‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 46 sur 59 · TOME H · texte numérisé non relu

TOME H

jeté dans une rivière près de Milan, par ordre de Stilicon jaloux.

Les Scots et les Pietés ravagèrent l'Angleterre. Alaric, sorti d'Italie, y rentra vers la fin de l'an 402. L'histoire confuse de cette époque ne laisse pas voir les causes de ces mouvements divers. Les partis s'accusent mutuellement ; tantôt c'est Alaric représenté comme un chef sans foi, se jouant des serments qu'il prête tour à tour aux deux empereurs Arcade et Honorius ; tantôt c'est Stilicon soupçonné de vouloir faire tomber la couronne sur la tête d'Eucher son fils , et suscitant à dessein les Barbares : mais cette fièvre à redoublements n'étoit que l'efi'et de la décomposition du corps social dans sa maladie de mort. L'Italie fut consternée à la seconde irruption d' Alaric. Rome répara les murailles d'Aurélien ; Honorius, prêt à fuir, trembloit dans les marais de Ravennes. Stilicon attaque les Gotlis à Pollence sur les confins de la Ligurie, et remporte une victoire chèrement achetée \ Les Goths avoient d'abord refusé le combat à cause de la célébration des fêtes de Pâques (403 ). La femme et les enfans d'^^tlaric demeurèrent prisonniers entre

^ Claud., de Bell. Get., p. 173 ; Prud., in Sym., lib. n,- Orose . lib. vu, cap. 37 ; Jorn., p. 653. Pollence est encore un petit villa^ dans le Piémont, sur le Tanaro.

les mains de Stilicon , et pour les délivrer Alaric consentit à évacuer ses conquêtes. Dieu avoit au milieu de l'empire romain deux armées de Goths investies de ses justices : l'une conduite par un Goth chrétien, Alaric, l'autre par un Goth païen , Radaffaise , ou Rhodo2:aise selon la forme grecque. L'armée de celui-ci étoit composée de toute la race gotlie trans-danubienne et transrhénane. Ilmenoit aux batailles deux cent mille soldats.

Radagaise monta à son tour en Italie (405) , comme une haute marée remplace celle qui est descendue. Stilicon rassemble des Alains, des Huns et d'autres Goths commandés par Sarus. Les ennemis pénètrent jusqu'à Florence. Saint Ambroise apparoît à un chrétien dont jadis il avoit été l'hôte dans cette ville , et lui promet une délivrance subite. Le lendemain Stilicon par force ou par famine contraint la multitude barbare a fuir ou à se rendre. Radagaise est pris, chargé déchaînes et enfin exécuté : ses compagnons parqués en troupeaux , sont vendus un écu pièce. Ils moururent presque tous à la fois : ce qu'on avoit épargné en les achetant, fut dépensé pour creuser leurs fosses.

Un an après la défaite de Radagaise ( 406 ) les Alains , les Vandales et les Suèves envahirent les Gaules, toujours, supposoit-on , excités par

Stilicon qui rcnversoit les Barbares par ses batailles et les relevoit par ses intrigues.

Les Bourguignons et les Franks suivirent les Alains , les Vandales et les Suèves clans les Gaules, en 407, et n'en sortirent plus.

Les légions de la Grande-Bretagne élurent cette même année pour empereur Marcus qu'ils massacrèrent, et ensuite un soldat, nommé Constantin. Celui-ci passa dans le continent, battit ce qu'il rencontra , et s'établit à Arles. Il fut reconnu ou toléré par Honorius qui faisoit paisiblement des lois assez bonnes pour des sujets qu'il n'avoit plus. Il proscrivit les Priseillianistes et les Donatistes.

Constant , fils de ce Constantin empereur d'Arles, d'abord moine, ensuite césar et auguste , se rendit maître de l'Espagne. Il en ouvrit la porte aux Barbares, en retirant la garde des Pyrénées aux fidèles et braves paysans chargés de les défendre \

Honorius épouse en 408 Tliermancie , seconde fille de Stilicon. Alaric traite avec Stilicon par députés; il obtient la qualité de général des armées d'Honorius dans l'illyrie occidentale. ^Etius , donné en otage à Alaric, passa trois ans auprès de lui.

^ Orose , p. 223.

Alaric , non encore satisfait , s'avança vers l'Italie et demanda quatre mille livres pesant d'or que Stilicon lui lit accorder.

Honorius commençoit à se défier de Stilicon à la fois son oncle et son beau-père , et accusé de songer h la pourpre pour Euclier, son fils, ouvertement attaché au paganisme.

