TOME I
QO ETUDES
le dialogue de Platon sur l'immortalité de l'âme, sans se déchirer les entrailles. Mais Caton expira avec la liberté; Otlion ne quittoit que la puissance.
Vitellius qui n'est guère connu que par ses excès de table et dont le premier monument était un plat ^ , Vitellius successeur d'Othon cassa les prétoriens qui s'étoient déclarés contre lui. Bientôt il est attaqué par Primus, vainqueur au nom de Vespasien : on se bat dans Rome; des lllyriens, des Gaulois, des Germains légionnaires, s'égortrent au milieu des festins, des danses et des prostitutions.
Vitellius fuit avec son cuisinier et son boulanger; rentré dans son palais, il le trouve désert ; saisi de terreur il court se cacher dans la loge d'un portier, près de laquelle étoient des chiens qui le mordirent ^ . Il bouche la porte de cette
1 Hanc (caenam fratris) quoque superavit dedicatione patiise, quam ob immensam magnitudinem, Clypeum Minervœ ahj'i^y. r.rAioûyvj dictitabat. ( Suet. In vita. Aul., A'itell.. pag. 317.)
Hanc patinam , cum tictilis esse non posset propter magnitudinem, aigenteam fecit : eaque diù permansit, veluti res diis consecrata , quousque Adrianus eamdem conspicatus , conflari j assit. ( Dion. Hist. rom. de Vitel., lib. Lxv, pag. 735. ) ,
2 Confugitque in cellulara janitoris, religato pro
loge avec le lit et le matelas du portier; les soldats arrivent, découvrent l'empereur, l'arrachent de son asile. Les mains liées derrière le dos, la corde au cou, les vêtemens déchirés, les cheveux rebroussés, Vitellius demi-nu est traîné le long de la Voie Sacrée. Son visage rouge de vin , son gros ventre, sa démarche chancelante comme celle d'un Silène \ sont des sujets d'insultes et de risées. On l'appelle incendiaire, gourmand, ivrogne; on lui jette des ordures; on lui attache une épée sur la poitrine, la pointe sous le men-
foribus cane. (Suet. , In vit. Aul. Yitel., pag. 321.) Titellius, sordido attritoque sagulo amictus! se abdit in obscurum locum ubi canes alebantur : sed investigatus inventusque , pannis obsitus et sanguine perfusus , quod eum canes laeserant, deprehenditûr. (Dion. Hist.' loni., lib. Lxvi. )
^ Religatis post terga manibus , injecto cervicibus laqueo, veste discissà , seminudus in Forum tractus est, inter magna reium verborumque ludibria , per totum viae Sacrae spatium , reducto coma capite, cen noxii soient, atque etiam mento mucrone gladii subjecto ut A isendam praeberet faciem , neve submitteret ; quibusdam stercore et cœno incessentibus, aliis incendiaràwi et patinarium, vociferantibus, parte vulgi etiam corpo- 1 is vitia exprobrante : erat enim in eo enormis proceritas, faciès rubida plerumque ex vinolentiâ, venter obcsus, alterum fémur subdebile. ( Suet. In vit Aul Vitell., pag. 322.)
gg ÉTUDES
ton pour le contramclre k lever la tête qu'il baissoit déboute; on l'oblige de regarder ses statues renversées, et dont les inscriptions portoient qu'il étoit né pour le bonbeur et la concorde des Romains^ Enfin, après l'avoir accablé d'outrages et de blessures, on l'acbève; son corps est jeté dans le Tibre, sa tête plantée au bout d'une pique. Vitellius s'assit à l'empire qu'il avoit pris pour un banquet: ses convives le forcèrent d'acbever le festin aux Gémonies.
Les Sarmates Rboxolans furent battus pendant le court règne d'Otbon. Tandis que Vespasien attaquoit Vitellius, les Daces attaquèrent la Mœsie, et furent repoussés par Mucien.
1 Titellium infestis mucronibus coactiim , modo eririere os et offene contumeliis. nunc cadentes statuas !uas , plerumque rostra , aut Galbœ «-^'^-^ -"" tueri. (Tacit. Histor. , lib. iv , pag. 476. Edit. de
Baibou.) ,. . •
Statuae équestres cum pluriianam ei ponerentur... laureâ religiosissimè circumdederat. ( Suet. In vit.
