‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 29 sur 59 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

répétée soixante fois. « Claude Auguste , c'est M vous ou votre pareil que nous ;<vions toujours » souhaité ! (Quarante fois. ) Claude Auguste, la » république vous désiroit! ( Quarante fois. ) » Claude Auguste, vous êtes un père, un frère, » un ami , un excellent sénateur, un empereur » véritable! (Quatre-vingts fois.) Claude Auguste, » délivrez-nous d'Auréole! (Cinq fois.) Claude »> Auguste, délivrez-nous de Zénobie et de Vic- » toria ! ( Sept fois.)

Et c'étoient là les héritiers d'un sénat de rois ! Claude ^ extermina en Macédoine une armée de Goths, et coula à fond leur flotte, composée de deux mille barques. Parmi les prisonniers, il se trouva des rois et des reines. Les vaincus furent

pater, tu amicus, tu bonus senator, tu verè princeps ( dictum octuagies ) : Claudi Auguste , tu nos ab Auréole vindica ( dictum quinquies ) : Claudi Auguste^ tu nos à Zenobiâ et à Victoria libéra ( dictunx septies ) : Claudi Auguste, Tetricus nihil fecit ( dictum septies ). ( Hist. Aug., in Yit. div. Claud. , p. 541.)

'' Delevimus trecenta viginti millia Gothorum , duo millia navium mersimus : tecta sunt flumina sentis : spathis et lanceolis omnia littora operiuntur. Campi ossibus latent tecti , nullum iter purum est ; ingens carrago déserta est. Tantùm mulierum coeuimus, ut binas et ternas mulieres victor sibi miles possit adjungere. ( Ibid , p. 545. )

incorporés dans les légions , ou condamnés à cultiver la terre '.

Claude, surnommé le Gothique , ayant triomphé, mourut. Son frère Quintillius ^ prit la pourpre en Italie , et se tua au bout de dix- sept jours.

Aurélien , autre soldat de fortune , reçut l'ern- ALRiuEN,

' ' erap.

pire à la recommandation de Claude. Sa mère^ÉLu.EuTicaiEs

A papes.

étoit prêtresse du soleil dans un village de oej-c. 370 175. rillyrie où son père étoit colon d'un sénateur

^ Plei'ique capti reges ; captae diversarum gentmm no biles feminae : impletae barbaris servis senibusque cultoribus romanae provinciae ; factus miles barbarus et colonus ex Gotho. Nec uUa fuit regio quae Gothum servum triumphali quodam servitio non haberet. (Ibid. )

Quotquot autem incolumes evasere vel in ordines romanos l'ecepti sunt, vel terram colendam nancti totos agriculturae se dediderunt. ( Zozimi, Hist., lib. i, p. 13. Basileae. )

2 Quintillius indè Claudii frater dictus est iniperator, qui ubi per paucos inenses vixisset... necessarii ejus auctores fuerunt ut mortem sibi conscisceret , ac multo meliori vero sponte suâ de imperio cederet. Quod fecisse perbibetur, à medico quodam venâ sectâ continuatoque fluxu sanguinis douée exaruissel. ( Zozim , ib. )

Quintillius frater ejusdem dclatum sibi omnium ju-

dicio suscepit imperium et septimâ décima die, quod

se gravem et serium erga milites ostenderat... eo génère que Galba, quo Pertinax interemptus est. (Hist. Aug., p. 549.)

romain. Passionné pour les armes , toujours à cheval , vif , ardent , cherchant querelle et aventure, ses camarades lui avoient donné le nom d^ Àicrélien l'épée à la main , pour le distinguer d'un autre Aurélien ^ C'est le premier Romain, comme je vous l'ai dit, qui eut affaire aux Franks.

Aurélien , devenu chef souverain , rencontra deux ennemis redoutables , deux femmes : Victoria la Gauloise , Zénobie la ¥almyrienne. Victoria mourut lorsque Aurélien passa dans les Gaules ; il ne trouva plus que son ouvrage, le tjran Tétricus, qui trahit ses soldats et se rendit à Aurélien.

