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ANOMALIES DE DÉVELOPPEMENT DE L'IRIS

taie est héréditaire dans quelques familles, elle se complique facilement d'amblyopie et de troubles dans la fonction d'accommodation. Il ne faut pas attribuer ceux-ci à l'absence de l'iris, mais bien à un arrêt de développement du muscle ciliaire, souvent associé à l'iridérémie. Le cercle ciliaire peut lui-même être atteint de ce défaut.

Les lunettes sténopéiques de M. Donders peuvent seules apporter quelque soulagement aux personnes affectées d'iridérémie ; elles remplacent, en quelque sorte, le diaphragme qui manque, en empêchant les éblouissementsdont cette anomalie est la cause.

Le coloboma (\) de l'iris coïncide presque constamment avec une altération semblable de la choroïde. Nous y reviendrons lorsque nous démontrerons les rapports qui existent entre cette anomalie de la choroïde et la fente fœtale choroïdienne. Il est de fait que l'iris n'est fendu à aucune époque de la vie intra-utérine et qu'il ne se compose pas de deux moitiés distinctes quant a leur développement. Il faut donc regarder le coloboma comme un arrêt circonscrit survenu dans l'accroissement de l'iris et analogue à celui que nous avons signalé en parlant de l'iridérémie. Cet arrêt limité peut persister pendant tout le temps que dure le développement de l'iris, et alors la pupille se prolonge jusqu'à la périphérie de cette membrane (iridoschisma), ou bien il ne dure qu'une partie du temps pendant lequel l'iris s'accroît et produit un coloboma plus ou moins complet, par lequel la pupille n'est qu'échancrée. Le sommet de l'échancrure est arrondi et selon l'étendue du coloboma, il repose sur une bandelette de tissu iridien très-variable en largeur.

On peut donc considérer le coloboma comme une iridérémie partielle, d'une forme différente suivant les sujets et pouvant représenter une poire, un trou de serrure ou un simple feston. Dans la plupart des cas observés, le coloboma était situé en bas et en dedans, et des recherches nombreuses ont prouvé que la fente de l'iris se prolongeait plus ou moins dans les membranes profondes, par exemple dans les procès ciliaires, soit qu'ils fissent complètement défaut au niveau de la fente indienne., soit qu'il n'en existât qu'une partie rndimentaire en ce point. La fréquence des colobomas situés dans la partie inférieure de l'iris est en rapport avec une occlusion incomplète de la fente choroïdienne chez le fœtus. L'iris ne se développe qu'une fois que le bord ciliaire de la choroïde est entièrement constitué, et il est probable qu'il emprunte à cette membrane les éléments de sa nutrition. En outre, on sait que le développement de l'iris coïncide avec celui du muscle ciliaire qui entoure le bord antérieur de la choroïde ; il est donc facile de comprendre que si ce dernier manque sur un point, l'iris et le muscle ciliaire doivent faire défaut au niveau de ce point. En

(1) Voyez l'excellent mémoire de M. Fichte {Zeilschrift fur Rationelle Medicirij t. II, p. 140).

effet, le. coloboma de l'iris et celui du muscle ciliaire se rencontrent presque toujours simultanément.

L'anomalie dont nous nous occupons s'observe très-souvent sur des sujels qui présentent d'autres altérations congénitales, telles que la microphthalmie, la cataracte congénitale, surtout la persistance de scissures qui auraient dû se fermer pendant la vie intra-utérine (coloboma des paupières, bec-de-lièvre, fente de la voûte palatine, réunion incomplète des os du crâne, réunion incomplète de l'urèthre, épispadias). Cette altération coïncide aussi assez souvent avec une asymétrie de courbure de la cornée, suivant ses diamètres vertical et horizontal (astigmatisme).

Le coloboma de l'iris se voit, en général, sur les deux yeux à la fois, s'il est unilatéral il affecte de préférence l'œil gauche, et dans la plupart des cas la vision n'en paraît pas beaucoup altérée ; on n'a pas sur ce sujet de connaissances bien précises, mais on a certainement observé des cas où l'œil atteint de coloboma de l'iris fonctionnait parfaitement. Dans ceux où l'arrêt de développement de l'iris se compliquait d'un coloboma choroïdien considérable, on observait plus fréquemment de l'amblyopie et les yeux étaient souvent sujets à des mouvements continuels [nystagmus), par suite de la contraction spontanée et alternative de leurs muscles.

La troisième anomalie que nous ayons a signaler est la corectopie, ou le déplacement congénital de la pupille. Llle doit aussi se rapporter nécessairement à une irrégularité survenue dans le développement du cercle iridien, et telle, que ce dernier prenne d'un côté une largeur normale ou excessive, tandis qu'il s'arrête du côté opposé ou dans le voisinage. A l'état normal, on le sait, la pupille n'occupe pas exactement le centre de l'iris, elle est un peu en dedans et au-dessus de ce point. Si l'on porte son attention sur les variations d'excentricité et de configuration (dyscorie) qu'elle peut présenter, on sera frappé de l'inconstance du siège et de la conformation de celle ouverture. Lorsque la corectopie est très-prononcée, non-seulement la pupille est très-excentrique et n'est séparée du bord adhérent de l'iris que par une mince bandelette du tissu de cette membrane, mais elle a perdu sa forme circulaire, pour devenir ovale ou même lancéolée.

Ainsi, les trois anomalies congénitales que nous venons d'étudier ont entre elles des rapports étroits et présentent des formes mixtes qu'on serait embarrassé de ranger dans l'une ou l'autre de ces catégories.

Une simple corectopie peut n'avoir sur le sens visuel aucune influence fâcheuse.

La poli/corie, ou multiplicité des pupilles, est une affection congénitale assez rare et qu'il faut sans doute attribuer à des causes différentes. Ainsi on peut rencontrer une ou plusieurs petites pupilles supplémentaires, près du bord de la pupille normale, dont elles ne sont séparées que par des ban-

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