Un camp réuni à Pavie , secrètement travaillé par Olympe, favori d'Honorius, donna le signal de la révolte. Stilicon apprend cette révolte à Bologne , en devine la cause , et se retire h Ravennes. Deux ordres d'Honorius arrivent fun pour arrêter, l'autre pour tuer le sauveur de l'empire, déclaré ennemi public : il eut la tête tranchée le 23 d'août 408; c'étoit Rome qui portoit sa tête sur l'échafaud, Héraclien exécuta Stilicon de sa propre main, et fut fait comte d'Afrique: par une vertu d'extraction, le sang d'un grand homme anoblissoit son bourreau. Eucher qui vouloit les temples , et qui chercha h Rome un abri dans une église , fut tué ; Thermancie, femme d'Honorius , eut le même sort. Olympe hérita de la faveur dont avoit joui Stilicon.

Durant ces troubles de l'Occident , fOrient avoit été gouverné par Arcade successivement gouverné lui-même par Rufin et par Eutrope; l'un, mauvais favori qui se croyait haï h cause

(le sa fortune et ne l'étoit que pour sa personne ; l'autre hideux eunuque devenu consul , d'esclave d'un palfrenier qu'il avoit été, avide publicain qui prenoit tout, même des femmes, qui vendoit tout par habitude, se souvenant d'avoir été vendu ^. Vous avez vu la mort de Rufin.

Eutrope, pour défendre sa bassesse, inventa des lois qui restent dans le code comme un monument de la honte humaine ^ : ces lois appliquent le crime de lèse - majesté à ceux qui conspirent contre les personnes dévouées à l'empereur ; elles punissent la pensée , et s'appesantissent jusque sur les enfants des coupables de lèse-favoris. Geslois,qui ne mirent pas même leur auteur à l'abri, firent trembler des esclaves et n'arrêtèrent pas desGoths. Tribigilde, chef d'une colonie d'Ostrogoths établie par Théodose dans la Phrjgie, se révolta à l'instigation de Gainas, cet autre Goth meurtrier de Rufin. Tribigilde, opprimé tant qu'il fut ami, fut respecté quand il devint ennemi; on reconnut qu'il avoit été fidèle lorsqu'il cessa de l'être. L'eunuque régnant accusé de ces désordres les paya de sa chute. Il avoit osé insulter l'impératrice Eudoxie. Saint

^ Claud., in Eutrop. eun., lib. i, p. 94 et seq. 2 God. Th., loi du 4 septembre 397.

Chrysostome, qui clevoit le siège épiscopal de Constantinople à Eutrope, eut le courage de défendre son bienfaiteur; s'il ne le put sauver du glaive de la loi, il l'arracha du moins aux fureurs populaires; il le peignit trop vil pour être égorgé , et réclama en sa faveur l'inviolabilité du mépris. Eutrope tout tremblant, la tête couverte de poussière, s'étoit réfugié dans l'église à laquelle il avoit retiré le droit d'asile. « Elle lui ouvrit )) son sein, dit Chrysostome, elle l'admit au )) pied de l'autel ; elle le cacha des mêmes voiles » qui couvroient le lieu sacré; elle ne permit M pas qu'on l'arrachât du sanctuaire dont il M embrassoit les colonnes ^ . »

Eutrope fut banni dans l'île de Chypre, ramené à Pantique et décapité. Cet homme qui avoit possédé plus de terre qu'on n'en pouvoit mesurer, obtint à peine le peu qu'il en falloit pour couvrir son cadavre ".

Saint Chrysostome sauva la vie k Aurélien et à Saturnin que Gainas accusoit d'être les auteurs des troubles de l'Orient. Gainas, trompé dans

^ Homelia 4, p. 60.

- Ac tantùm telluiis possedit quantum nec facile noininare qui nunc exiguâ conditur hunio, et quantulùiii ei non nemo miseratione motus impei'ties. (Chrys., tom. IV, p. 434, a, d.)

ses projets de vengeance , conspira ouvertement. Les Goths qu'il commandoit et à l'aide desquels il vouloit surprendre Constantinople furent massacrés, et lui-même, après avoir été défait par Fravitas, trouva la mort chez les Huns, de l'autre côté du Danube, dans l'ancienne patrie des Goths.