Zénobie s'étoit emparée de l'Egypte ; Aurélien marcha contre elle , la battit à Emése , l'assiégea dans Palmjre , et la fit prisonnière lorsqu'elle fuyoit. Palmyre fut livrée au pillage et le philosophe Longin condamné à mort, pour le courage de ses conseils. Tous les tyrans détruits, l'Egypte soumise, la Gaule pacifiée, l'empereur voulut triompher à Rome. Avant de marcher en Orient, il avoit délivré l'Italie d'une espèce de ligue des Allamans , des Marcomans, des Juthongues et des Vandales.

Ce fut à l'occasion de ces courses de Barbares,

^ Manua adferrum. Hist. Aug. p. 21 I .

qu'Aurélien fit relever ou plutôt bâtir les murailles de Rome. Jadis les sept collines , dans une circonférence de treize milles, avoient été fortifiées; mais Rome, se répandant au dehors avec sa puissance, ajouta, par d'immenses et magnifiques faubourgs , plusieurs villes à l'antique cité ^ Zozime écrit ^ que, du temps d'Aurélien , l'ancienne clôture étoit tombée : celle de cet empereur ne fut achevée que sous Probus % et il paroît qu'on y travailloit encore sous Dioclétien ^. On voit aujourd'hui mêlés aux constructions subséquentes , quelques restes des constructions d'Aurélien. Les murailles de Rome ont elles seules donné lieu à une curieuse histoire ^ où les infortunes de la ville éternelle sont comme tracées par son enceinte ; Rome s'est, pour ainsi dire, remparée de ses calamités. Un siècle et demi devoit encore s'écouler avant qu'elle subit le joug des barbares, et déjà Aurélien élevoit les inutiles bastions qu'ils dévoient franchir.

Aurélien , dans son triomphe , outre une mul-

^ Exspatiantia tecta niuhos addire urbes.

2 Zos. lib. I. p. 665.

^ Id., ibid.

* BoU. 20, jau. p. 278, in act. Saint-Sébast. an. 287.

^ Nibbi.

titude de prisonniers Goths , Alains , Allamans, Vandales, Roxalans, Sarmates, Suèves, Franks, Iraînoit après lui Tétricus, sénateur romain, revêtu de la pourpre impériale , et Zénobie, reine de Palmyre. Eîle étoit si chargée de perles, qu'elle pouvoit à peine marcher; Les grands de sa cour, captifs comme elle, la soulageoient du poids de ses chaînes d'or. Aurélien étoit monté sur un char traîné par quatre cerfs, autre espèce de dépouilles et de richesses d'un roi goth : ce char alloit attendre Alaric ai Capitol e \

Aurélien donna à Tétricusle gouvernement de la Lucanie , en échange de l'empire : Téti icus n'avoit pas le génie de Victoria ; il se contenta d'être heureux.

Quant à Zénobie, vous savez qu'elle étoit peutêtre juive de naissance; Longin fut son maître de lettres grecques et de philosophie : elle avoit composé à son usage une histoire abrégée de i'Orient. Elle inclinoit aux sentiments des Hébreux touchant la nature de J.-C. On l'accuse d'avoir fait mourir le fils qu'Odenat avoit eu d'une autre femme et peut-être Odenat lui-même. Elle eut trois filles et trois fils dont l'un, Vaballath, de-

^ Aur. Vopisc. in Hist. Aug., p. 220; Trig. Tyran, cap. 23-29.

vint roi d'un canton incoi^nu en Asie'. Ses trois filles, captives avec elles, se marièrent, et saint Zénobe, évêque de Florence du temps de saint Ambroise , descendoit de la reine de Palmyre. Le courage de Zénobie se démentit avec la fortune; elle demanda la vie, en pleurant. La belle élève du magnanime Longin, ne fut plus à Rome que la délatrice de quelques sénateurs entrés dans une conjuration vraie ou supposée contre Aurélien. Elle habitoit une maison de campagne à Tibur, non loin des jardins d'Adrien et de la retraite d'Horace, laissant, avec un nom célèbre , des ruines qu'on va voir au désert.

