‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de FranceChapitre 66 sur 80 · HENRI II · texte numérisé non relu

HENRI II

De i547 à i55y.

Les douze années du régne d'Henri II ne furent que l'avant-scène de cette nouvelle société qui se forma sous les derniers Valois, et qui ne ressemble plus à la société commencée sous Louis XI et achevée sous François 1". Comme événements vous remarquerez : la bataille de Saint-Quentin perdue par le maréchal de Saint-André ; la levée du siège de Metz défendu par le duc de Guise; la prise de Thionville et de Calais par ce même prince , ce qui mit fin aux conquêtes d'Edouard III, et constitua nos frontières militaires; la ligue pour la défense de la liberté germanique entre Henri II, l'électeur de Saxe et le marquis de Brandebourg. La paix de Cateau-Gambrésis, ouvrage du connétable de

Montmorency, fit perdre à Henri U les avantages qu'il commençoit ii reprendre sur les armes espagnoles.

Les autres événements sont : le mariage de Jeanne d'Albret , héritière de Navarre , avec Antoine de Bourbon , père de Henri IV; le mariage de Marie Stuart avec François, dauphin; l'avènement de Marie au trône d'Angleterre, laquelle rétablit un moment la religion catholique et laissa sa couronne à une autre femme, la fameuse Elisabeth; l'abdication et la mort de Charles-Quint.

Dans l'intérieur de la France, la persécution contre les réformés s'étendit et se régularisa par l'intervention de la loi : L'édit d'Escouen les punit de mort , avec défense d amoindrir la peine. Henri U fit arrêter (1559) cinq conseillers du parlement de Paris, accusés d'être fauteurs d'hérésie : parmi ces conseillers se trouvoient Louis Faur et Anne Dubourg , qui osèrent reprocher à Henri ses adultères , attaquer les vices de la cour de Rome, et annoncer que la puissance des clefs penchoit vers sa ruine. L'estrapade , ou les baptêmes de feu consistoient à suspendre un protestant au-dessus d'un bûcher, aie plongera différentes reprises dans la flamme en abaissant et en relevant la corde : Henri H et Diane de Poitiers assistèrent au spectacle de

ce supplice, comme passe-temps. L'amiral de Goligny paroissoit; les trois factions des Montmorency , des Cliàtillon et des Guise s'organisoient. Alors que l'esprit humain avoit un instrument pour multiplier la parole et répandre la pensée dans les masses; quand tout se pénétroit de lumière et d'intelligence, la monarchie, prête à vaincre les dernières libertés aristocratiques, se donnoit par tous les abus et par tous les vices l'avant -goût du pouvoir absolu.

Henri II mourut d'une blessure à l'œil qu'il reçut de Montgomery dans une joute , et le règne de ce prince s'ouvrit par le duel de Jarnac et de la Châtaigneraie.

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