INFLAMMATION DE LA GLANDE LACRYMALE (DACRYOADÉNITE
Symptômes. — Cette maladie est tellement rare à letat aigu, que des praticiens d'une grande expérience, M. Arlt entre autres, avancent n'avoir jamais eu l'occasion de l'étudier, et si l'on examine les observations que la littérature renferme (Ad. Schmidt, Todd, Hynes "Walton), il reste encore douteux que l'inflammation ait réellement occupé le parenchyme glandulaire, et non le tissu cellulaire circonvoisin. Du reste, on comprend sans peine combien il est facile de confondre cette maladie avec une inflammation du périoste sous-jacent; et si l'on songe que l'on a souvent signalé des altérations osseuses consécutivement à la suppuration de la glande lacrymale, on est en droit de penser qu'on a plus d'une fois attribué à l'inflammation propre de cette glande des symptômes qui appartenaient à une phlogose de la paroi orbitaire.
La tournure que prend la maladie dépend essentiellement du plus ou moins de temps que les symptômes inflammatoires emploient à se développer. Tandis que l'inflammation suraiguë de la glande lacrymale se termine par une production abondante de globules de pus et aboutit à la formation d'un abcès, l'inflammation chronique provoque l'hypergénèse du tissu cellulaire qui entre dans la constitution de l'organe affecté, et détermine un engorgement dont la résolution se fait, en général, avec beaucoup de lenteur. Ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels que, par l'effet de poussées inflammatoires multiples, la glande s'hypertrophie d'une manière progressive.
Les principaux symptômes de l'inflammation suraiguë de la glande lacrymale sont: une tuméfaction marquée et une rougeur érysipélateuse intense de la paupière supérieure, localisée principalement vers l'angle externe, poiut où l'on constate au toucher une vive sensibilité, et au niveau duquel le malade accuse des battements et des douleurs lancinantes. A mesure que le gonflement et la rougeur augmentent, il se manifeste presque constamment des troubles généraux, comme une fièvre ardente, de l'anorexie et de l'insomnie. Les auteurs signalent une gangrène partielle de la paupière supérieure, déterminée, d'après eux, par la compression que la glande malade exerce sur les tissus voisins, gangrène qui, à leur avis, donnerait lieu à l'évacuation des produits fournis par la suppuration. Dans ces cas, il faut le dire, un stylet introduit dans la plaie est toujours tombé sur un os