Dnby et sur la pi. XXV, n"" 115, du Glossaire de Du Congé (édit. Didot), laquelle porte PICTAYIE ET THOL, de Poitou et de Toulouse. Elle a dû, par conséquent, être fabriquée avant ces dernières.
Je possède, dans ma collection de documents originaux sur notre ancienne proTince, une charte d* Alphonse, du 8 mars 1248, relative à des biens situés à Parigny, près la Bochelle, que Fabbaye de Saint-Haixent avait acquis de Guillaume Grossin et d'un membre de la famille Ysoré. On y voit appendu nn sceau assez bien conservé représentant le frère de saint Louis, armé de toutes pièces et monté sur nn cheval au galop, couvert d'un caparaçon décoré de ses armoiries. Au revers est un contre-scel ovale, chargé de son écu. Ds sont reproduits sur la pi. III, afin qu'il soit facile de se convaincre que le type du revers de l'obole, placée à c6té, représente les armes de France et de Castille, que ce prince avait accolées, en sa qualité de fils de Louis YIII et de la reine Blanche.
Les monnaies à ce type furent frappées pendant 4es dernières années de l'administration d'Alphonse. Philippe le Long en fit émettre de semblables, en sa qualité de comte de Poitou.
Après avoir suppléé à la maigreur du butin que m'a fourni la série poitevine du xnp sièCle, par le sceau du frère de saint Louis, je suppose ne pas trop m'écarter encore de mon sujet en plaçant à la
suite celai de Geoffroy Poavreaa, dernier abbé et premier ë?éque de Maiilezais. Les nombreux points de contact qui existent entré les monnaies et les monuments de cette nature, autorisent cet empiète* ment sur le domaine de la sigillographie.
S. FRIS . GAYFBIDI . POVRELLI . ABBIS. SG. P. MALLEACESIS. (SigiUum fratris Gaufridi Povrelli, abbatis sancH Pétri McUleacensis.)
Ce sceau en bronze a été trouvé en 1854, dans les fondations des moulins du château de Fontenay-Yendée, et m*a été donné par mon ami, M. Félix Boncenne, juge au tribunal de cette ville, qui Tavait recueilli.
On y voit Geoffroy Pouvreau debout et de face sous un dais, tenant de la main droite sa crosse abbatiale et de la gauche un livre sacré. De chaque c6të, à la hauteur du genou, sont les représentations symboliques du soleil et de la lune, que Ton rencontre sur beaucoup de sceaux du moyen-âge.
La date de ce curieux petit monument est nécessairement antérieure à 1317, année où Maiilezais fut érigé en évôché. Quant an ^ style, il est assez large; mais pèche par le défaut de finesse. On y remarque au contraire une certaine rudesse, qui est loin de nuire pourtant à Teflët général. Je signalerai surtout à Fattention du lecteur la fagon dont est comprise la figure, qui a la prétention d*6tre
on porlrut, si Ton en jnge par divers traits de physionomie, entra antres par la longneor dn nez, font à fait caractérisliqne snr Toriginal, et que le graveur a imparfaitement rendue.
Geoffroy Ponvreau, et non<de Ponerelle, de Ponvrelle on de Pommereuil, comme on Fa yonln baptiser, quoiqnMl fût bien aisé d*aToir la traduction véritable de son nom, encore excessivement commun en Poitou, Geoffroy Ponvreau appartenait à une famille noble des environs de Parthenay, où elle possédait les terres de la Sye et de la Bonssière. Diverses branches se répandirent dans la j[>rovince et s*allièrent à plusieurs maisons distinguées on influentes; par exempïe, aux Chabot, aux If ucheze, aux Bigot, etc.
Les Pouvrean avaient déjà donné, avant Geoffroy, un auOre abbé à Maillezais, dans la personne de Pierre» oncle dn précédent, qui avait fait sans doute de manière à empêcher sa dignité de sortir de famille. Ces transactions peu orthodoxes n'étaient pas rares an moyen-âge. Deux actes nous révèlent jsette parenté. Le premier, de 1304, est un compromis passé entre Agnès, veuve de Hugues Ponvreau, chevalier, et Hugues, Pierre, Théobald, Jean et Marguerite, ses enfants, an sujet de la succession de leur mari et père, en présence de Pierre, abbé de Maillezais, oncle de ces derniers. Le second, de 1316, fait, à propos de Thérédité de ce même Pierre, çntre Geoffroy, alors revêtu de la dignité abbatiale, et Hugues, nommé plus haut, agissant en son nom propre et en celui des enfants de Geoffroy Bréchôu, son bean-frère (<)• Ce second acte indique clairement que les copartageants étaient issus de deux frères dn défunt.
