‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de FranceChapitre 17 sur 80 · SECONDE RAGE · texte numérisé non relu

SECONDE RAGE

Iraiter d'usurpation l'avénemeut de Peppin à la couronne , c'est un de ces vieux mensonges historiques qui deviennent des vérités à force d'être redits. Il n'y a point d'usurpation là où la monarchie est élective, on l'a déjà remarqué ; c'est l'hérédité qui dans ce cas est une usurpation. « Peppin fut élu de l'avis et du consentement de tous les Franks, ce sont les paroles du premier continuateur de Frédégher. » ( Gap. 12.) Le pape Zacharie consulté par Peppin eut raison de répondre :

u II me paroît bon et utile, que celui-là soit voï >» qui sans en avoir le nom en a la puissance, )) de préférence à celui qui portant le nom de » roi n'en garde pas l'autorité. »

Les papes d'ailleurs , pères communs des lidèles, ne peuvent entrer dans ces questions de droit; ils ne doivent reconnoître que le fait : sinon la cour de Rome se trouveroit enveloppée dans toutes les révolutions des cours chrétiennes; la chute du plus petit trône au bout de la terre ébranleroit le Vatican. « Le prince, )) dit Eghinard, se contentoit d avoir les cheveux » flottants et la barbe longue; il étoit réduit h. n une pension alimentaire réglée par le maire » du palais; il ne possédoit qu'une maison de » campagne d'un revenu modique, et quand il » voyageoit, c'étoit sur un chariot traîné par » des bœufs et qu'un bouvier conduisoit à la » manière des paysans. »

Les intérêts sans doute vinrent à l'appui des réalités politiques. Il avoit existé de grandes liaisons entre les papes Grégoire II , Grégoire III et le maire du palais Karle le Martel. Peppin désiroit être roi des Franks, comme Zacharie désiroit se soustraire au joug des empereurs de Constantinople protecteurs des Iconoclastes, et à l'oppression des Lombards. Saint Boniface , évoque de Mayence, ayant besoin de l'entremise des Franks

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pour étendre ses missions en Germanie, fut le négociateur qui mena toute cette affaire entre Zacliarie et Peppin. Et pourtant Peppin crut devoir demander l'absolution de son infidélité envers Khildéric III, au pape Etienne, bien aise qu'étoit celui-ci qu'on lui reconnût le droit de condamner ou d'absoudre.

D'un autre côté , les ducs d'Aquitaine refusèrent assez long - temps de se soumettre h Peppin ; nous les voyons jusque sous la troisième race, renier Hugues Capet et dater les actes publiés : Heg'e terreno déficiente , Christo rognante. Guillaume le Grand, duc d'Aquitaine à cette époque , ne reconnut d'une manière authentique que Robert , fils de Hugues : Régnante Roberto , rege Theosopho. On eût ignoré les causes secrètes des rudes guerres que Peppin d'Heristal, Karle le Martel, Peppin le Bref et Gharlemagne firent aux Aquitains, si la charte d'Alaon imprimée dans les conciles d'Espagne , commentée et éclaircie par dom Vaissette , ne prouvoit que les ducs d'Aquitaine descendoient d'Haribert par Bogghis , famille illustre qui s'est perpétuée jusqu'à Louis d'Armagnac , duc de Nemours, tué à la bataille de Cérignoles, en 1503. Ainsi les ducs d'Aquitaine venoient en directe ligne de Khlovigb ; la force seule les put réduire k n'être que les vassaux d'une couronne dont

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leurs pères avoient été les maîtres. Il est curieux de remarquer aujourd'hui rignoraiice ou la mauvaise foi d'Eghinard ; après avoir dit que Charles et Carloman succédèrent à Peppin leur père , il ajoute : « L'Aquitaine ne put demeurer long- )) temps tranquille, par suite des guerres dont » elle avoit été le théâtre. Un certain Hunoldy » aspirant au pouvoir, excita les habitans, etc. » Or ce certain Ilunold étoit fils d'Eudes , duc d'Aquitaine et père de Waifl'er, également duc d'Aquitaine et héritier de la maison des Mérovingiens. Je me suis arrêté à ces guerres d'Aquitaine, dont aucun historien, Gaillard et la Bruère exceptés , n'a touché la vraie cause : c'étoit tout simplement une lutte entre un ancien fait et un fait nouveau , entre la première et la seconde race.