Aurélien étoit naturellement sévère; la prospérité le rendit cruel. Il ne vouloit pas que le soldat prit une seule poule au laboureur; il disoit que les guerriers doivent faire couler le sang des ennemis et non les pleurs des citoyens ^ : beau sentiment et noble maxime! Il eut à soutenir une singulière guerre au sein même de Rome, la guerre des monnoyeurs, qui lui tuèrent sept milles soldats dans un combat sur le mont Cœlius ^ Les châtiments que l'empereur

' Le canton des Ucrimes.

2 Hist. Aug., p. 222.

^ Suid. p. 494.

faisoit infliger étoient affreux. Il méditoit une persécution généiale contre les chrétiens ^ , et lorsqu'il se rendit en Orient, dans le dessein de porter la guerre chez les Perses , il fut tué par les olîiciers de son armée, entre Héraclée et Byzance ^.

Le monde demeura sept mois sans maître : le sénat et l'armée se renvoyèrent le choix d'un empereur. L'un refusoit d'user de son droit, l'autre de sa force '. Les deux derniers souverains avoient tellement affermi l'état , que rien ne bougea , mais Rome ne reprit pas sa liberté : qu'en eût-elle fait?

Claudius Tacite, sénateur, âgé de soixante- EuTicIiiEr,, quinze ans, fut enfin proclamé par le sénat. Telle

pape.

De j. c. 3,5-270. est la souveraineté naturelle du génie: il ny a point d'homme qui ne préférât aujourd'hui avoir été Tacite l'historien, à Tacite l'empereur. Celuici sembla craindre la marque dont son aïeul avoit flétri les tyrans ; il vécut sur la pourpre, comme en présence et dans la frayeur du peintre de Tibère''.

^ Eus. Chron.

2Hist. Aug., p. 218.

^ Vopisc. Hist. Auî;., p. 222.

"* Dix copies des Annales et des Histoires dévoient être placées annuellement, par ordre de Claudius Tacite , dans les bibliothèques publiques : si cet ordre avoit été

emp

L'empereur rendit au sénat quelques-unes de ses prérogatives, et le sénat, dans sa décrépitude corrompue, crut voir renaître la chaste enfance de la république '. Tacite allant se mettre à la tête de l'armée en Thrace , pour repousser une attaque des Alains k qui les Romains avoient manqué de foi, mourut de fatigue ou fut tué k Tliarse, ou à Tjanes, ou dans le Pont, selon les versions difierentes des historiens^. Peu de temps avant sa mort, la tombe de son père s'étoit ouverte, et il avoit vu l'ombre de sa mère : le tombeau de nos pères s'ouvre toujours pour nous, mais il y a ici quelques souvenirs confus du sépulcre d'AgrJppine : le génie de l'historien dominoit l'imagination de l'empereur.

Florien , frère de Tacite, se fit déclarer au- Pbobus,

' einp.

euste en Asie, Probus en Orient. Une euerre kltichies.

*-' '--' pape.

civile de deux ou trois mois termina la lutte en dcj.-c. j^gjs faveur du dernier. La défaite des Franks, des Bourguignons, des Vandales, des Logions ou Lyges,qui s'étoient emparés des Gaules, signala

exécuté, il est probable que nous posséderions entiers les chefs-d'œuvre que la main du temps a mutilés. Claudius Tacite étoit de la famille de Cornélius Tacite , mais il n'est pas certain qu'il descendît en ligne directe de l'historien. (Hist. Aug. Vit. Tacit.)

■ Id., ibid.

