FISTULE DE LA GLANDE LACRYMALE
tule vraie est sujet à augmenter de quantité toutes les fois que, sous l'influence d'un grand vent, d'un air froid, d'une irritation extérieure, ou enfin d'une émotion morale vive, les larmes sont sécrétées en plus grande abondance qu'à l'état normal.
D'ailleurs, que la fistule provienne d'une altération osseuse , ou qu'elle communique avec le tissu glandulaire, elle offre ceci de constant qu'elle résiste d'une manière opiniâtre aux tentatives faites pour l'oblitérer, qu'on se serve pour cela, soit de sondes munies de nitrate d'argent fondu, soit d'aiguilles chauffées au blanc ou du fil de platine des appareils galvanocaustiques, soit enfin d'injections corrosives poussées dans le trajet, préalablement dilaté au moyen de cordes à boyau (Ad. Schmidt).
Nous donnons, en les abrégeant, quelques observations de cette rare maladie sur laquelle Ad. Schmidt (1) a principalement appelé l'attention des médecins, ce qui nous permettra de faire connaître en partie les moyens thérapeutiques auxquels on a eu recours (2).
(t) Die KrankheilendesTranen-Organes,Wien, 1803, p. 153.
(2) Observation I. — Par J. Béer (Lehre von den Augenkrankheilen,V\en, 1817, p. 186). «Une seule fois, j'ai essayé sur un jeune paysan vigoureusement constitué, chez lequel le trajet fistuleux ne mesurait que 5 millimètres et avait des parois calleuses, d'enfoncer rapidement jusqu'au fond de la fistule une aiguille à tricoter fortement rougie, en la faisant tourner plusieurs fois sur son axe. Cinq jours après, l'inflammation s'était dissipée et la fistule était complètement fermée. Je ne voudrais cependant pas imposer cette observation isolée comme devant servir d'exemple pour des cas de fistules plus profondes, et recommander à tous les médecins l'usage de cette méthode. »
Observation II. — Par M. Jarjavay {Gazelle ans hôpitaux, f 185 à, n° 324). Un homme âgé de quarante-cinq ans avait reçu, en 1844, un coup de couteau-poignard sur la partie externe de la région palpébrale droite. La plaie avait suppuré plusieurs mois, s'était incomplètement cicatrisée et il s'était formé sur la partie externe de la paupière une tumeur d'où l'on put faire jaillir un liquide transparent et incolore. Le malade porte une cicatrice étendue de la commissure externe, se prolongeant jusqu'à la queue du sourcil, au niveau de laquelle on sent une légère dépression sur le rebord osseux du frontal. Au-dessus et en dehors de la commissure cicatricielle, est une tumeur oblongue de la forme et de la grosseur d'une petite amande. Elle est molle, sans changement de couleur à la peau, et présente dans sa partie supérieure une dépression infundibuliforme au fond de laquelle est une ouverture étroite qu'on ne peut apercevoir qu'après avoir déplacé avec soin la peau, si mince dans cette région. La tumeur augmente de volume dès qu'une irritation quelconque provoque la sécrétion des larmes. Pour la vider, le malade exerce une pression au-dessus du globe de l'œil, de manière à la comprimer entre le bout du doigt indicateur et le pourtour de l'orbite. Cette manœuvre fait jaillir un liquide transparent comme de l'eau de roche en un filet très-tenu.
M. Jarjavay ajoute à cette observation l'histoire, moins précise et moins détaillée
ARTICLE VI