Peppin, élu roi à Soissons (751), défait les Saxons ; il passe en Italie à la prière du pape Etienne III , pour combattre Astolphe , roi des Lombards , qui menaçoit Rome après s'être emparé de lExarchat de Ravenne. Peppin reprend l'Exarchat, le donne au pape, et jette les fondements de la royauté temporelle des pontifes.

Après Peppin vient son fils, qui ressuscite l'empire d'Occident. Chariemagne continue contre les Saxons, cette guerre qui dura trente-trois

années; il détruit en Italie la monarchie des Lombards et refoule les Sarrasins en Espagne. La défaite de son arrière-garde à Roncevaux, engendre pour lui une gloire romanasque qui marche de pair avec sa gloire historique.

On compte cinquante-trois expéditions militaires de Charlemagne; un historien moderne en a donné le tableau. M. Guizot remarque judicieusement que la plupart de ces expéditions eurent pour motifs d'arrêter et de terminer les deux grandes invasions des Barbares du Nord et du Midi.

Charlemagne est couronné empereur d'Occident à Rome par le pape Léon III (800). Après un intervalle de trois cent vingt-quatre années , fut rétabli cet empire dont l'ombre et le nom restent encore après la disparition du corps et de la puissance.

Une sensibilité naturelle pour l'honneur d'un grand homme , a porté presque tous les écrivains à se taire sur la destinée des cousins de Charlemagne : Peppin le Bref avoit laissé deux fils, Karloman et Karle; Karloman eut à son tour deux fils , Peppin et Siaghre. Le premier a disparu dans l'histoire; pendant près de neuf siècles on a ignoré le sort du second. Un manuscrit de l'abbaye de Saint-Pons de Nice , envoyé à l'évêque de Meaux , a fait retrouver

Siaglire dans un moine de celte abbaye. Siaghre, devenu évêque de Nice , a été mis au rang des saints, et il étoit réservé à Bossuet de laver d'un crime la mémoire de Charlemagne.

Ce prince, qui étoit allé chercher les Barbares jusque chez eux pour en épuiser la source , vit les premières voiles des Normands : ils s'éloignèrent en toute hâte de la côte que l'empereur protégeoitdc sa présence. Charlemagne se leva de table, se mit h une fenêtre qui regardoit l'Orient, et y demeura long-temps immobile: des larmes couloient le long de ses joues; personne n'osoit l'interroger, « Mes Fidèles , dit-il aux grands )) qui l'environnoient , savez-vous pourquoi je » pleure ? Je ne crains pas pour moi ces pi- )) rates , mais je m'afilige que , moi vivant , ils » aient osé insulter ce rivage. Je prévois les » mau?; qu'ils feront souffrir à mes descendans » et à leurs peuples. » ( Moine de Saint-Gall. )

Ce même prince associant son fils, Hlovigh le Débonnaire, à l'empire, lui dit: «Fils, cher » à Dieu , à ton père , et à ce peuple , toi que » Dieu m'a laissé pour ma consolation ; tu le » vois, mon âge se hâte; ma vieillesse même » m'échappe : le temps de ma mort appro-

)) che Le pays des Franks m'a

)) vu naître, Christ m'a accordé cet honneur; » Christ me permit de posséder les royaumes pa-

» ternels : je les ai gardés non moins florissants que » je ne les ai reçus. Le premier d'entre les Franks » j'ai obtenu le nom de César, et transporté à la )) race des Franks l'empire de la race de Ro- » niulus. Reçois ma couronne, ô mon fils, » Christ consentant , et avec elle les marques de » la puissance • »

« Karle embrasse tendrement son fils , et lui » dit le dernier adieu. » ( Ermold. Nigel. )