(1) G. Bréchon était seiguear de Denant, près Nieuil-^or-VÂutise. Cette terre, érigée plus tard en baronnie, passa, yers 1480, à Pierre de Saiisiciiaet, écoyer, sieur de Bemay et de Qiampdoré, par son mariage avec Loyse Bréclioii, yeaye de Hugaes Ocgaet. Des Sansicqaet elle arriva par vente, à la fin dn xvi« siècle, à Gnillaiime Gobin, sieur de la Fuie, dont la fiUe, nommée Suzanne, la porta en dot à Adam Tiraqueau, mestre des camps et armées du roi. Cent ans plus tard, elle fût transmise par héritage aux Lacropte de Boursac; puis, quelques années après, ceux-ci la cédèrent à François-Florent Duchesne, sieur du Mesnil, fils de François Duchesne, avocat, homme d*afiGsdres de cette même maison de Boursac, qui était venu de Nogent-le-Rotrou, où ses parents tenaient à la bourgeoisie, se fixer en Poitou, en qualité d*employé subalterne dans les vivres militaires. Ses descendants ont possédé Devant jusqu'à la Révolution.
jGkNdBroy, créé évéqae de MaiUazaii par la bulla de Jean XXII, ffA éleirait eette abbaye m rang de aiëge épiscopal, Ait aacré i Avignon le 20 novembre 1317. D virait encore en 1U3, comme Ta trèa4)ien démontré M. Paal Marcbegagr O-
By a plaaienraflièGlesqnelafamillede ce prélat eat éteinte; maiB elle a lidaaé trace dana lea non» du Boia-Ponfreaa et de la Barre- Poavreau, propriétés qoi lui ont longtemps appartenu, et qoi arrivèrent ensnite en la possession de Raonlet Bigot, fils de Jean Bigot, maire de Pditien en 1373, 73 et 74, et d'Agnès de la Forest, par mm mariage avec Marie Pauvrelle. Elles passèrent pins tard au Ctavenrier, aux Legiw, anx Tndert, etc.
Aajonrd'hni, le nom de Poavrean est porté par d^bombles labonreers, nnis sans donte à la maison d*où est sorti le preaàfit évéqoe de Maillezais par ces liens qvi, pour être mystérieux et cachés, n*ee ont pas moins tonjoors rdié an peuple les honanes placée aux pina bants degrés de Féchelle socîfle.
M. Redet, archiviste de la préfecture du département de laYienné, a dressé dernièrement la liste des sceaux possédés par le musée de Poitiers. Il devrait faire un travail aussi complet que possible sur tous ceux qui se rattachent à l'histoire du Poitou. Ses études spéciales, son savoir bien connu, ses relations étendues, le mettent plus en mesure que personne de nous donner un semblable livre, qui figurerait à merveille dans les mémoires de la Société des Antiquaires de rOuest. On objecterait en vain le chiffre des frais de publication. Nous savons, par eipérience, que la Société ne recule pas, au besoin, devant des dépenses considérables, en. faveur d'oeuvres moins faites, il faut l'avouer, pour être recherchées des travailleurs sérieux. Que l'on s'abstienne, pendant deux années, de publier des volumes à époque fixe, et l'on aura couvert le prix du catalogue de M. Redet. La Bibliographie poitevine de M. Pressée pourrait paratnre au moyen du même procédé, et la collection des mémoires s'enrichirait de la sorte d'ouvrages qui ne contribueraient pas peu à les faire rechercher un jour.
(I) BM. de fÉOQie Oes CkarUi, t. R, ^ ISS.
MABCHE BT ANGOUMOIS.
Les monnaies des comtes de Is Marche et d'AngooIéme de la i son de Lnsignan ont été, pendant les deoi derniers tiers do xm* siède, très-Tariées de légrâlesot de types; mais on peat les partager en tnris classes, el reconnattre qa'eiles sont sorties de trois sources distinctes.
