TOME II
descendus dans la Provence. Ataulphe s'allie avec Jovin , lequel avoit nommé auguste Sébastien son frère ; il se brouille bientôt avec eux et les extermine ^ Les généraux d'Honorius s'étoient joints aux Goths dans cette expédition.
L'an 413 Héraclien se révolte en Afrique. Il aborde en Italie, est repoussé, s'enfuit à Cartilage , et va mourir inconnu dans le temple de Mnémosine.
Honorius avoit une qualité singulière : c'étoit de n'entendre à aucun arrangement; il opposoit son ignominieuse lâcheté à tout , comme une vertu. Lui offroit-on la paix lorsqu'il n'avoit aucun moj'en de se défendre? il chicanoit sur les conditions, les éludoit et finissoit par s'y refuser. Sa patience usoit l'impatience des Barbares; ils se fatiguoient de le frapper, sans pouvoir l'amener à se reconnoître vaincu. Mais admirez l'illusion de cette grandeur romaine qui imposoit encore, même après la prise de Rome!
Ataulphe désiroit ardemment épouser Placitlie, toujours captive; il la demandoit toujours en mariage à son frère qui la refusoit toujours. Pendant ces négocations cent fois interrompues et renouées , le successeur d'Alaric s'empara de Narbonne et peut-être de Toulouse; il échoua
1 Gros., p. 224; Ida-t., Chr.
devant Marseille ; il y fut repoussé et blessé par le comte Boniface : Bordeaux lui ouvrit ses portes.
L«s Francks, dans l'année 413, brûlèrent Trêves. Les Burgondes, ou Bourguignons i, s'établirent définitivement dans la partie des Gaules à laquelle ils donnèrent leur nom.
Las des refus d'Honorins, Ataulphe résolut de prendre à femme celle dont il eût pu faire sa concubine par droit de victoire. Le mariage avoit peut-être eu lieu à Forli ^, en Italie; il fut solemnisé à Narbonne, au mois de janvier l'an 414. Ataulphe étoit vêtu de l'habit romain, et cédoit la première place à la grande épousée : on la voyoit assise sur un lit orné de toute la pompe d'une impératrice. Cinquante beaux jeunes hommes vêtus de robes de soie, euxmêmes partie de l'ofifrande, déposèrent aux pieds de Placidie cinquante bassins remplis d'or et cinquante remplis de pierreries ^ Attale, qui
■• Il y a aussi les Burugondes qu'il ne faut pas confondre avec les Burgondes ou Bourguignons.
2 Jornand., cap. 31,
^ Inter alia nuptiarum dona, donatur Adulphus etiam quinquaginta formosis pueris , sericà veste indutis,ferentibus singulis utrâque manu ingentes discos binos . quorum alter auri plenus , alter lapillis pretiosis , vel pretii inestimabilis , quaeex romanae urbis direptione Gothi depiœdati fuerant. (Idat. , ^Chron. , an. 4l4. Voyei aussi Olymp. apucl Photiuni. )
d'empereur étoit devenu on ne sait quelle chosO à la suite des Goths, entonna le premier épitlialame ^ Ainsi un roi gotîi , venu de la Scjtliie, épousoit à Narbonne Placidie son esclave, fille de Théodose et sœur d'Honorius, et lui donnoit en présent de noces les dépouilles de Rome : à ces noces dansoit et cbantoit un autre Romain que les Barbares faisoient histrion , comme ils l'avoient fait empereur, comme ils le firent ambassadeur auprès d'un aspirant à l'empire , comme il leur plut de lui jeter de nouveau la pourpre.