Vitell.) ,. . , . ,
Solutum à latere pugionem, consuh pr.mum , demde, iUo récusante, magistratibus ac mox singulis senatonbus porrigens , nulle recipiente quasi in œde (oncordiae positurus abcessit -. sed quibusdam acclam.ntibus .^5«/^. esse concordiam, rediit -. nec solum se retinere ferrum affirmavit, verum etiam Concordiœ recipere cognomen. ( Suet. Ib. )
Civilis fit révolter les Bataves, et les Germains, alliés de Civilis, insultèrent les frontières romaines.
La mort de Vi tel lins suspendit le cours de ces ignominieuses adversités. Quatre-vingts années de bonheur, interrompues seulement par le règne de Domitien , commencèrent à l'élévation de Vespasien. On a regardé cette période comme celle où le genre humain a été le plus heureux ; vrai est -il, si la dignité et l'indépendance des nations n'entrent pour rien dans leurs félicités.
Les premiers tyrans de Rome se distinguèrent chacun par un vice particulier , afin qu'on jugeât ce que la société peut supporter sans se dissoudre ; les bons princes qui succédèrent à ces tjTans brillèrent chacun par une vertu différente, afin qu'on sentît l'insuffisance des qualités personnelles pour l'existence des peuples , quand ces qualités sont séparées des institutions.
Tout ce qu'on peut imaginer de mérites divers , parut à la tête de l'empire : ceux qui possédèrent ces mérites pouvoient tout entreprendre : ils n'étoient gênés par aucune entrave ; héritiers de la puissance absolue, ils étoient maîtres d'employer pour le bien l'arbitraire
dont on avoit usé pour le mal. Que produisit ce despotisme de la vertu? rétablit-il la liberté? préserva-t-il l'empire de sa chute? non. Le genre humain ne fut ni amélioré , ni changé. La fermeté régna avec Vespasien , la douceur avec Titus, la générosité avecNerva,la grandeur avec Trajan , les arts avec Adrien, la piété avec Antonin , enfin la philosophie monta sur le trône avec Marc-Aurèle , et l'accomplissement de ce rêve des sages n'amena aucun bien solide. C'est qu'il n'y a rien de durable , ni même de possible , quand tout vient des volontés et non des lois; c'est que le paganisme survivant à l'âge poétique , n'ayant plus pour lui la jeunesse et l'austérité républicaines, transformoit les hommes en un troupeau de vieux enfans, sans raison et sans innocence.
Il y avoit dans l'empire des chrétiens obscurs , persécutés même par Marc-Aurèle, et ils faisoient avec une religion méprisée ce que ne pouvoit accomplir la philosophie ornée du sceptre : ils corrigeoient les mœurs, et fbndoient une société qui dure encore.
Vespasien mit fin à la guerre de Civilis, et k la révolte d'où sortit la touchante aventure d'Eponine. Cette gauloise doit être nommée dans une histoire des Français.
Du petit nombre de ces hommes que la prospérité rend meilleurs , Titus ne fut point obligé de soutenir au dehors l'honneur de l'empire; il n'eut à combattre que ses passions : il les vainquit pour devenir les délices du genre humain. On a voulu douter de sa constance dans la vertu, au cas que sa vie se fût prolongée ^ : pourquoi calomnier le néant d'un avenir si vain qu'il n'a pas même été ?
On appliqua à Titus et Vespasien les prophéties qui annonçoient des conquérants venus de la Judée ^. Le Messie devoit être un prince de paix : en conséquence Vespasien lit bâtir à Rome , et consacrer à la Paix Eternelle un temple qui vit toujours la guerre , et dont les fondements mis à nu aujourd'hui , ont à peine résisté aux assauts du temps. Le véritable Prince de paix étoit le roi de ce nouveau peuple qui croissoit et multiplioit dans les catacombes, sous les pieds du vieux monde passant au-dessus de lui.
