‹ Études ophthalmologiquesChapitre 60 sur 111 · ABSENCE DES PAUPIÈRES. — BLÉPHAROSPLASTIE · texte numérisé non relu

ABSENCE DES PAUPIÈRES. — BLÉPHAROSPLASTIE

On arrive plus simplement encore au même résultat avec la pince à ptosis, entre les branches de laquelle on prend un repli cutané choisi au voisinage du bord libre de la paupière, ou avec des serres-fines qui ont, il faut le dire, comme la pince à ptosis, l'inconvénient d'être difficilement tolérées par les personnes qui viennent de subir une opération sur l'œil et chez lesquelles un entropion s'est produit.

Si l'on s'aperçoit que ces pansements ne suffisent pas, ce qui arrive dans les cas de spasme véritable de l'orbiculaire, on peut, suivant le conseil de Wardrop, fendre le ligament palpébral externe, puis appliquer le bandeau compressif ou un pansement approprié. Cette pratique est surtout recommandable lorsque le spasme de l'orbiculaire est entretenu par l'irritation de la conjonctive ou de la cornée. Si, après la section du ligament palpébral externe, on n'arrivait pas, au moyen du pansement, à maîtriser l'inversion de la paupière malade, on pourrait y joindre les ligatures de M. Gaillard, et, enfin, pour les cas les plus rebelles, il faudrait en venir à l'opération de M. Pagenstecher.

ARTICLE XXI

Absence des paupières. — Blépharopeastie.

Dans les premières semaines de la vie intra-utérine, les paupières ne peuvent être, suivant de Ammon (1), distinguées du tégument général de la tête qui passe au devant de l'œil sous la forme d'une membrane lisse. Peu à peu, il se forme dans celte région deux replis cutanés qui, en se développant et en se rapprochant, constituent les paupières. Ces replis sont d'abord étroitement fixés à l'œil, et lorsqu'ils se louchent par leurs bords, leur réunion devient très-intime. C'est, d'après Meckel, vers la douzième semaine que ce phénomène survient. En même temps que la peau fournit un repli au devant de l'œil, le tarse apparaît ainsi que la conjonctive, l'appareil éliminateur des larmes, le cercle osseux de l'orbite et les muscles de l'œil et des paupières. Cette concordance dans le développement de tant de parties importantes destinées à garantir l'œil, est une présomption en faveur de la rareté des cas où les paupières feraient défaut (ablépharon), sans que l'œil lui-même ou les organes voisins soient atteints d'un vice de conformation. La plupart des observations d'abléphaions se rapportent même à des fœtus monstrueux.

(I) Archiv fur Augenheilkunde, t. VI, A, I, p. 155, et Annales d'oculistique, t. XLIV, p. 5.

Wecker. — i. 42

On rencontre bien plus fréquemment l'absence des paupières, ces voiles membraneux ayant été détruits par la gangrène, comme après la pustule maligne, les inflammations phlegmoneuses intenses, des brûlures, etc. On cite encore un assez grand nombre d'observations de paupières détruites par des blessures d'armes à feu et par des morsures ; mais dans la généralité des cas, c'est a la suite d'un lupus, d'une ulcération syphilitique ou d'un épithélioma que les paupières se trouvent détruites. Cet accident est d'autant plus grave que la destruction est plus étendue, qu'elle intéresse une plus grande partie du cul-de-sac conjonctival et des téguments voisins de l'orbite. Avec de telles lésions, l'œil privé de ses moyens de protection, sans qu'il soit possible de les lui rendre, est fréquemment voué à une perte certaine et qui ne survient qu'après de vives souffrances.

Si la peau du voisinage a été épargnée par le mal qui a frappé les paupières, l'intérêt du malade porte le chirurgien à recourir à la blépharoplastie, non-seulement dans le but de conserver un organe aussi important que l'œil , mais encore afin de remédier à une difformité vraiment hideuse.

Tandis que les opérations autoplastiques qui se font sur les autres parties du visage ont une origine très-éloignée , la blépharoplastie , envisagée comme une méthode bien définie, paraît dater de ce siècle. On trouve chez Dzondi (1) les premières indications d'un procédé destiné à pratiquer une nouvelle paupière inférieure. Ce chirurgien empruntait un lambeau à la peau de la joue. De Grœfe père (2) n'indique que d'une manière peu précise que l'art de la rhinoplastie pourrait donner des indications précieuses pour suppléer à l'absence des paupières, et il rapporte à l'appui de cette opinion le cas d'une jeune fille chez laquelle il remplaça avec succès la paupière inférieure, en attirant en haut un lambeau pris sur la joue. Des tentatives analogues de restauration partielle des paupières se rencontrent dans la méthode de Fricke (voy. page 638), et dans celle de Jiïnken (3), laquelle ne diffère de la précédente «jue par l'étroitesse du pédicule du lambeau.

Tous ces procédés n'ont, répétons-le, pour objet que la réparation d'une partie de la paupière ou bien l'implantation d'un lambeau cutané dans une perte de substance survenue dans ce voile membraneux, et c'est a Dieffenbach (h) que revient le mérite d'avoir essayé le premier de remédier à l'absence complète d'une paupière. Depuis cette époque, les procédés

(1) Uuf clands Journal Novemberheft, 1818, p. 99.

(2) Rhinoplaslik, etc., 1818, p. 15, Journal de de Graefe et de deWalther, t. II, p. 8.

(3) Die Lehrevon den Augenoperationen, 1829, p. 267.

(4) Caspers Wochenschrift, n° 1, 1835, p. 8.

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