Le vieux chrétien Charlemagne pleurant à la vue de la mer, par le pressentiment des maux qu'éprouvéroit sa patrie quand il ne seroit plus ; puis associant à l'empire , avec un cœur tout paternel , ce fils qui devoit être si malheureux père ; racontant à ce fils sa propre histoire , lui disant qu'il étoit né dans le pays des Franks, qu'il avoit transporté à la race des Franks l'empire de la race de Romulus: Charlemacne annonçant que son temps est Uni , que la vieillesse même lui échappe: ce sont de belles scènes qui attendent le peintre futur de notre histoire. Les dernières paroles d'un père de famille au milieu de ses enfants , ont quelque chose de triste et de solennel : le genre humain est la famille d'un grand homme et c'est elle qui l'entoure à son lit de mort.

Le poëte de Hlovigh fait venir son nom Hludovicus du mot latin Ludus , ou , ce qui

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est beaucoup plus vrai , des deux mots teutons , Hlut , fameux, et Wigh, dieu à la guerre. Hlovigh le Débonnaire étoit malheureusement trop bon écolier ; il savoit le grec et le latin : l'éducation littéraire donnée aux enfants de Charlemagne , fut une des causes de la prompte dégénération de sa race. Hlovigh hérita du titre d'empereur et de roi des 'Franks; Peppin, autre fils de Charlemagne , avoit eu en partage le royaume d'Italie.

Hlovigh le Débonnaire associa son fils Lother à l'empire (817), créa son autre fils Peppin duc d'Aquitaine, et son autre fils Hlovigh roi de France. Son quatrième fils Karle H , dit le Chauve , qu'il avoit eu de Judith , sa seconde femme , n'eut d'abord aucun partage.

Les démêlés de Hlovigh le Débonnaire et de ses fils eurent pour résultat deux dépositions et deux restaurations de ce prince qui expira en 840 d'inanition et de chagrin.

Karle le Chauve n'avoit que dix -sept ans lorsque son père décéda : il étoit roi de France , de Bourgogne et d'Aquitaine. Il s'unit à Hlovigh, roi de Bavière , son frère de père, contre Lother , empereur et roi d'Italie et de Rome. La bataille deFontenai, en Bourgogne, fut livrée le 25 juin 841 . Karle le Chauve et Hlovigh de Bavière demeurèrent vainqueurs de

Lother et du jeune Peppin , fils de Peppin , roi d'Aquitaine , dont la dépouille avoit été donnée par Hlovigh le Débonnaire à Karle le Chauve.

On a porté jusqu'à cent mille le nombre des morts restés sur la place : exagération manifeste (y o\v la savante Dissertation de V abhé Lehœuf). Mais ces affaires entre les Franks étoient extrêmement cruelles, et l'ordre profond qu'ils affectoient dans leur infanterie amenoit des résultats extraordinaires. Thierry remporta, en 61 2, une victoire sur son frère Tliéodebert à Tolbiac , lieu déjà célèbre : « Le meurtre fut tel des deux )) côtés , dit la chronique de Frédégher , que les » corps des tués n'ayant pas assez de place pour » tomber restèrent debout serrés les uns contre » les autres, comme s'ils eussent été vivants. » ( Stabant mortui inter cœterorum cadavera stricti , quasi viventes , cap. 38. )

Un des premiers historiens des temps modernes ,M. Tierry, a fixé avec une rare perspicacité à la bataille de Fontenai le commencement de la transformation du peuple frank en nation française. La plus grande perte étant tombée sur les tribus qui se servoient encore de la langue germanique, les vainqueurs firent graduellement prévaloir les mœurs et la langue romanes. Cette bataille prépara encore une révolution par un autre effet : la plupart des anciens chefs franks

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y périrent , comme les anciens nobles françois restèrent au champ de Crécj ; ce qui amena au rani» supérieur de la société les chefs d'un rang secondaire , de môme encore que la seconde noblesse trançoise surgit après les déroutes de Crccy et de Poitiers. Ces seconds Franks , fixés dans leurs fiels, devinrent sous la troisième race la tige de la haute noblesse françoise.