- Victor, jun.; Aurel. Victor. ; Euseb. Chron.

le commencement du règne de Probus. Il tua quatre cent mille Barbares, délivra et rétablit soixante-dix villes, transporta dans la Grande- Bretagne des colonies de prisonniers, soumit une partie de l'Allemagne, obligea les peuples vaincus de se retirer au delà du Necker et de l'Elbe, de payer aux Romains un tribut annuel en blé, vacbes, brebis, et de prendre les armes pour la défense de l'empire contre des nations plus éloignées^ ; enfin il bâtit un mur de deux cent milles de longueur, depuis le Rhin jusqu'au Danube^ : Probus conçut le plan régulier de défendre l'Empire contre les Barbares avec des Barbares. Quand la république réunissoit des peuples à ses domaines, elle leur apportoit la vertu , en échange de la force qu'elle recevoit d'eux. Que pouvoient les Romains du siècle de Probus pour les Barbares?

Une poignée de Frauks auxiliaires , que Probus avoit relégués sur les rivages du Pont-Euxin , s'ennujèrent : ils s'emparèrent de quelques barques , franchirent le Bosphore, désolèrent les côtes de

' Prob. vit. Hist. Aug., p. 238 et sequent.; Zos. lib. i ; Bucharii, Hist. Belg. lib. m, cap. 1; Hier. Chron.

2 Limes inter Rhenum atque Danubium ab Hadriano imperatore lignco lauro munitus à Germanis sub Aurelio eversus, à Probo restauratus et muro lapideo fuit firmatus. (Danielis Sciibpflini Alsat. ÏIKist. t. 1 , p. 223. )

la Grèce, de l'Asie et de l'Afrique, prirent et pillèrent Syracuse, entrèrent dans l'Océan, et, après avoir côtoyé les Espagnes et les Gaules, vinrent débarquer dans leur patrie aux embouchures du Rhin ' , laissant le monde étonné d'une audace qui annoncoit un grand peuple.

Probus passa en Egypte, défit dans la Thébaïde les Blemmyes , sauvages d'Ethiopie, dont on ne sait presque rien; de là , il marcha contre les Perses. Assis à terre sur l'herbe au haut d'une montagne d'Arménie, mangeant dans un pot quelques pois chiches, habillé d'une simple casaque de laine teinte en pourpre, la tête couverte d'un chapeau parce qu'il étcit chauve, sans se lever, sans discontinuer son repas , Probus reçut les ambassadeurs étonnés du grand roi. Il leur dit qu'il étoit l'empereur ; que si leur maître refusait justice aux Piomains, il rendroit la Perse aussi nue d'arbres et d'épis que sa tête l'étoit de cheveux , et il ôta sou couvre-chef.

■• Itidem cum Franci ad imperatorem accessissent et ab eo sedes oblinuissent, pars eorutn cjuaedam defectionem molita, magnamque navium copiam nancta, totam Graeciam conturbavit. In Siciliam quoque delala , et uiv bem Syracusanam adorta , matinara in eà cœdem edidit. Tandem cùm et in Africain adpulisset, acrefectafuisset, adductis Carthagine copiis , nihilô minus domum redire nullum passa detrimentuni potiiit. ( Zosim. , lib. i, pag. 20, édit. Basileae. )

« Avez-vous faim? » ajouta ce Popilius de l'empire , « partagez mon repas ; sinon , retirezvous '. ))

Probus donna des terres en Thrace à cent mille Bastarnes (nation scythe ou gothique) , qui s'attachèrent au sol. 1] en avoit partagé d'autres aux Gépides, aux Juthongues , aux Vandales, aux Francs ; tous ceux-ci se soulevèrent k divers intervalles.

On peut fixer au règne de Probus la fin de la première grande invasion des Barbares, bien que

^ Quo in habitu deprehensum à legatis Carinum aiunt. Purpuiea vestis humi per herbam jacebat , cibus autem erat pridianum ex ipsis elixis pulmentum, in bisque frusta quaedam et inveterata porcinarum cainium salsamenta. Eos ergo ( Parthorum legatos) cutn vidisset, neque surrexisse neque quidquam mutasse fertur , sed è vestigio vocatis dixisse : se quidem illos scire ad sese venire, se enim Caiinum esse, juvenique régi in eâdem die renuntiarent jubere , ni sapeiet omnem ipsorura saltum, campumque omnem intrà lunare spatium Carini capite fore mudiorem , simulque dicentem detracto pileo caput ostendisse nihiio galeâ adjacente villosius : ac si quidem esurirent, ut manum unà in ollam immitterent permissurum, sin minus, jubere se eâdem horâ l'ecedere.

