‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de FranceChapitre 53 sur 80 · BATAILLE DE POITIERS · texte numérisé non relu

BATAILLE DE POITIERS

Les fautes du roi sont frappantes : sa colère l'aveugle , et passe plus vite que sa bonté qui revint trop tôt pour épargner le seul coupable qu'il eût fallu punir; il se croit sûr de sa justice, et il est arrêté au milieu de l'exécution par sa miséricorde; il viole assez les lois pour faire haïr la couronne, pas assez pour la sauver; il prouva qu'un honnête homme ne peut devenir un mauvais roi , et qu'après tout il n'est pas si aisé d'être un tyran. Les erreurs qui, comme celles de Jean , sont sensibles donnent aux esprits vulgaires l'occasion d'étaler des lieux communs de morale, et aux méchants un sujet de triomphe : les clameurs furent universelles ; Philippe de Navarre, frère de Charles, et Geofroy d'Harcourt, le fameux traître pardonné , oncle du comte décapité, soulèvent la Normandie; ils se livrent au roi d'Angleterre, le reconnoissent pour roi de France , jurent de le seconder dans la conquête de ce royaume, et lui font hommage de leurs domaines. Edouard , de son côté , agit comme il avoit fait autrefois à la mort des seigneurs bretons; il envoie à toutes les cours delà

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