L'empereur Lother, retiré à Aix-la-Chapelle, leva nne nouvelle armée de Saxons et de Neustriens. Advint alors le traité et le serment entre Karle et Hlouis , écrits et prononcés dans les deux langues de l'empire , la langue romane et la langue tudesque. Je ferai néanmoins observer qu'il y avoit une troisième langue, le celtique pur, que l'on distinguoit de la langue gauloise ou romane , comme le prouve ce passage de Sulpice Sévère: Parlez celtique ou gaulois, si vous âiraez mieux : In vero celticè , vel si mavis , gallicè loquere. Au milieu de ces troubles parurent les Normands qui dévoient achever de composer avec les Gaulois-Romains , les Burgondes ou Bourguignons, les Visigoths, les Bretons, lesWascons ou Gascons et les Franks, la nation françoise : Robert le Fort, bisaïeul de Hugues Capet , et qui possédoit le duché de Paris ^ fut lue d'un coup de flèche, en combattant contre les Normands dans les environs du Mans.

L'empereur Lother meurt en habits de moine (855) : prince turbulent, persécuteur de son père et de ses frères.

Karle le Chauve est empDisonné par le juif Sédécias , dans un village au pied du Mont-Cénis en revenant en France ( 3 octobre 877 ).

Hlovigh le Bègue succède au royaume desf Franks, et est couronné empereur par le papo Jean VIII. Karloman , fds de Hlovigli le Germanique, lui disputa l'empire et fut peut-être empereur; mais, après la mort de Karloman, Karle le Gros, son frère, obtint l'empire.

Karle le Gros, empereur, devint encore roi de France à l'exclusion de Karle , fds de Hlovigh le Bègue. Il posséda presque tous les états de Gharlemagne. Siège de Paris par les Normands , qui dure deux ans et que Karle le Gros fait lever à faide d'un traité honteux. Il avoit recueilli autant de mépris que de grandeurs; on favoit dépouillé de la dignité impériale avant sa mort arrivée en 888.

Karle , fils de Hlovigh le Bègue , fut proposé pour empereur; on n'en voulut pas plus qu'on n'en avoit voulu pour roi de France. Arnoul , bâtard de l'empereur Carloman , succède à l'empire de Karle le Gros; Eudes, comte de Paris et fils de Robert le Fort , est proclamé roi des Franks dans l'assemblée de Gompiègne :

Eudes avoit défendu Paris contre les Normands. En 892 , Karle III est enfin proclamé roi dans la ville de Laon. Il y eut partage entre Eudes et Karle : Eudes eiït le pays entre la Seine et les Pyrénées , et Karle les provinces depuis la Seine jusqu'à la Meuse.

Après la mort d'Eudes (898), Karle III, dit le Simple, recueillit la monarchie entière. Alors commençoient les guerres particulières entre les chefs devenus souverains des provinces dont ils avoient été les commandants. A Saint- Clair-sur-Ept fut conclu (912), le traité en vertu duquel Karle le Simple donne sa fille Ghisèle en mariage à Roi Ion , et cède à son gendre cette partie de la JNeustrie que les conquérants appelaient déjà de leur nom. Rollon la posséda à titre de duché, sous la réserve d'en faire hommage à Karle et d'embrasser la religion chrétienne; il demanda et obtint encore la seigneurie directe et immédiate de la Bretagne : grand homme de justice et d'épée , il fut le chef de ce peuple qui renfermait en lui quelque chose de vital et de créateur propre à former d'autres peuples.

L'empereur Hlovigh IV étant mort , Karle , resserré dans un étroit domaine par les seigneuries usurpées, ne put intervenir, et l'empire sortit de la France. Conrad , duc de Franconie ,

et ensuite Henric I"., tige de la maison impériale de Saxe, furent élus empereurs. Le fils d'Henriç, Othon, dit le Grand, couronné à Rome (962), réunit le royaume d'Italie au royaume de Germanie.