Synesii episcopi Cyrenes de regno ad Arcadium imperat. , terprete Dionysio Petavio Jesu presbytero. ( pag. 18. Lutetiae, 1633.) — On sait qu'il y a erreur dans le texte de Synésius , et qu'il faut rapporter à Probus ce qu'il attribue à Cariii.

les mouvements s'en fissent encore sentir sous Cariis , Carin , Numérien , et qu'ils se prolongeassent sous Dioclétien jusqu'à l'avènement de Constantin à l'empire.

Probus , délivré des guerres étrangères , étouffa les révoltes de Saturnin, de Proculus et de Bonose. Dans le retour d'une si grande paix , il affirmoit qu'on n'auroit bientôt plus besoin d'armée. Il occupa les troupes oisives à planter des vignes dans la Pannonie, la Mœsie et les Gaules; et, selon Vopiscus, jusque dans la Grande-Bretagne : on croit que la Bourgogne lui est redevable de ses premières richesses. Probus, guerrier si digne du sceptre , n'en fut pas moins tué par ses soldats dans une guérite de fer, d'où il surveilloit les légions employées au dessèchement des marais de Sivmich , sa patrie '.

Carus, qui vint après Probus, étoit né à Nar- carcs,

^ ^ emp. et ses deux fils

bonne, selon les deux Victor. Il se disoit origi-*^^"'""'''^"''"'"nane de Piome, et il n est pas sur qu il vit jamais p*p« cette capitale du monde dont il étoit souverain. Il fut foudroyé après des victoires remportés sur les Perses , non loin de Gtésiphon qu'il avoit pris ^. Quand la .terre fatiguée discontinuoit le meurtre de ses princes , le ciel s'en chargeoit.

^ Vict., Ep., Eut.

^ Clesiphontem usque pervenit... utalii dicuiit morbo.

EuTICBIEN ,

pape.

De J.-C 282-283.

carii. Les fils de Carus , Cariii et Numérien, reconnus

e'up- empereurs, celeDrèrent a nome lesjeux romains\ pape.' que Galpurnius ou Calpliurnius, poète oublié comme ces jeux, a chantés^.

ut plures fulmine intercmptus est. JNegari non potest eo teinpore quo periit , tantum fuisse subito tonitruum ut multi terrore ipso exanimati esse dicantur : cum igitur aegrotaiet atque in tentorio ja^eret , ingenti exortâ tempestate , immani coruscatione , imnianiori ut diximus tonitru exanimatus est. (Carus, Hist. Aug., pag. QQQ.)

■• September habet dies , 30. — 27. — Ludi romaniani. yEgidii Bucherii.

^ Venimus ad sedes , ubi puUâ sordida veste , Inter faemineas spectabat turba catliedras. Nam qusecumque patent sub aperto libéra caelo Aut eques aut nivei loca densaverê tribuni.

Stabam defixus

Tum mihi senior quid

Ad tantas miraris opes ? Qui nescius auri Sordida tecta, casas et sola mapalia nosti En ego ..... et ista

Factus in urbe sencx , stupeo tamen

Balteus en gemmis, en illita porticus auro Certatim radiant. Nec non ubi finis arenae , Proxima marmoreo peragit spect£(pula niuro = Sternitur adjunctis ebur mirabile truncis, Et coit in rotulam, tercti quâ lubricus axis Impositos subitâ vertigine falleret ungues, Excuteretque feras. Auro quoque tota refulgent Retia, qua; tortis m arenam dentibus extant

Numérien, revenant de la Perse, fut tué par

Aper, préfet du prétoire, dont il avoit épousé la

Dentibus aequatis

Vidi genus onine feranjm

Hic niveos lepores , et non sine cornibus apros

Monticoram ,

Vidimus et tauros

^quoveos ego cum certantibus ursis

Spectavi vitulos

Ah! trepidi quoties arenae

Vidimus in partes , ruptâque voragine terrae , Emersisse feras : et eisdem saepe latebris Aurea cum croceo creverunt arbuta libro. Calpurnii aegloga septima.