Eudoxie proclamée Augusta ordonna d'honorer ses images. Une statue d'argent élevée à cette femme ambitieuse, assez près de l'église de Sainte-Sophie, excita le zèle de saint Chrjsostome et devint la principale cause de l'exil de ce grand prélat. Il sortit de Constantinople le 20 de juin 404. Eudoxie succomba le sixième d'octobre: une fausse couche termina sa vie, son règne, sa fierté , son animosité et tous ses crimes ^

Arcade mourut le 1". mai de l'année 408, quelques mois avant la fin tragique de Stilicon; il laissa un fils unique. Théodose IL Anthemius, préfet d'Orient, fut son tuteur. Les Huns et les Squières envahirent la Thrace.

Pulchérie , sœur aînée de Théodose , devint dès l'âge de quinze ans l'institutrice de son frère. Le palais se changea en monastère : Théodose se levoit de grand matin avec ses

1 Tillemont, Hist. des Emp., t. 5, p. 472.

sœurs, pour chanter h deux chœurs les louanges de Dieu. Jamais ce prince ne vengea une injure; il laissa rarement exécuter un criminel à mort. Il disoit : il est aisé de faire mourir un homme , mais Dieu seul lui peut rendre la vie. Un jour le peuple demandoit un athlète pour combattre les bêtes féroces; Théodose qui étoit présent , répondit : « Ne savez- » vous pas qu'il n'y a rien de cruel et d'inhumain » dans les combats où nous avons accoutumé )) d'assister '' ?

Ce prince doux avoit inventé une lampe perpétuelle, afin que ses domestiques ne fussent pas obligés do se lever la nuit pour la rallumer ^. Instruit^ aimant les arts jusqu'à peindre et à modeler de sa propre main , il écrivoit si bien qu'on lui avoit donné le surnom de calligraphe. Du reste il manquoit de grandeur d'âme , avoit peu de cœur, n'aimoit point la guerre, achetoit la paix des Barbares et particulièrement d'Attila.

^ Populus vociferari cœpit : cutn fera besliâ aiidax quidam bestiarius pugnet !

Quibus ille ita respondit :

Nescitis nos cum hutnanilate et clementiâ spectaculis interesse solitos ? (Socr., p. 362.)

^ Sozo., Proiegom., p. 396.

^ Semper lectitandis libris occupatus. (Constantini Manassis compendium , p 55. }

Il mettoit son seing au bas de tous les papiers qu'on lui présentoit sans les lire, tant il avoit l'aversion des affaires i. Il signa de la sorte l'acte de l'esclavage de l'impératrice^; ce fut Pulchérie qui essaya de le corriger par cette innocente leçon. Saint Augustin remarque que cet empereur auroit été un saint dans la solitude ^

Théodose étoit livré aux eunuques qui débauclioient la virilité du prince : Antioque, grand chambellan du palais , conduisoit tout. Théodose se mêla trop des affaires ecclésiastiques : il favorisa l'hérésie d'Eutichès et appuya les violences de Dioscore.

Je dois vous faire remarquer sous Théodose quelques lois caractéristiques du temps : lois con-

^ Si quis ei chartam ofFerret , rubris et in eâ littei'is nomen imperatorium subsciibebat , non inspectis priùs eis quae essent in eâ prescriptis. ( Id., ibid. )

- Quamobrem divinis exornata dotibus Pulcheria fratrem ab hoc vitio revocare stndens , singulari diligentiâ imperatorera monebat.... Litteras fingit, in quibus perscriptum foret, imperatorem Pulcheriae sorori conjugem suam veluti mancipium donasse. Hanc cbartain fratri offei't, rogat hanc scripturam Utteris imperatoriis munire ac subsignare velit. Imperator precibus sororis annuit , mox calamum prehendit manu et exaratis purpurei coloris litteris, chartam confirmât. (Id., ibid. )

5 Epist.

tre les hérésiarques de toutes les sortes : Manichéens, Pepuzeniens, Phrygiens, Priscillianistes, Ariens, Macédoniens, Tunoniens, Novatiens, Sabastiens ; lois pour les professeurs des lettres à Constantinople; dix professeurs latins pour les humanités , dix grecs , trois latins pour la rhétorique, cinq grecs appelés sophistes; un pour les secrets de la philosophie ; deux pour le droit. C'étoit le sénat qui choisissoit les professeurs publics ; ils subissoient un examen : lois pour défendre d'enseigner (419) aux Barbares la construction des vaisseaux et qui prononcent la peine de mort contre les délinquants : lois qui accordent à chacun le droit de fortifier ses terres et ses propriétés ^ Ce droit est tout le moyen âge.