Robert , frère du roi Eudes , est proclamé roi et sacré à Rheims (922). Karle le Simple lui livre bataille, le défait et le tue. Tout épouvanté de sa victoire , il s'enfuit auprès de Henric , roi de Germanie, et lui cède une partie de la Lothingarie. De là il s'enfuit chez Herbert , comte de Vermandois, d'où il s'enfuit enfin dans sa tombe (929). Oghine, fille d'Edouard P'., roi des Anglois, se retire à Londres auprès d'Adelstan, son frère; elle emmène avec elle son fils Hlovigh , qui prit le surnom d' Outre-mer.

En 923 on veut décerner la couronne à Hugues qui la fait donner à son beau-frère Raoul , duc et comte de Bourgogne : Raoul ne fut jamais reconnu roi dans les provinces méridionales de la France. Il meurt à Autun, en 936. Hugues, dit le Grand , dit l'Abbé , dit le Blanc , ne veut point encore de la couronne et fait revenir Hlovigh d'Outre-mer, fils de Charles le Simple. Celui-ci âgé de 1 6 ans monte au trône.

En 954 , il meurt d'une chute de cheval, et laisse deux fils , Lother et Karle, duc de Lothingarie.

Lother est élu roi , sous le patronage de Hu-

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gués le Grand; le royaume, devenu trop petit, ne se partage point entre les deux frères. Hugues décède (956). Lotlier voit ses états presque réduits, par l'envahissement d'îs grands vassaux, à la ville de Laon ; ainsi s'étolt rétréci le large héritage de Charlemagne. Charles Yll fut aussi roi de Bourges , mais il sortit de cette ville pour reconquérir son royaume, et Lother ne reprit pas le sien. 11 mourut à Rheims eu 98ô, du poison que lui donna sa femme, fille de Lother, roi d'Italie. Son lils , Louis V, surnommé mal à propos le Fainéant , fut le dernier roi de la race karlovingienne. Il ne régna qu'un an et partagea le destin de sou père; sa femme. Blanche d'Aquitaine l'empoisonna; il ne laissa point de postérité. Karle, son oncle, avoit des prétentions à la couronne, mais l'élection se fit en faveur de Hugues Gapet, duc des François. Hugues commença la race de ces rois dont le dernier vient de descendre du trône : force est de reconnoître cette grandeur du passé par le vide et le mouvement qu'elle creuse et qu'elle cause dans le monde en se retirant.

Les soixante premières années de la seconde race n'ofïrent aucun changement remarquable dans les mœurs et dans le gouvernement; c'est toujours la société romaine dominée par quelques conquérants. Le rétablissement de l'empire

d'Occident donne même à cette époque un plus grand air de ressemblance avec les temps antérieurs. Sous le rapport militaire, Charlemagne ne fait que ce que beaucoup d'empereurs avoient fait avant lui; il se transporte en diverses provinces de l'Europe pour repousser des Barbares, comme Probus, Aurélien , Dioclétien , Constantin , Julien avaient couru d'un bout du monde à l'autre dans la même nécessité. Sous le rapport de la législation et des études , Gharlemagne avoit encore eu des modèles; les empepereurs , mêmes les plus ignorés et les plus foibles, s'étoient distingués parla promulgation des lois et l'établissement des écoles ; mais il faut convenir que ces nobles entreprises de Gharlemagne amenèrent d'autres résultats ; elles étoient aussi plus méritoires dans le soldat teuton qui fit recueillir les chansons des anciens Germains , « Qui mist noms aux douze mois selonc la M langue tojse, et noms propres aux douze » vejits j car avant ce nestoient nomé que li » quatre vent cardinal, dans un soldat qui se » vestoit à la manière de France , vestoit en. » y ver un garnement forré de piaus de loutre » ou de martre , dans un soldat qui levoit un » chevalier armé sur sa paume , et deJojeuse, » son épée, coupoit un chevalier tout armé. » (Ghron. Saint-Denis.)

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