L'empreinte génératrice est celle des pièces sur lesquelles on Ut : V60 COHES MAB, et CHE dans le champ, entre deux croissants— LODOICYS ENGOL. Elles furent frappées par Hugues X, après la réunion à ses domaines du comté d*Angoul6me, par la mort d'Ainuur, son heau-père, qui arriva en 1218.
n est snpposable que ce prince apporta assez tard cette modification dans r ancien type marchois; car les monnaies à cette nouvelle empreinte se trouvent, en général, mêlées, dans les dépôts, à des deniers tournois de saint Louis et autres e^ces de la même période; d*où Je tire la conséquence qu'on ne saurait lui attribuer les pièces dérivées de celles-ci, à moins que ce ne soit le denier de Lusignan publié par H. Poéy-d' Avant, pL XI, n"* 3 de son Catalogue, et dont voici Tobole :
+ T60 COHES MAB. Dans le champ, CHEentre deux croissants.— «. + : DNS : LEZINUCI. Croix.
(PI. II, no 17.) Collection de H. Lecointre-Duponf.
L^^autre denier de cet atelier, édile par le même numismatiste, n» 6 de sa planche XI, est d*un travail moins ancien et se rapproche davantage de celui des monnaies dont il va être bientôt question, quoique le nom soit encore écrit sans H. Je ne serais donc pas éloigné d*en faire hommage à Hugues XI (1249-1261).
Je m*appuie, pour doter Lusignan, berceau de Tillustre maison des comtes de la Marche, d*une oflScioe, sur la place assignée à Tindication géographique du côté du revers, qui est presque toujours consacré à Tatelier monétaire, au moyen-Age. On objecterait en vain que ce château était situé sur le territoire du comté de Poitou; cette considération n^était pas de nature à arrêter Hugues X, excité qu*fl était par les conseils de sa femme, la fougueuse comtesse-reine Isabelle. Et puis, ne pouvait-il pas se retrancher plus tard derrière d'anciennes concessions des rois d'Angleterre?
Il nous reste à classer par ordre de dates les deniers et les oboles sortis des ateliers particaliers de rAngoamois et de la Marche, jusqu'à la réunion, en 1303, de ces provinces an royaume de France.
Parlons d*abord des premiers.
En tête se présente le denier de M. de Gonrgue (Rev. num., 1841, pi. XI, n"» 9, et p. 200). L'obole suivante, tirée de la collection de Bonsergent, a dû le jour à la même émission.
+ HYGYO BRYUrn. Croix cantonnée, au 2*, d'une étoile. — IV* -t- C. ENGOLISHER. Dans le champ, SIS entre un croissant et un fleuron à cinq feuilles. Imitation éloignée, mais encore évidente, du type employé du temps de Hugues X.
Poids : 7 grains. (PI. U, n^ 18.)
Hugues XI (1249-1261) a droit de revendiquer cette monnaie.
Vient après le denier gravé au n^ 4 de la planche de H. Poéyd* Ayant, que je crois du temps de Hugues XH (1261-1282), et enfin son n? 7, que je fais reproduire (pi. II, n"* 19), parce que son dessin ne rend pas le caractère propre à Toriginal. On remarquera que la croix est cantonnée, au 2*, d'une coquille, différent monétaire maintenu sur l'obole de Guy dont nous nous occuperons plus loin, et qui sert de point de repère pour dire notre* pièce frappée sous Hugues Xm (1282-1303).
Si nous passons maintenant aux espèces de la Marche, nous trouvons :
!• + HYGYO BRYNRI. Croix cantonnée, an 2-, d'une étoile à l'instar du denier d'Angonlême de M. de Gonrgue et de l'obole à la même empreinte. — !«• + COMES MÀHCHIE. Type di£Bcile à déterminer, en raison de l'état de la pièce.
Denier. Poids : 14 grains. (PL H, n« 20.)
Je donnerais Tolontiers cette monnaie à Hugues XI, à cause de l'étoile dont la croix est cantonnée.
2<» Le n<> 5 de U. Poêy-d^Âvant, postérieur au précédent de plusieurs années.
3<» Le denier de Gui de Lusignan publié par M. A. Barthélémy (Rev. num. , 1843, pi. XY, r 5, et p. 397).
4« +6 DO. DE. LEZIRIAGO. Croix cantonnée, an â«, d*Qne coqèiaie. — m. COMBS. MABCHIE. Ëca aux armes des Lnsignan : burtU d'argent et (fazur de dix pièces, sarmonté d'an croissant.
