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Sous le règne de Trajan l'empire s'éleva à son plus haut point de prospérité et de puissance. Cet admirable prince n'eut que la foiblesse des grands cœurs : il aima trop la gloire. Vainqueur de Décibale, il réduisit la Dacie en province. Cette conquête, qui fut un sujet de triomphe, devoit être un sujet de deuil, car elle détruisit le dernier peuple qui séparoit les Goths des Piomains. Trajan porta la guerre en Orient, donna un roi aux Parthes, prit Suze et Ctésiphon, soumit l'Arménie, la Mésopotamie et l'Assyrie , descendit au golfe Persique, vit la mer des Indes, se saisit d'un port sur les côtes de l'Arabie ; après tout cela , il mourut , et son successeur, soit sagesse, soit jalousie, abandonna ses conquêtes.
Il faut placer à la dernière année du premier siècle de l'ère chrétienne , la mort de saint Jean à Ephèse; il ne se nommoit plus lui-même dans ses dernières lettres que le vieillard ou le prêtre , du mot grec preshjteros. « Mes )) enfans, aimez-vous les uns les autres. » Telles étoient ses seules instructions. Il avoit assisté à la passion soixante-six ans auparavant. Saint Jude, saint Barnabe, saint Ignace, saint Polycarpe se faisoient connoître par leurs doctrines. Les successions des évêques étoient toujours plus abondantes et plus connues : Ignace et Héron à