Finissons-en avec Attale. Après le mariage de Placidie, ce maître du monde qui n'avoit ni terre, ni argent, ni soldats, nomme intendant de son domaine le poëte Paulin, petit-fds du poëte Ausone ^. Abandonné par les Barbares, Attale, qui avoit suivi les Goths en Espagne, s'embarque pour aller on ne sait où : il est pris sur mer et conduit enchaîné à Ravenne. A la nouvelle de cette capture, Gonstantinople se répandit en actions de grâces^, et s'épuisa en réjouissances publiques. Honorius , dans une espèce de triomphe à Rome, en 417,
^ Idat., Chron., an. 414; Olymp., ap. Phot. ^ Paulin., Pœnit. Euchar. poem., p. 287. ^ Chron. Alex., p. 708.
fît marcher devant son char Je formidable vaincu, le contraignit ensuite de monter sur Je second degré de son trône afin que Rome, déshonorée par Al aric, pût contempler et admirer l'illustre victoire du grand César de Ravenne. Le prisonnier eut la main droite coupée, ou tous les doigts , ou seulement un doigt de cette main ^ : on necraignoit pas qu'elle portât l'épée, mais qu'elle signât des ordres ; apparemment qu'il y avoit encore quelque chose au-dessous d'Attale pour lui obéir. Il acheva ses jours dans File de Lipari qu'il avoit jadis proposée à Honorius, et comme il étoit possédé de la fureur de vivre , il est probable qu'il fut heureux. On avoit vu un autre Attale, chef d'un autre empire : c'étoit ce martyr de Lyon k qui l'on fit faire le tour de l'amphithéâtre, précédé d'un écriteau portant ces mots : Le chrétien Àttale.
Honorius avoit conclu la paix avec Ataulphe, son beau-frère; celui-ci s'engageoit à évacuer les Gaules et à passer en Espagne. Pîacidie accoucha d'un fils qu'on nomma Théodose et qui vécut peu. Retiré au delà des Pyrénées, Ataulphe est tué d'un coup de poignard par un de ses domestiques, â Barcelone (415). Les six enfants
^ Oros., p. 224; Philost., lib. xii , cap. t; Zos.,
lib. YI.
qu'il avoit eus d'une première femme sont tués après lui.
Les Visigoths mettent sur le trône Sigéric^ frère de Sarus; Sigéric est massacré le septième jour de son élection. Son successeur fut Vallia : Yallia traite avec Honorius et lui renvoie Placidie redevenue esclave, pour une rançon de six cent mille mesures de blé \
Constance, général des armées d'Occident ,^ épousa la veuve d'Ataulphe malgré elle : elle lui donna une fille , Justa Grata Honoria , et un ti!s, Valentinien ÎII.
L'année qui précéda l'éclipsé de 418, marque le commencement du règne de Pharamond ^.
En 418, Vallia extermina les Silinges et les Alains en Espagne. Les Gotlis revinrent dans les Gaules où Honorius leur céda la seconde Aquitaine, tout le pays depuis Toulouse jusqu'à l'Océan ^
Le royaume des Visigoths prenoit la forme chrétienne sous les évoques ariens. Tliéodoric porta la couronne après Vallia. Vallia laissa une fille mariée à un Suève, dont elle eut ce
^ Pros. chron. Phol. ; Soz., lib. ix , cap. 9, Philost., lib. XII, cap. 4, p. 534} Oros., p. 224. - Valerii, Re. Franc, lib. m, p. 118.
^ Valerii, Re. Franc., lib. iir, p. 115. '* Sid. Ap., carni. 2* p. 300.
Ricimer ^ qui devoit achever la ruine de l'empire d'Occident. Une constitution d'Honorius et de Théodose, adressée l'an 418 à Agricola, préfet des Gaules, lui enjoint d'assembler les états généraux des trois provinces d'Aquitaine , et de quatre provinces de la Narbonnoise. Les empereurs décident que, selon un usage déjà ancien, les états se tiendront tous les ans dans la ville d'Arles des Ides d'Août aux Ides de septembre ( du 1 5 août au 1 3 septembre). Cette constitution est un très-grand fait historique qui annonce le passage à une nouvelle espèce de liberté.
Constance, père d'Honoria et de Valentinien III, est fait auguste et meurt.
Honorius oblige sa sœur Placidie, qu'il aimoit trop peut-être ^,à se retirera Constantinople avec sa fille Honoria et son fds Valentinien. Au bout d'un règne de vingt-huit ans, qui n'a d'exemple pour le fracas de la terre que les trente dernières années où j'écris , Honorius expire à Ravenne, douze ans et demi après le sac de Rome, attachant son petit nom à la traîne du grand nom d'Alaric.