Obole. Poids : 11 grains. (PI. II, n"» 21.) Collection Bonsergent.
Gui de Lnsignan, frère cadet do comte Hngnes Xin, avait été institué par ce dernier son héritier; mais, ayant pris les armes contre lui, il fut privé de sa succession en 1297, ce qui ne Fempécha pas de tenter de se faire reconnaître comme comte de la Marche, aussitôt aprbs le décès de son aîné, arrivé en 1303. Malheureusement, le roi Philippe le Bel, se prévalant d*un acte passé entre lui et le défunt, confisqua sa succession et ne donna qu'une faible indemnité à Gui et à ses cohéritiers. Ainsi furent réunis la Marche et F Angoumois à la couronne de France.
Le premier comté en fut de nouveau séparé par PhiUppe IV, qui le donna, en 1311, à son troisième fils, Charles le Bel. Ce prince étant parvenu lui-môme au trône, son apanage ne cessa plus, dès lors, de faire partie intégrante du royaume (1322).
n a fallu que Gui de Lnsignan ait possédé la Marche, ou en ait pris pendant un certain temps le titre de comte, pour avohr frappé des monnaies à deux types différents. 'C*est un fait à épurer au moyen des documents écrits qui nous restent de Tépoque.
Le type de Tohole^ux armes de sa maison Ait le dernier employé par lui; car il fut adopté par Charles, en prenant possession de son apanage (Y. Duby, pi. LXXI). C)
Les pièces de celui-ci démontrent, en outre, que Ton monnaya concurremment pour la Marche et pour TAngoumois jusqu'à l'extniction de la maison de Lnsignan, et que le denier gravé au n»19d6 ma pi. II, est de Hugues Xin, puisqu'on émit, après 1314, des pièces dont Tempreinte en est le calque servile (fiuby, pi. LXXI, m S). Charles n'était pas, il est vrai, comte d'Angoulême; mais il avait intérêt à conserver au numéraire sa tournure ancienne. Or,
(i) Le type de Tobole de Gni témoigne une fois de plus, que Ion a tort de vouloir repousser sans examen les figures du ms, de StUnt-Fictor, tandis que les découvertes prouvent journellement qu^elles ont été faites maladroitement, si Ton veut, mais d'après des dessins du temps pris sur les pièces elles-
comme les esptees des denx oflteinee circoiaient d*aDe manière indifférente snr le territoire des deoi proTinces, il ne cmtpasdeYoir enleyer au siennes Taspect de celles qui les avaient précédées, et qui servaient encore à toutes les transactions parmi le peuple.
La monnaie trouvée dans la découverte de Saint-Haizent et publiée dans la Rev. num„ 1838, pi. XI, n"" 6, succéda à celle conservée par le ms. de Saint-Victor et Duby. Les autres types arrivèrent ensuite.
En résumé, les monnaies frappées sous Tautorité des comtes de la Marche, depuis les dernières années de la vie de Hugues X, se divisent en trois séries parallèles :
l"" Celles avec le titre de seigneur de Lusignan ; . 2° Celles qu*ils émirent en qualité de comtes d*AngouIème;
3* Celles enfin fabriquées comme comtes de la Marche.
Trois monnaieries séparées fonctionnèrent sous Hugues XI, et, si Tatelier de Lusignan fut alors fermé, on ne cessa pas, d*autrepact, jusqu'en 1303, de frapper des espèces très-distinctes pour chacun des deux comtés, qui avaient probablement conservé leur individualité administrative, malgré leur réunion dans la même main. La confusion inextricable qu'offrent tous les classements présentés jusqu'à ce jour, vient de ce que l'on n'a tenu aucun compte de la diversité de ces monnayages. Des découvertes ultérieures combleront tôt on tard les lacunes que j'ai été forcé de laisser subsister dans le mien.
Le poids respectif de chacune de ces pièces est tout à fait conforme à celui des monnaies contemporaines du Poitou.
M. Rondier possède plusieurs deniers de la Marche et de TAngoumois dans sa belle collection de monnaies de l'ouest de la France.
Je ne me suis pas occupé ici des séries antérieures à Hugues X. Leur classification n'offre plus de difiScultés sérieuses, depuis l'apparition du livre de M. Poéy-d' Avant.