DÉPLACEMENT PUPILLAIRE. M
branches de la pince, ou si l'on employait le crochel mousse, cède sans peine aux tractions exercées avec cet instrument.
Si nous comparons le déplacement pupillaire et Tiridectomie ancienne, nous trouvons essentiellement à la première de ces opérations les avantages qui suivent : elle permet: a. de conserver à la nouvelle pupille toute la mobilité de l'ancienne; b. de masquer partiellement la pupille préexistante et d'intercepter le passage des rayons lumineux à travers des parties défectueuses de la cornée et du cristallin ; c. de transformer au moyen d'un enclavement double, la pupille en une fente très-étroite et contractile qui remplace très-avantageusement pour le malade l'emploi des lunettes sténopéiques.
L'énumération de ces divers avantages contient, pour ainsi dire en ellemême, les indications du déplacement pupillaire. Ainsi, on le pratiquera avec beaucoup de succès : a. contre les opacités de la cornée, et surtout contre celles qui, par leur peu d'épaisseur, causent la diffusion des rayons lumineux (1); b. contre la cataracte congénitale (cataracte stratifiée, Schichtstaar) où les instillations d'atropine ont permis de voir qu'une partie assez étendue du bord du cristallin pourrait être utilisée pour le passage des
(1) Voici l'observation d'un cas présenté à la Société de chirurgie, qui démontre l'utilité de ce procédé opératoire. M. N.. ., employé au chemin de fer de Lyon, s'est présenté à ma clinique pour une large tache centrale et semi-transparente delà cornée gauche, datant de plusieurs années. Le malade ne pouvait compter les doigts avec cet œil, et sa vue était tellement troublée par la diffusion des rayons lumineux à travers la tache semi-transparente, qu'il lui était impossible de vaquer à ses occupations et qu'il était sur le point de perdre sa place. Pour pouvoir lire ou écrire, il fallait que M. N... cachât son œil gauche ou qu'il tournât la tête forlement de ce côté, de manière à n'employer que l'œil droit. Mais alors la notion de la distance des objets lui était rendue très-difficile. J'ai eu recours au procédé de M. Critchett, toutefois en pénétrant par la sclérotique dans la chambre antérieure et en pratiquant le déplacement pupillaire en dedans et en bas de la cornée. Le prolapsus indien a été lié avec un fil de soie à l'aide des pinces de M. Waldau (car à cette époque je ne pratiquais pas encore le simple enclavement). Par ce déplacement j'attirai l'ouverture pupillaire au delà de la tache, et je constituai ainsi une sorte d'écran qui put s'opposer à l'entrée des rayons lumineux ayant traversé cette tache. La nouvelle pupille en forme de fente, et complètement entourée de fibres du sphincter, réagit très-énergiquement à l'action des rayons lumineux. Le malade voit distinctement de cet œil et les éblouissements ont presque disparu. Si l'on avait pratiqué sur cet œil une simple iridectomie, on aurait, à la vérité, amélioré la vue, mais on aurait ainsi privé, par l'excision partielle du sphincter de l'iris, la pupille préexistante d'une partie de sa mobilité ; on n'aurait pas obtenu d'ailleurs par cette opération l'avantage de masquer les parties semi-transparentes de la cornée ; les éblouissements auraient augmenté et la situation du malade se fût aeeravée.
rayons lumineux au travers de la pupille déplacée, et où l'iris pourrait être attiré au-devant d'une grande étendue des parties centrales et semi transparente du cristallin (Pagenstecher) ; c. contre le staphylômc pellucide de la cornée, selon le procédé opératoire de M. Bowman (p. 331 ); enfin, cl. contre une luxation incomplète du cristallin, avec décentralisation de cet organe. Daus ce dernier cas, on peut, par le déplacement de la pupille, comme l'a fait M. Pagenstecher, masquer avec l'iris l'espace du fond de l'œil visible à côté du cristallin luxé. Partant d'un principe tout à fait opposé, nous avons, pour les besoins d'un cas particulier (1), au moyen de l'iridésis, caché le cristallin et ouvert à côté de cet organe (a) un passage aux rayons lumineux, comme le montre la ligure \U. Il s'agissait de combattre un degré de myopie excessif avec amblvopic, état très gênant pour la malade qui se trouva placée après l'opération dans les conditions d'une opérée de cataracte, et gagna considérablement pour la vue de loin, en se servant de lunettes convexes n° 8.
l'iG. il.
11 faut convenir que pour ce qui regarde le staphylôme pellucide et les diverses luxations du cristallin, aucun procédé opératoire ne saurait rivaliser avec le déplacement pupillaire.