Cette époque compte quelques historiens; elle eut aussi des poètes. Ceux-ci se montrent particu-
' Doin. Bouq., Ho. Gai. et Franc, script. ; Sid. Ap. - Pliot., cap. 80, p. 197, voce Olymp.
lièrement au commencement et à la fin des sociétés: ils viennent avec les images; il leur faut des tableaux d'innocence ou de malheurs; ils chantent autour du berceau ou de la tombe , et les villes s'élèvent et s'écroulent au son de la lyre. Une partie des ouvrages d'Ol jmpiodore , de Frigerid , de Claudien , de Rutilius , de Macrobe , sont restés.
Honorius publia (41 -i) une loi par laquelle il étoit permis à tout individu de tuer des lions en Afrique , chose anciennement prohibée. « Il )) faut, dit le rescrit d'Honorius, que l'intérêt » de îios peuples soit préféré à notre plaisir. »
ou
ÉTUDE QUATRIÈME
ou
QUATRIÈME DISCOURS
LA NAISSANCE ET XiES PROaXLÈS DU CHRISTIAIVISME,
SECONDE PARTIE
DE THÉODOSE II ET VALENTINIEN III A MARCIEN, AVITUS, LÉON I, MAJORIEN ', ANTHÉME , OLYBRE , GLICERIÏJS , iNEPOS , ZENON ET AUGUSTULE.
JL'empereur d'Occident, Valentinien III, TaioDo.E ir, étoit à Constantinople avec sa mère PlacidieMA^al^TA^TiTL», lorsqu tlonorius deceaa. Jean, premier secre- »■". AHTHÉ»r., taire, profita de la vacance du trône, et se >«•>', ""o»»
zÈRon ET fit déclarer aueçuste h Rome. Pour soutenir •-'"f- son usurpation il sollicita l'alliance des Huns. suTE III, lEo^ I. Théodose défendit les droits de son cousin. Ar-
JllLAIRE ET blM-
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daburius passa en Italie avec une armée. Jean, De 4a3 à 476. abandonné des siens , fut pris : on le promena sur un âne au milieu de la populace d'Aquilée ; on lui avoit déjà coupé une main ^ ; on lui trancha bientôt la tête. Ce prince d'un moment décréta la liberté perpétuelle des esclaves^ : les grandes idées sociales traversent rapidement la tête de quelques hommes , lons^-temps avant qu'elles puissent devenir des faits : c'est le soleil qui essaie de se lever dans la nuit.
Valentinien avoit six ans , lorsqu'on le proclama auguste sous la tutelle de sa mère. L'Illyrie occidentale fut abandonnée à l'empire d'Orient. Un édit déclara qu'à l'avenir les lois des deux empires cesseroient d'être communes.
Deux hommes jouissoient à cette époque d'une réputation méritée : ^Etius et Boniface ont été surnommés les derniers Romains de l'empire, comme Brutus est appelé le dernier Romain de la république : malheureusement ils n'étoient point, ainsi que Brutus, enflammés de
1 Philost. , p. 538; Piocop., de Bel. Vand. , lib. i , cap. 3.
2 Coll. Thcod. , tom. III, p. 938.
l'amour de la liberté et delà patrie; cette noble passion n'existoit pins. Brutus aspiroit au rétablissement de l'ancienne liberté affranchie de la tyrannie domestique : qu'auroient pu rêver ^Etius et Boniface ? le rétablissement du vieux despotisme délivré du joug étranger. Ce résultat ne pou voit avoir pour eux la force d'une vertu publique ; aussi combattoient-ils avec des talents personnels pour des intérêts privés nés d'un autre ordre de choses. Il se mêloit à leurs actions un sentiment d'honneur militaire; mais l'indépendance de leur pays, s'ils l'avoient conquise, n'eût été qu'un accident de leur gloire.
