‹ Études numismatiquesChapitre 48 sur 55 · LE P.UY · texte numérisé non relu

LE P.UY

— Depuis la publication de la pièce du Pny, donnée à la p. 81, on a inséré dans la Revue numismatique de cette année, p. 113, une dissertation de M. Aymar, sur deux découvertes faites dans la Haute- Loire, dont l'une était uniquement composée de monnaies semblables à celle de M. Poêy-d' Avant. Dans ce petit travail , l'auteur cherche à prouver que ces pièces sont du xi* siècle, classement inadmissible, après avoir vu l'une d'elles en original. Le style et la forme des lettres les font au contraire contemporaines de Philippe-Auguste :

les N ont surtout la tournure propre aui caractères de cette époque, et tout Dumismatiste un peu exercé sera de mon avis en constataut ce simple détail.

Aucune pièce du Puy au type primitif n*a encore été rencontrée, et on ne peut pas dès lors établir actuellement si celui des deniers et oboles, d*une attribution incontestable à cette ville, est indigène ou a été apporté d'ailleurs. Il est évident, néanmoins, que c*estune dégénérescence du chrisme, comme on Ta prouvé depuis longtemps, et que Ton en fit usage dans d'autres ateliers situés au delà da Rhône. La raison commerciale et de voisinage influa sur la propagation de cette empreinte toute chrétienne qui convenait on ne peut mieux à 'des officines ecclésiastiques. La découverte des monnaies transitoires entre l'ancien type carlovingien et le type féodal proprement dit lèvera nos incertitudes.

Cette transformation a dû s'accomplir pendant la seconde moitié du V siècle: Le denier portant MONETà SGE MABIAE, signalé par M. Aymar, et donné avec raison aux évéques du Puy, a été fabriqué un peu après. Car l'empreinte

a déjà été tant soit peu altérée (<). — Elle le fut plus tard bien davantage encore, et les légendes se déformant elles-mêmes, les lettres R et I furent accouplées , prirent l'aspect d'un N, et l'A renversé devint un Y, de telle façon que l'on put lire : SGE MAPTVE, et par interversion MAIWE SCE ; lecture qai a amené M. de Longpérier à sa méprendre sur la véritable provenance de ces deniers, et à les attribuer à Maçosquie. MM. Bequien et Poêy-d'Avant classent également à tort cette dernière monnaie parmi celles de Gap.

Je ne saurais trop engager les nnmismatistes de la Haute-Loire et des départements d'alentour à étudier soigneusement les pièces sorties de ce groupe d'ateliers établis au Puy, à Gap, à Saint-Paul-

(0 Cette gravure a été faite d après lexomplaire de M. Charvet, de Paris.

Trois-Chflteauz, et peut-être dans quelques autres Tilles Toisines (9. La réunion d*un grand nombre d'exemplaires amènera des découvertes inespérées par la comparaison des types, et Ton apprendra enfin quel a été leur point de départ. Jusqu'ici, la capitale du Yelay semble devoir revendiquer ce droit ; mais il n'est pas suffisamment établi. La publication du denier que fe viens de reproduire et qui était mêlé avec ceux de Brioude , auxquels il ressemble beaucoup par le style et le travail, a déjà fait fabre un grand pas à la question, en constatant que Ton se servait au Puy de cette empreinte dès la fin du X* siècle. Je me trompais donc en disant, sous une forme dubitative il est vrai, à la p. 82, que les monnaies des x' et xi* siècles pouvaient être à des tjrpes tout difFérenls de ceux des xn* et xm*.

 rbeure qu'il est, la filiation se trouve remonter à deux degrés plus haut qu'il y a un an. Avec quelques recherches, on trouvera le point de jonction entre les carlovingiennes et les féodales.

En résumé, la liste monétaire du Puy se compose maintenant ainsi qu'il suit :

l"* Denier moneta sce Mariae ;

2° Id. moneta sce Manve;

30 Pièces dont les légendes sont entièrement indéchiffrables, et qui ont été firappées de la seconde moitié du xr.siècle au dernier tiers du xu* ;

4'' Denier Béate Marie podiensis (sous-entendu moneta) ;

S"» Enfin les monnaies à légendes en langage vulgaire du genre de celle que je donne au n<» 4 de la planche lY .

Page 1