^ Dion. , pag. 754-
^ Pluribus persuasio inerat , antiquis sacerdotum litteris contineri , eo ipso tempore fore ut valesceret Oriens , profectique Judaeà rerum potirentur : quae ambages Vespasi an um ac Titum prœdixcrant. ( Tacit. Hist., lib. V, cap. 13. )
St. Clément écrivit aux Corinthiens , poui* les inviter à la concorde. Il raconte que saint Pierre avoit souffert plusieurs fois, que saint Paul battu de verges et lapidé avoit été jeté dans les fers ^ k sept reprises différentes. 11 indique l'ordre dans le ministère ecclésiastique , les oblations , les offices , les solennités : Dieu a envoyé J.-C. , J.-C. les apôtres, les apôtres ont établi les évêques et les diacres.
La religion accrut sa force sous les règnes de Vespasien et de Titus, par la consommation d'un des oracles écrits aux livres saints : Jérusalem périt.
La guerre de Judée avoit commencé sous Néron. La multitude des juifs qui se trouva à Jérusalem l'an 66 de J.-C. pour la fête des azymes, fut comptée par le nombre des victimes pascales : il se trouva qu'on en avoit immolé deux cent cinquante six mille , cinq cents ^. Dix et quelquefois
^ Petrus non unum aut alterum, sed plures labores sustulit... Paulus proptei' aemulationem in vincula septies conjectus , verberibus cassus , lapidatus, patientiae praemium reportavit. (Clementis ad Corinth, Epist. , pag. 8. )
2 Hostiarum quidetn ducenta et quinquaginta sex millia et quiugentas numeravêre. ( Joseph. Bell. Jud. , lib. vii, cap. 17, pag. 960.)
vingt convives s'assembloient pour manger un agneau, ce qui donnoit , pour dix seulement, deux millions cinq cent cinquante - six mille assistants purifiés.
Des prodiges annoncèrent la destruction du temple : une voix avoit été entendue qui disoit : Sortons cVici. Jésus, fils d'Ananus, courant autour des murailles delà ville assiégée, s'était écrié : « Malheur! malheur sur la ville l malheur sur » le temple ! malheur sur le peuple ! malheur » sur moi!'^ » Famine, peste et gutTre civile au dedans de la cité; au dehors les soldats romains crucifioient tout ce qui vouloit s'échapper : les croix manquèrent et la place pour dresser les croix. On éventroit les fugitifs pour fouiller dans leurs entrailles l'or qu'ils avoient avalé. Six cent mille cadavres de pauvres furent jetés dans les fossés, par-dessus les murailles. On changeoit les maisons en sépulcres, et quand elles étoient pleines on en fer-
^ Vocem audiêre, quae diceret = Migremus Une. Suprà murum enim circumiens iterum : «Vse! vîb! civitati, ac fano , ac populo , » voce maximâ clamitabat : cum autem ad extremum addidit : vœ etiam mihi ! lapis tormento missus eum statim peremit, animamque adhuc omnia illa gementem dimisit. (Joseph, de Bello Jud., lib vu pag. 96. )
moit les portes. Titus, après avoir pris la forteresse Antonia , attaqua le temple le 17 juillet 70 de Jésus-Christ, jour où le sacrifice perpétuel avait cessé , faute de mains consacrées pour l'offrir. Marie, fille d'Eléazar, rôtit son enfant, et le mangea ^ dans la ville où une autre Marie avait enseveli son fils. Jésus-Christ avait dit aux femmes de Jérusalem après le prophète : « Un jour )) viendra où l'on dira : heureuses les entrailles )) stériles et les mamelles qui n'ont point al- » laite 1 »
Le temple fut brûlé le 8 d'août de cette année 70, ensuite la ville basse incendiée, et la ville haute emportée d'assaut. Titus fit abattre ce qui restait du temple et de la ville, excepté trois tours; on promena la charrue sur les ruines. Telle fut la grandeur du butin, que le prix de l'or baissa de moitié en Syrie. Onze cent mille Juifs moururent pendant le siège , quatrevingt-dix-sept mille furent vendus"; à peine
"i Mulier quEedam... Maria nomine de vico Vetezobra... vi animi de necessitate compulsa... raptoque fiUo quem lactentem habebat. . . occidit coctumque médium comedit, adopertumque reliquum servavit. ( Joseph., lib. vu , cap. 8, pag. 954 et 955.)