La défaite d'Attila a immortalisé ^Etius ; la défense de Marseille contre Ataulphe et la reprise de l'Afrique sur les partisans de l'usurpateur Jean , ont fait la renommée de Boniface : il est devenu plus célèbre pour avoir livré l'Afrique aux Barbares que pour l'avoir délivrée des Romains. Dans les titres d'illustration de Boniface, on trouve l'amitié de saint Augustin. Placidie devoit tout à ce grand capitaine; il let avoit été fidèle au temps de ses malheurs; ;Etius, au contraire, avoit favorisé la révolte de Jean , et négocié le traité qui faisoit passer soixante mille Huns des bords du Danube aux frontières de l'Italie.
jEtius étoit fils de Gaudence, maître de la cavalerie romaine et comte d'Afrique : élevé dans la garde de l'empereur, on le donna en otage à Alaric vers l'an 403 , et ensuite aux Huns dont il acquit l'amitié. iEtius avoit les qualités d'un homme de tête et de cœur ; un trait particulier le distinguoit des gens de sa sorte : l'ambition lui manquoit, et pourtant il ne pouvoit souffrir de rival d'influence et de gloire. Cette jalouse foi- Liesse le rendit faux envers Boniface, quoiquil eût de la droiture : il invita Placidie à retirer à Boniface son gouvernement d'Afrique, et il mandoit à Boniface que Placidie le rappeloit dans le dessein de le faire mourir ^ Boniface s'arme pour défendre sa vie qu'il croit injustement menacée; .^tius représente cet armement comme une révolte qu'il avoit prévue. Poussé à bout , Boniface a recours aux Vandales répandus dans les provinces méridionales de l'Espagne.
Gonderic, roi de ces Barbares, venoit de mourir ; son frère bâtard Genseric , ou plus correctement Gizerich, avoit pris sa place. Sollicité par Boniface, il fait voile avec son armée et aborde en Afrique, au mois de mai 429 : trois siècles après , le ressentiment et la trahison d'un autre capitaine dévoient appeler d'Afrique
^ Piocop., de Bell.-Vand- , lib. i, cap. 3, p. 183.
eu Espagne des vengeurs d'une autre querelle domestique : les Maures s'embarquèrent où les Vandales avoient débarqué; ils traversèrent en sens contraire ce détroit dont les tempêtes ne purent défendre le double rivage contre les passions des hommes.
Les troubles que produisoit en Afrique le schisme des Donatistes facilitèrent la conquête de Genseric : ce prince étoit arien ; tous ceux qu'opprimoit l'église orthodoxe regardèrent l'étranger comme un libérateur ^. Les \andales, assistés des Maures furent bientôt devant Hippone où mourut saint Augustin.
Boniface et Placidie s'étoint expliqués; la fourberie d'iEtius avoit été reconnue. Boniface repentant essaya de repousser l'ennemi: on répare le mai qu'un autre a fait , rarement le raial qu'on fait soi-même. Boniface, vaincu dans deux combats, est obligé d'abandonner l'Afrique, quoiqu'il eût été secouru par Aspar général de Théodose ^: Placidie le reçut généreusement, l' éleva au rang de patrice et de maître général des armées d'Occident. iEtius , qui triomphoit dans les Gaules, accourt en Italie avec une multitude de Barbares. Les deux généraux, comme deux
1 Gibb. Fallof tbe Rom. Enip.
- Procop., de Bel. Yand. , lib. i, cap. 3.
empereurs , vident leur difîerent dans une bataille: Boniface remporta la victoire (432) mais ^tius le blessa avec une longue pique qu'il s'étoit fait tailler exprès ^ Boniface survécut trois mois à sa blessure : par une magnanimité que réveilloient en lui les malheurs de la patrie, il conjura sa femme, riche Espagnole, veuve bientôt, de donner sa main à yEtius ^. Placidie déclare /Etius rebelle, l'assiège dans les forteresses où il essaie de se défendre et le force de se réfugier auprès de ces Huns qu'il devoit battre aux champs catalauniques.
Après avoir négocié un traité de paix avec Valentinien III, pour se donner le temps d'exterminer ses ennemis domestiques, Genseric s'approcha de Cartilage, surnommée la Rome africaine ; il y entra le 9 octobre 439. Cinq cent quatre-vingt-cinq ans s'étoient écoulés depuis que Scipion le jeune avoit renversé la Carthage d'Annibal.
L'année de la prise de la Carthage romaine par un Vandale, fut celle du voyage d'Eudocie, l'Athénienne, femme de Théodose II, à Jérusalem. Assise sur un trône d'or, elle prononça,
^ Idat. Chron. Marcel. ; Chron.jExcerp.exHist. Goth. Prise.
