‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 137 sur 211 · de la loi · texte numérisé non relu

de la loi

au moins dans ses premiers principes, nous rappelle naturelle, le mot redoutable de S. Paul affirmant que les païens eux-mêmes sont inexcusables de certaines transgressions, et la question inévitable de la sanction de la loi naturelle se dresse aussitôt devant notre esprit.

Les tiansgi-esseurs seront-ils punis ; et les fidèles observateurs, récompensés tôt ou tard?

La réponse n'est plus qu'une conclusion très sim- sanction pie des principes posés jusqu'ici. Puisque la loi ueiie. naturelle nous indique les moyens nécessaires pour arriver à notre fin dernière, il est impossible que ceux qui refusent de les prendre puissent jamais atteindre leur fin bienheureuse ; ils en seront dune privés. Il est pareillement impossible que ceux qui ont pris ces

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moyens nécessaires ne l'atteignent pas : ils seront donc bienheureux.

L'obtention de leur lin bienheureuse sera donc la récompense des bons ; la privation de celte lin, qui est le plus redoutable des malheurs, sera donc la punition terrible des méchants.

Celte conclusion re{)ose si clairement sur l'essence des choses, que nous ne pourrions comprendre qu'il en fût autrement, même par la toute-puissance divine. Même par miracle, les moyens ne peuvent pas ne pas conduire à la lin, et la fin ne peut être oblenue sans les moyens nécessaires (1). Voilà pourquoi notre sort est irrévocablement fixé par la mon, dans un bonheur ou un malheur éternel.

Sanctions Bien différentes en cela des sanctions établies par uues."' les lois humaines, qui consistent toujours en des récompenses ou des peines ajoutées à la nature des choses et accidentelles, — que partant le législateur investi du droit de grâce peut modifier à son gré, — la sanction résulte ici de l'essence des choses qui est immuable, plutôt que d'un libre décret de Uieu. Aussi, à aucun moment de l'éternité, Dieu ne pourra faire que celui qui a atleint sa fin ne Tait pas atteinte, ou que celui qui s'en est éloigné n'en soit pas éloigné.

Peut-être, s'il lui plaisait. Dieu pourrait-il miliger ou supprimer les peines accidentelles, s'il s'en ajoutait à cette peine essentielle; quant à cotte peine essentielle du c^rt»i, elle parait impossible à supprimer, sauf toutefois par Tanéantissement du coupable ; mais cette hypothèse est sûrement contraire à la nature de nos

(1) « Ubicuiuque est aliquis debitus ordo ad fmem, oporlcl, quod ordo ille ad linem ducat, recessus autein ab ordine Hnem excliidat... Oportel itjitiir quod, si ordo ille recte posilus est, incedt ntfs pt-r illum ordiiierii lini'in boni coiiseqiianlur, quod est prœuiian : recedentes aulem ab illo ordiue pcr peccataiu a fine boni excludi, quod «st puniri. » S. Thomas, CotUra Getxt., liv, 111, ch. 140.

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