‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 117 sur 211 · II. LE DEVOIR. — L.\ FIN DERMKRE DE L'oOMME · texte numérisé non relu

II. LE DEVOIR. — L.\ FIN DERMKRE DE L'oOMME

delà. Dieu le doit à sa puissance, à sa sagesse, à sa bonté, comme à sa justice.

Assurément Dieu était assez puissant pour nous ^P^'^^^ll créer, non seulement pour un bonheur incomplet, mais p'-îs^anœ. encore pour un bonheur parfait. D'un côté, Dieu possède en lui-même assez de biens pour rassasier pleinement tous les désirs de sa créature, puisqu'il est le bien infini : d'un autre côté, il ne répugnait nullement que le Créateur invitât des créatures, pauvres et misérables sans doute, mais après tout capables d'amour et de reconnaissance, à partager un jour son bonheur et sa béatitude.

Le pouvant, je ne crains pas de le dire, il le devait oîeuie à sa sagesse. Dieu, en effet, nous a créés pour le devoir. s.°gesse. Mais s'il n'avait pas attaché à l'accomplissement toujours pénible du devoir,la récompense et le bonheur ; si le bonheur n'eût pas été le fruit naturel et savoureux du devoir, ce devoir serait devenu pour l'homme un labeur à la fois pénible et stérile, qu'il eût été partant déraisonnable d'imposer à sa conscience. Bien plus, il serait devenu sans attrait, et moralement impossible, pour la majorité du genre humain. L'expérience,en effet, démontre que l'espérance est le grand ressort de l'activité et du labeur, et que sans Tespoir légitime de cueillir la moisson, jamais l'homme n'ensemencerait la terre à la sueur de son front.

J'ajoute que Dieu le devait encore à sa justice et à n le doit sa bonté. Pouvant nous créer pour un labeur honora- j^,Jce. ble et fructueux, il y aurait eu, ce me semble. une sorte boml de cruauté à nous créer pour un labeur stérile et pour les larmes. Nous aurions pu lui dire avec raison : Pourquoi nous avoir mis au cœur ces nobles désirs d'infini, cette soif ardente de parfait bonheur, et nous laisser consumer en vains et stériles efforts ; pourquoi avoir creusé dans nos cœurs un abîme insondable,

que le philosophe j)aïen Ini-môme reconnaissait infini (1), si vous n'aviez pas rintciillon de le combler vous-même, un jour, ù mon Dieu t 11 valait mieux ne pas nous appeler à la lumière, ne pas nous tirer du néant; du moins nous n'aurions jamais connu le supplice des larmes et du malheur sans espérance !

Non, Dieu est trop bon, trop juste, trop sage, pour nous avoir traités de la sorte. En nous créant pour le devoir, il nous a créés {)Our le bonlieur. Que si nous sommes lidèles au devoir, le bonheur nous sera fidèle; les biens éphémères d'ici-bas ne seront pas le dernier mot des communications divines. Tôt ou tard, quelles que soient nos épreuves ici-bas, aurionsnous subi les persécutions les plus injustes, versé notre sang et donné notre vie pour une noble cause, rien ne sera oublié ni perdu. Notre courage aura sa récompense, notre héroïsme sa gloire immortelle. Toutes les aspirations légitimes de notre être seront rassasiées pour des jours éternels.

Bonheur Alusl Ic bonlicur est finalement lié au devoir. Du insépâii'- reste rien de plus raisonnable, puisque le devoir accompli, c'est l'ordre, et que l'ordre c'est la paix et le honhcnr ypax est / riinqii illitas o)'dinis. VA l'expérience démontre que cet ordre divin, qui s'épanouit pleinement dans l'autre vie, commence à se dessiner dès ici-bas, et que Dieu permet au juste, sinon de boire à pleine coupe au parlait bonheur, du moins d'y tremper ses lèvres aussi souvent qu'il est nécessaire pour ranimer son amour du devoir, et rallermir son courage à l'accomplir.

Mode de Allons encore plus loin et montrons que la raison

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BéaliUiilo

•iinire. \\ <• Iiiliiiitû concupiscenUiO exisleiito, liomiiifs infinila desideraiit. ■> Arislolo, Voliliq., liv. 1, ch. t'.

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