^ Marcel. Chron.
en présence du peuple et du sénat, un panégyrique des Antiochiens \ dans la ville dont Julien avoit fait la satire. De Jérusalem elle envoya, à Pulchérie, sa helie-sœur, le portrait de la Vierge fait, disoit-on , de la main de saint Luc ^ La tradition de cette image arriva par la succession des peintres , jusqu'au pinceau de Raphaël : la religion , la paix et les arts marchent inaperçus à travers les siècles, les révolutions, la guerre et la barbarie. Eudocie, soupçonnée d'un attachement trop vif pour Paulin, retourna à Jérusalem où elle mourut. Une pomme que Théodose avoit envoyée à Eudocie, et qu'Eudocie donna à Paulin, découvrit un mystère dont l'ambition de Pulchérie profita ^
Maintenant que je vous ai retracé l'invasion des Goths et des divers peuples du Nord, il me reste à vous parler de celle des Hims qui engloutit un moment toutes les autres.
Lorsque les Huns passèrent les Palus-Méotides, ils avoient pour chef Baiamir, ou Balamber; on trouve ensuite Uldin et Gara ton K Les
^ Chron. Alex., p. 732;Lesag., de Hist. eccl., p. 227. - JXicephor. , Jib. xiv, cap, 2 , p. 44 , b. c. ^ Chron, Pascal, seu Alexand, , p, 315-16, * Jornand, , cap. 24-48; Yales, Re. Franc , lib m Phot. , cap. 80.
ancêtres d'Attila avoient régné sur les Huns, ou, si l'on veut, ils les avoient commandés. Munduique ou Mundzucque, son père, avoit pour frère Octar et Rouas, ou Roas, ou Rugula , ou Rugilas, et il étoit puissant. Les Huns multiplièrent leurs camps entre le Tanaïs et le Danube ^ : ils possédoient la Pannonie et une partie de la Dacie, lorsque Rouas mourut ^; il eut pour successeur ses deux neveux , Attila et Bléda , qui pénétrèrent dans l'illyrie. Attila tua Bléda et resta maître de la monarchie des Huns ^. Il attaqua les Perses en Asie, et rendit tributaire le nord de l'Europe : la Scythie et la Germanie reconnoissoient son autorité, son empire touchoit au territoire des Francks et s'approclioit de celui des Scandinaves; les Ostrogoths et les Gépides étoient ses sujets; une foule de rois, et sept cent mille guerriers marclioient sous ses ordres *.
On veut aujourd'hui , sur l'autorité des nibelungen, poëme allemand de la fin du douzième siècle ou du commencement du treizième, que le nom original d'Attila ait été Etzel : je n'en crois rien du tout. Dans tous les cas il n'est guère
^ Am, Marcel. , lib. xxxi.
♦ Prise. , p. 47 ; Prosp. Tis. Chron.
^ Prosp. ; Marcel.
'* Prise. , p. 64 ; Prosp. Chron. ; Jornand.
probable que le nom d'Etzel , fasse oublier celui d'Attila ^
Vainqueur du monde barbare, Attila tourna ses regards vers le monde civilisé. Genseric, craignant que Tliéodose II n'aidât Yalentinien III à recouvrer l'Afrique , excita les Huns à envahir de préférence l'empire d'Orient -. Vous remarquerez combien les barbares étoient rusés, astucieux, amateurs des traités, combien les intérêts des diverses cours leur étoient connus, avec quel art ils négocioient en Europe, en Afrique, en Asie, au milieu des événements les plus divers et les plus compliqués. Une querelle pour une foire au bord du Danube, fut le prétexte de la guerre entre Attila ^ et Théodose r 407 ou 408).
Le débordement des Huns couvrit l'Europe dans toute sa largeur, depuis le Pont-Euxin jusqu'au golfe Adriatique. Trois batailles perdues par les Romains amenèrent Attila aux portes de Consiantinople. Une paix ignominieuse termina ces premiers ravages. Attila en se retirant emporta un lambeau de l'empire d'Orient : Théodose lui donna six mille livres d'or,
^ Voyez les éclaircissements à la fin du volume.
2 Prise , p. 40.
3 Id. , p. 33.