En 421 Théodose épouse Eudocie, fille d'Héraclide, philosophe d'Athènes ou de Léonce, sophiste; elle s'appeloit Athénaïde avant d'être baptisée. Athènes, qui n'avoit pas fourni un tyran à l'empire romain, lui donnoitpour reine une muse : Eudocie étoit poëte : elle mit en vers cinq livres de Moïse, Josué, les Juges et la touchante églogue de Ruth.

Il ne faut pas confondre Eudocie avec Eudoxie , nom de sa belle-mère et nom aussi de la

1 Cod. Th.

fille qu'elle eut de Théodose et qui fut mariée à Valentinien III, l'an 437.

Revenons aux afi'aires de l'Italie.

Honorius s'étant privé du secours de Stilicon auroit pu donner le commandement des troupes romaines à Sarus le Gotli, homme de guerre, mais il le rejeta parce que Sarus étoit païen. Alaric proposoit la paix à des conditions acceptables; on les refusa : il vint mettre le siège devant Romei. Serène, veuve de Stilicon, étoit dans cette ville, le sénat la crut d'intelligence avec Alaric, et la fit étouffer par le conseil de Placidie, sœur d'Honorius.

Alaric ferma le Tibre : la famine et la peste désolèrent les assiégés". Alaric consentit à s'éloigner moyennant une somme immense ^ On dépouilla les statues des richesses dont elles étaient ornées, entre autres celles du courage et de la vertu ^.

î An. 408.

^ Portas undique concluserot , et occupato Tiberi fluniine, sub ministrationem commeatus è porta impediebat.... Famem pestis comitabatur. (Zosim,, Hist., lib. v, p. 105. Basilid.j

^ Omne auruni quod in urbe foret et argentum. (Id., p. 106.)

^ Non ornamenta dumtdxat sua simulachris ademerunt , veruin etiain n'onnulla et auro et argenté facta

Honoriiis renfermé dans Ravennes ne ratilioiL point le traité conclu. Le sénat lui députa Attale, intendant des largesses, Cécilien et Maximien : ils n'obtinrent rien de l'empereur dominé par Olympe.

Alaric se rapprocha de Rome, et battit Valens qui la venoit secourir.

Olympe disgracié, puis rétabli, puis disgracié encore, eut les oreilles coupées, et on l'assomma. Jove succéda à Olympe; il a voit connu Alaric en Epire; il étoit païen et versé dans les lettres grecques et latines. La nécessité des temps avoit amené une tolérance momentanée; une loi d'Honorius, de 409, accorde la liberté de religion aux païens et aux hérétiques.

Alaric assiège de nouveau la ville éternelle; l'habile et dédaigneux Barbare, voulant trancher les difficultés qu'il avoit avec l'empereur, change le chef de l'empire; il oblige les Romains à recevoir pour auguste Attale, devenu préfet de Rome. Attale plaisoit aux Goths parce qu'il avoit été baptisé par leur évêque.

Attale nomme Alaric général de ses armées.

conflârunt : quorum erat in numéro Fortitudinis quoque simulachrum quam Romani Virtutem vocant.

Quod sanc corrupto quidquid fortitudinis atque virtutis apud Romanos superabat extinctum fuit. (Zosiin., Hist., lib, V, p. 107. Basilcœ.)

286 ETUHES

Il va coucher une nuit au palais , et prononce un discours pompeux devant le sénat.

Il marche ensuite contre Honorius, son digne rival. Honorius envoie des députés à Attale, et lui offre la moitié de l'empire d'Occident. Attale propose la vie à Honorius et une ile pour lieu d'exil. Jove trahit à la fois Honorius et Attale. Alaric , qui tient Ravennes bloquée et qui commence à se dégoûter d' Attale y lui soumet néanmoins toutes les villes de l'Italie , Bologne exceptée Ces scènes étranges se passent en 409.

En Espagne Géronce se soulève contre Constantin, l'usurpateur qui régnoit à Arles, et communique la pourpre à Maxime.

L'Angleterre, que Rome ne défend plus, se met en liberté. Dans les Gaules les provinces armoricaines se forment en républiques fédératives^. LesAlains, les Vandales et les Suèves entrent en Espagne (409, 28 septembre). Les Vandales avoient pour roi Gonderic , et les Suèves , Ermeric. Les provinces ibériennes sont tirées au sort : la Galice échoit aux Suèves et aux Vandales de Gonderic , la Lusitanie et la province de Cartliagène sont adjugées aux Alains, la Bœtique tombe en partage à d'autres Van-

■• Zos., p. 829 et seq.