J'ai pris place sur des bancs , au milieu des sièges des femmes, d'où la populace^ dans les sales habits de sa misère , regardoit les jeux : car toute l'enceinte qui se trouve en plein air, est occupée par les tribuns aux toges blanches ou par les chevaliers.

J'admirois Alors un vieillard :

« Pourquoi t'étonner de tant de richesses , toi qui ne connois pas l'or et n'as jamais habité que sous un toit au hameau, puisque moi-même, que cette ville

a vu vieillir, je suis ébloui L'or resplendit au

portiaue , et les pierreries au jwurtour. Au bas du mur de marbre qui environnoit l'arène, étoit une roue formée de morceaux d'ivoire rapportés avec art , qui par son axe arrondi et par sa surface glissante fuyoit

fille. Montesquieu remarque que les préfets du prétoire étoient à cette époque , auprès des empereurs, ce que sont les visirs auprès des sultans '. Le jeune prince avoit versé tant de larmes sur la mort de son père , que sa vue en étoit affoiblie; on le portoit dans une litière au milieu des légions. Aper, qui convoitoit la pourpre, s'étoit trop liàté; son forfait avoit devancé ses brigues ; le cadavre de Numérien , assassiné dans la litière fermée, tomba en pouriture avant que le meurtrier eût pu s'assurer du sufïrage des soldats : la présence du crime et le néant des grandeurs humaines furent dénoncés par l'odeur qui s'en élevoit "^ .

L'armée tint un conseil à Calcédoine, afin d'é-

subitement sous les ongles de bêtes féroces et empêchoit leur approche. Des filets dorés étoient enlacés

sur l'arène à des dents d'éléphant toutes égales J'ai

vu toutes sortes d'animaux, des lièvres blancs, des sangliers armés de cornes , une menticore (un phoque), des taureaux , des veaux marins , combattant contre des ours.

Ah ! combien de fois n'ai-je pas été saisi de fi'ayeur , lorsque l'arène s'entrouvrant, des bêtes sauvages sortoient du gouffre ! souvent aussi du brillant abyme poussoient des arbousiers aux tiges safranées.

^ Grand, et décad. des Romains.

- Pâtre mortuo -cum nimio fletu oculos dolere ce

lire le chef de l'état. Dioclétien qui commandoit les officiers militaires du Palais, fut choisi ^ Tout aussitôt , descendant de son tribunal , il perce Aper de son épée, et s'écrie : « J'ai tué le sanglier fatal. » Une druidesse de Tongres lui avoit promis l'empire quand il auroit tué un sanglier, en latin, aper^, A cette élection, du 17 septembre 284, commence l'ère fameuse dans l'Eglise, connue sous le nom de l'ère de Dioclétien ou des Martyrs ^ .

Dioclétien livra divers combats à Carin dont les mœurs rappeloient celles des princes déréglés , prédécesseurs des empereurs militaires.

pisset... dum lecticâ portaretur , factione Arrii Apri soceri sui , qui invadere conabatur imperium , occisus est. Sed cum per plurimos dies de imperatoris salute quaereretur à milite, concionareturque Aper ideirco illum videri non posse , quod oculos invalides a vento et sole subtrahei'et ; faetore tamen cadaveris res esset prodita .omnes invaserunt Aprum , euruque ante signa et principia protraxère. ( Fiav, Vopisc. , Numerianus. Hist. Aug., pag. 669. )

^ Domesticus regens. Car. Aug. Vit., p. 250.

2 Id., ibid., p. 252. Avant le meurtre d'Aper il avoit coHtume de dire qu'il tuoit toujours des sangliers, mais qu'un autre les mangeoit : utitur pulpamento.

^ Elle servit long-temps au comput de la fête de Pâques et elle est encore employée par les Gophtes et les Abyssins.

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