2 Et captivorum qurdem omnium qui toto bello corn-
trouvait-on des acheteurs pour ce vil troupeau. A la fête de la naissance deDomitien, à celle de l'anniversaire de l'avènement de Yespasien à l'empire (24 octobre 70 et 1". juillet 71 ) plusieurs milliers de Juifs périrent par le feu et les bêtes, ou par la main les uns des autres, comme gladiateurs. A Rome, Titus et son père triomphèrent de la Judée: Jean et Simon, chefs des Juifs de Jérusalem, marchoient enchaînés derrière le char. Des médailles frappées en mémoire de cet événement représentent une femme enveloppée d'un manteau, assise au pied d'un palmier, la tête appuyée sur sa main, avec cettte inscription : la Judée captive.
Les Chrétiens trouvoient dans cette catastrophe d'autres sujets d'étonnement que la multitude païenne: il n'yavoit pas trois années que Saint-Pierre étoit enseveli au Vatican; Saint- Jean , qui avoit vu pleurer Jésus-Christ sur Jérusalem, vivoit encore; peut-être même, selon quelques traditions, la mère du Fils de l'Homme étoit encore sur la terre; elle n'avoit point en-
prehensi sunt , nonaginta et septem millia comprehensus est numeius , mortuorum verô par omne tempus obsidionis undecies centum millia ^os., de B. Jud., lib. vu, cap. 17.)
core accompli son assomption en laissant dans sa tombe, au lieu de ses cendres, sa robe virginale ou une manne céleste \
Les Juifs furent dispersés : témoins vivants de la parole vivante, ils subsistèrent, miracle perpétuel au milieu des nations. Etrangers partout, esclaves dans leur propre pays, ils virent tomber ce temple dont il ne reste pas pierre sur pierre, comme mes yeux ont pu s'en convaincre. Une partie de leur population enchaînée vint élever à Rome cet autre monument où dévoient mourir les Chrétiens. Le ciseau sculpta sur un arc de triomphe qu'on admire encore les ornements qui brilloient aux pompes de Salomon, et dont, sans ce hasard, nous ignorerions la forme : l'orgueil d'un prince romain et le talent d'un artiste grec ne se doutoient iTuère qu'ils fournissoient une preuve de plus de la grandeur de la nation vaincue et de ses mystérieuses destinées. Tout devait servir, gloire et ruine , à rendre éternelle la mémoire du peuple que Moïse forma, et qui vit naître Jésus- Christ.
1 Plurimi asseverant quià in sepulchro ejus , non nisi manna iuvenitur quod scaturire cernitur. ( De Assomp. B. Mariaî sermo , tribiitus divo Hieronymo , t. 9 , p. 67. )
Le Capitule, incendié dans les désordres qui signalèrent la fin de Vitellius, étoit la proie des flammes presque au moment où le temple de Jérusalem brûloit. Domitien fit dans la suite la dédicace du nouveau Capitole : l'autel de la servitude y remplaça celui de la liberté; on eut encore le malheur de n'y pouvoir rétablir l'image fameuse du chien, dont les gardiens répondoient sur leur vie. Soixante millions furent employés à la seule dorure de cet édifice. Jupiter, en vendant tout l'Olympe, disoit Martial % n'auroit pu payer le vingtième de cette somme. Le dieu des Juifs avoit prononcé la destruction
^ Quantum jam superis, Caesar, cœlo que dedisti,
Si répétas et creditor esse velis.
Grandis in œthereo, licet auctio fiât Olympo
Coganturque dei vendere quidquid habent; Conturbabit Atlas, et non erit uncia tota.
Décidât tecum quâ pater ipse deum.
Pro capitolinis, quid enim cedere templis,
Quid pro Tarpeio frondis honore potero ? Quid pro culminibus geminis matrona tonantis?
Pallida praetereo ; res agit illa tuas. Quid loquar Alcidem, Phœbumque, piosqueLaconas
Addita quid Latio flavia templa polo ?