2 Id., ibid.

dales, dont elle prit le nom de fVandalousie. Quelques peuples de la Galice se maintinrent libres dans les montagnes ^

En 410, sur des négociations entamées avec Honorius, Alaric dégrade Attale; il le dépouille publiquement des ornemens impériaux à la porte de Rimini ^. Attale et son fils Ampèle restent sur les chariots de leur maître. Alaric gardoit aussi dans ses bagages Placidie, sœur d'Honorius , demi-reine, demi -esclave. Il essaie de conclure la paix avec le frère de cette princesse , auquel il envoie le manteau d' Attale. Honorius hésite; Alaric reprend son empereur parmi ses valets , remet la pourpre sur le dos d' Attale et marche à Rome. L'heure fatale sonna le vingtquatrième jour d'août, l'an 410 de Jésus-Christ.

Rome est forcée ou trahie : les Goths , élevant leurs enseignes au haut du Capitole, annoncent à la terre le changement des races ^

Après six jours de pillage, les Goths sortent de Rome comme effrayés ; ils s'enfoncent dans l'Italie méridionale; Alaric meurt : Ataulphe, son beau-frère , lui succède.

^ Aug., ep. ni] Pros. Chr. Soz., p. 814; Idal. ch., p. 10.

2 Soz., p. 830.

^ Les détails se trouveront à l'aKicle des mœurs des Barbares.

Dans les années 411 et 412 il n'y eut plus de consuls, comme il n'y avoit plus de monde romain , du moins on ne retrouve pas leurs fastes dans ces deux années. Il s'éleva pourtant alors un général de race latine. Constance étoit de Naïsse, patrie de Constantin ; il s'étoit fait connoître du temps de Théodose; il avoit le titre de comte lorsqu'Honorius songea à l'employer. Si l'on ne connoissoit l'orgueil humain, on ne comprcndroit pas qu'Honorius pardonnât moins à un chétif compétiteur qui lui disputoit le diadème, qu'aux Barbares qui lelui arrachoient: Constance eut ordre d'aller attaquer Constantin , tyran des Gaules.

Géronce, qui avoit proclamé Maxime auguste en Espagne , tenoit Constantin assiégé dans Arles : il fut abandonné de son armée aussitôt que Constance parut. Maxime tomba avec Géronce et vécut parmi les Barbares dans la misère.

Constantin, délivré de Géronce, se remit lui et son fils Julien entre les mains du général d'JIonorius : il s'étoit fait ordonner prêtre avant de se rendre^, par Héros, évêque d'Arles ; précaution

^ Post banc victoriam Constantinus cognitâ Eclo-

nici caede , purpuram et leliqua imperii insignia dcposuit.

Cumque ad ecclesiam venisset, illic presbyter ordinatus est. (Soz,., cap. 15, !ib. ix , p. 816, d. )

qui ne le sauva pas : il fut envoyé avec son fils en Italie; on les décapita à douze lieues de Ravenne.

Edobic ou Edobinc , chef frank et général de Constantin, avoit essayé de le secourir. Constance etUlphilas, capitaine goth qui commandoit sa cavalerie, défirent Edobic sur les bords du Rhône. Edobic se réfugia chez Ecdice , seigneur gaulois auquel il avoit jadis rendu des services ^ Ecdice coupa la tête à son hôte et la porta à Constance". «L'empire, dit Constance en recevant le pré- » sent, remercie Ulphilas de l'action d'Ecdice \ Et Constance chassa de son camp comme y pouvant attirer la colère du ciel , ce traître à l'amitié et au malheur*.

Jovin prit la pourpre à Mayence dans l'année 412.

Les Goths , après avoir évacué l'Italie , étoient

^ Piofugit ad^Ecdicium qui multis olim beneficiis ab Edobico affectus , amicus illi esse putabatur. (Soz., lib. IX, cap. 14, p. 8^.6.)

^ Verum Ecdicius caput Edoibci amputatum ad Honorii duces detulit. (Id., ibid.)

^ Gonstantius vero caput quidem accepijussit, dicens rempublicam gratias agere Ulfiloe ob facinus Edicii. (Id., ibid.)

* Sed cum Ecdicius apud eum inanere vellet abcedere eumjussit, necsibi, ncc exercitui commodam Ibrc ratus consuetudinem hujus viii , qui tam nialè hospites suos exciperet. (Id., ibid. )

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