GLAUCOME INFLAMMATOIRE CHRONIQUE
Il n'est pas possible, immédiatement après les premières attaques, d'observer dans la papille le changement de niveau si caractéristique du glaucome. L'excavation de la papille n'apparaît que quand l'augmentation delà pression interne a persisté quelque temps : nous y reviendrons eu parlant du glaucome chronique.
La choroïde elle-même peut offrir des plaques ecchymotiques, plus difficiles à constater que celles de la rétine et siégeant essentiellement dans les parties équatoriales du globe. On n'a pu constater d'autres lésions anatomiques que de légères altérations du pigment de. la couche épithéliale et du stroma. Il faut donc chercher le signe essentiel de cette inflammation dans le trouble du corps vitré, trouble qui persiste après l'évacuation de l'humeur aqueuse, et se montre spécialement dans les parties déclives du globe. Les symptômes inflammatoires sont souvent bien plus manifestes du côté de l'iris, comme le démontrent la formation de synéchies, la rigidité du tissu iridien, le trouble de l'humeur aqueuse et le sédiment déposé sur la membrane de Descemet. Dans certains cas, l'hypersécrétion indienne peut être assez considérable pour contre-balancer la pression exercée sur le diaphragme formé par le cristallin et ses attaches, de façon que la chambre antérieure ne diminue pas de profondeur. La coloration grisâtre ou légèrement verdâtre de la pupille, résulte de sa dilatation, de la teinte sénile du cristallin, et du trouble survenu dans le contenu de la chambre antérieure. Symptômes généraux. — Nous avons déjà parlé des douleurs intenses qui tourmentent et effrayent le malade, surtout lorsqu'elles surviennent par surprise; mais l'attaque glaucomateuse peut amener dans la santé des désordres si graves, que l'attention du médecin se porte sur ces accidents généraux en laissant provisoirement de côté les troubles dont l'œil est le siège. Ainsi les malades peuvent être pris d'un mouvement fébrile trèsprononcé, d'une anorexie complète et de vomissements opiniâtres, S'il se joint à cela des douleurs ciliaires très-fortes qui occupent la moitié de la tête, on ne doit pas être surpris de ce qu'on puisse confondre l'attaque de glaucome avec une violente migraine ou une fièvre gastrique intense.