Expectes, sustineas, Auguste, necesse est :
Nam tibi quod solvat non habet arca Jovis,
(Mart., lib. ix, épigr. 4-)
de son temple, et Julien essaya vainement de le relever,
La grande peste et l'éruption du Vésuve qui fit périr Pline , le naturaliste , sont de cette époque K
Ebion , Gérintlie , Ménandre , disciple de Simon, alloient prêchant leurs hérésies. Les philosophes furent de nouveau exclus de Rome. G'étoient Euphrate, Tyrien, d'abord ami et ensuite adversaire d'Apollonius de Tyane, Démétrius le Cynique, Artémidore, Damis le pythagoricien , Epictète le stoïcien , Lucien l'épicurien , Diogène le jeune cynique, lieras et Dion de Pruse ; Musonius seul trouva grâce auprès de Vespasien.
Le pape Clément acheva de gouverner l'Eglise la soixante-dix-septième année de Jésus-Christ; AniciET, il céda sa chaire à saint Anaclet ou Clet, pour Dej.-c. 77. éviter un schisme ^. On attribue à saint Clément les ouvrages les plus anciens après les livres canoniques.
Jamais frère ne ressembla moins à son frère
^ Plin, , lib. XXXIV, cap. 7.
^ Accepit impositionein rnanuum episcopatùs, et eo recusato remoratus est ; (dicit enim in unâ epistolâ suâ, secedo, abeo, erigatm* populus Dei... ) Cletus constitiiitur. (Epiphanius contra haereses, cap. 6.)
que Domitien à Titus. Sous Domitien, les peu- oouiT.Er.,
1111 piiip.
plades du nord, pressées peut-être par le grand Ait*cLET,Ev*Ri
corps des Goths qui s'approclioit , remuèrent p='p«^-
f' ., 11? • -r-\ • • ^1 De J.-C. 83-n
rontieres de 1 empire. Domitien tut battu
par les Quades et les Marcomans en Germanie; il acheta la paix de Décébale, chef des Daces,enlui payant une espèce de redevance annuelle. Ce premier exemple de foiblesse profita aux barbares : selon les temps et les circonstances, ils continuèrent à vendre aux empereurs une paix dont le prix leur servoitisnsuite à recommencer la guerre.
Domitien vaincu ne s'en décerna pas moins les honneurs du triomphe : il prit avec raison le surnom de Dacique. 11 donna des jeux, se consacra des statues, et se traîna dans la gloire où d'autres empereurs s'étoient précipités.
Ses armes furent plus heureuses dans la Grande-Bretagne : Agricola battit les Calédoniens, et sa flotte tourna l'ile au septentrion.
Un coup funeste fut porté à l'empire, par l'augmentation de la paie des soldats : leur influence , déjk trop considérable , s'accrut ; le gouvernement dégénéra en république militaire : il faut toujours que la liberté , d'ellemême impérissable, se retrouve quelque part.
Domitien persécuta les philosophes ^ que l'on confondoit avec les chrétiens : ils se retirèrent à l'extrémité des Gaules, dans les déserts de Libye et chez les Scjthes. Apollonius, interrogé par Domitien, montra du courage et une rude franchise.
On commença à voir de tous côtés la succession des évêques : à Alexandrie Abilius succéda à saint Marc; à Rome, saint Evariste à saint Clet, Alexandre I". ou Sixte I". à saint Evariste. Vers la fin de son règne, Domitien se jeta sur les fidèles. L'apôtre saint Jean , relégué dans l'île de Patmos, eut sa vision. Flavius Clément, consul et cousin germain de l'empereur qui destinoitles deux enfans de Clément à l'empire, avoit embrassé la foi, et fut décapité. L'Evangile faisoit des progrès dans les hauts rangs de la société.
ivzRvi, ÏRAJAK, Domitien assassiné, Nerva ne parut après lui EVARISTE . AiExiit- que pour abolir le crime de lèse-majesté^, punir papes.' les délateurs, et appeler Trajan à la pourpre: trois bienfaits qui lui ont mérité la reconnaissance des hommes.
"■ Philosopliia autem adèo perterrita est, ut, habitu mutato, alii in extremam Galliam aufugerent, alii in Libyae Scythiaeque déserta. ( Euseb. , chron. an 92 ; Philost. , vit Apol. , Ub. vu , cap. 4)-
2 Claude avoit tenté cette aLiolition.