AFFECTIONS DE LA CARONCULE ET DU PLI SEMI-LUNAIRE
» Déjà dans les huit premiers mois après l'opération, trois récidives survinrent : la première se présenta sous forme de deux grains noirâtres de la grandeur d'une tête d'épingle, siégeant à la face interne de la paupière supérieure; la seconde récidive montrait une tumeur grande comme une fève, située entre le globe et la paupière. Pour enlever cette dernière, il fallut fendre la paupière au milieu jusqu'à son bord orbitaire et la renverser en dehors, non-seulement pour mettre la sclérotique à découvert sur une grande étendue, mais aussi pour enlever une mince couche de cette membrane, vu qu'elle montrait déjà des points noirâtres.
» A l'occasion de la troisième récidive, il repoussa une petite tumeur au même endroit, qui fut facilement enlevée. Dans toutes ces opérations, le globe oculaire n'avait nullement souffert, et il n'en résulta d'autres inconvénients qu'un symblépharon partiel. On avait réussi à combattre le mal, mais il semble bien douteux qu'on puisse être sûr du succès pour l'avenir. L'examen microscopique du néoplasme démontrait de grandes cellules rondes composant la tumeur et contenant une quantité variable de molécules de pigment, ce qui donnait à la tumeur une couleur d'un ronge brun, d'une intensité variable sur différents points. »
Quant à ce qui regarde le traitement des affections cancéreuses de la conjonctive, nous n'avons qu'à insister sur ceci : que l'opération soit pratiquée le plus tôt possible, et qu'on tâche, autant que cela se pourra, de cacher la perte de substance pratiquée à la muqueuse par la réunion de la conjonctive attirée des deux côtés.
ARTICLE XIX