‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 180 sur 211 · III. CRITIQUE. — ÉVOLUTIONNISME · texte numérisé non relu

III. CRITIQUE. — ÉVOLUTIONNISME

M. Fouillée dit qu'un tel idéal ne serait pas encore une « pure illusion, »mais une force motrice (1). — Sans doute, c'est une force, comme toutes les idées fausses et chimériques, jusqu'au moment où l'illusion est démasquée: alors elles n'ont plus de prise sur l'esprit humain. Ainsi,, par exemple, l'idée de « croquemitaine » est une force... tant que l'enfant croit à sa réalité.

Or laquelle de ces deux hypothèses est celle de M. Fouillée ? Nous craignons bien que ce soit la seconde ; c'est du moins la seule qui puisse cadrer avec son système. Cet idéal qu'il faut poursuivre « étant, nous dit-il lui-même, tout hypothétique et problématique,» n'est donc pas une vérité absolue ; il n'est qu'un beau rêve, « une forme de la pensée toute transitoire et destinée à disparaître un jour ,^2). »

Mais alors pourquoi le poursuivre, s'il n'est qu'un Pourquoi rêve fuûitif ; pourquoi le laisser hanter mon cerveau jougcM-

... „ iiiérique'?

et m'exposer à ses attraits lascinateurs ? Plus je me prends à raisonner de sang-froid en face de cette chimère, plus le désintéressement et le sacrifice de moimême à cette vaine idole, pétrie de mes mains, me paraît absurde ; plus sa tyrannie me paraît injustifiée €t déraisonnable. Avant d'accepter son joug, qu'on me montre ses titres à la domination ? On me répond seulement que la sensation est individuelle et partant égoïste, tandis que la pensée est universelle et partant altruiste. Mais ce sont là des jeux de mots et de vaines subtilités. Ma pensée m'est aussi personnelle, et peut être aussi égoïste que ma sensation ; et si elle

(1) Fouillée, Critiq. des si/slèmes, préf. p. Xl] .

(2) Fouilli'e, CriLiiiue des systèmes, p. XII, p. 10. — « Rêvez donc,jeunes gens ; .sur les. confins de la science positive, il y a de la marge pour les écarts de l'imagination. 11 reste une zone inexplorée, la zone du possible, où l'esprit peut se créer de riants fantômes, et poursuivre un fugitif idéal. » Zola, Discours à l'Association des Etudiants.

alteiiil runiversel, le vrai, le bien, le beau, c'est pour en jouir et non pour s'en priver. Ce n'est donc pas toujours un amour désintéressé, quoiqu'il soit très noble et très élevé. Confondre l'universel avec le désintéressé, c'est retomber dans le sopbisme lo^nque de Taine, réfuté plus liant.

Enfin cet idéal, que ma pensée recherclieet poursuit, n'est pas davantage la fotaîité des (Hres individuels. Aussi lorsqu'on ajoute que « tant qu'il reste devant ma raison un être privé de bonheur, elle n'est pas satisfaite dans sa tendance à l'universalité, > je n'hésite pas cà le nier, car la tendance idéale de la pensée ne la porte nullement à aimer tous les individus. Encore moins peut-on conclure que « pour être vraiment heureux il faut que toits les autres êtres soient heureux, > non seulement les êtres qui me sont chers dans ma famille ou parmi mes amis, mais l'humanité tout entière, et même tous les autres êtres de l'univers, plantes et animaux, — car telle est bien l'assertion répétée de M. Fouillée (1), — cette conclusion ne serait pas moins fausse que les prémisses. Du reste, sondegré d'invraisemblance suffit à avertir que ce n'est là qu'un rêve généreux jusqu'à l'excès, qui risque, en élevant si haut l'idéal de la perfection altruiste, d'attirer peu de clients, au moins parmi les humains, à cette morale de l'avenir que son fondateur ajipelle avec modestie «. la morale de l'Espérance >.

Toutefois si M. Fouillée, par la logique de son système. est conduit à adopter cette seconde solution. Fouillée, eyt-il vraiment si éloigné de la première, la solution métaphysique ? C'est lui-même qui va nous répondre.

(1) FomWèe, Critique dex X)/.ftèmes. p. 31. — C'est aussi \a pens»^p de Zolaqui fondo nolri» amour pour les animaux sur notre ressemblance avec eux : <■ Il y a. liit-il. dos vaches et des Anes d"une importance extrême ».

Aveux inattendus (le M.

ni. CRITIQUE. — ÉVOLUTIONNISME

en terminant un chapitre plein d'un dédain alîecté pour la métaphysique, par ces paroles inattendues qui resteront comme la meilleure critique de toute morale évolutionniste :

< Resterait à savoir si les inclinations et les idées scientifiques, « données » de la psychologie et de la cosmologie (évolutionniste), épuisent tout le contenu de la morale. Supposez que la science positive aboutisse elle-même à démontrer quilij a vn dernier problème qu'elle ne peut résoudre, et que cependant la pratique doit résoudre, et que ce soit précisément le problème moral... il faudra bien faire intervenir l'hypothèse métaphysique, rejetée par MM. Darwin et Spencer. Il faudra bien reconnaître ce que nous avons plus haut laissé entrevoir : que la métaphysique, avec ses conjectures sur l'univers, est au fond de la morale, et que, malgré ses obscurités, malgré ses doutes, elle réalise elle-même dans les actions de l'homme comme une spéculation sur l'inconnu dont l'obscurité augmente la sublimité (!!).. La doctrine de l'évolution oublie les « fondements métaphysiques » de la science des mœurs. Par cela même, elle laisse la pensée et la volonté en face d'une antinomie non résolue (1). »

Ce retour à la métaphysique, fait sans doute de ^^^-^^^^ mauvaise grâce, mais d'une manière franche et loyale '^^^^]' qui l'honore, est un acte de bonne foi des plus significatifs. Il faut donc, bon gré, malgré, rétablir les notions de bien et de mal, de devoir et d'idéal moral, en un mot de vérité métaphysique incontestable et absolue. Une vérité purement relative et conjecturale < forme transitoire de la pensée, destinée à disparaître un jour, > serait contestable et contestée, par-

(1) Fouillée, Critique des syslèmex, p. Sri.

tant sans autorité i»our s'imposer à mon esprit, sans force pour rallirer à elle. Toute la force des idées est dans leur vérité; ou, comme l'a très bien dit M. Fouillée: « elles se réalisent dans la mesure de leur vérité (1). »

Voilà pourquoi, malgré sa profession de foi obligatoire en la relativité de nos idées morales, M. Fouillée en parle toujours pratiquement comme si elles étaient objectives, certaines et absolues. Sans cesse il parle de justice, de droits sacrés , inviolables, d'idéal moral supérieur ou inférieur, de devoir, de vertu, de solidarité, de désintéressement, de science et de vérité morales, avec toute lassuranced'un dogmatiste. La seule différence est que la métaphysique est pour lui l'objet d'une foi aveugle, (jui s'impose à son esprit par la nécessité d'agir ; pour nous, au contraire, c'est une sct^nce véritable, qui nous éclaire et nous guide. Mais il demeure acquis quon ne peut s'en passer, sans ruiner la morale (2).

(1) Fouillée, Ibid..p. 22.

(2) Antres ouvrages à consulter sur la morale cvolulionnisle : E. Blanc, Les nouvelles basex lie la morale d'a/iris H .Spencer ; Carrau. Eludes sur l'Evolution ; Ouyau, La morale tinr/laise conlemporaiue ; A. de Margerie, Lu morale évolulionnisle : .1. Gineiner, Uoctnnn II. Spencer (Congrès scientiliq. inlern. calhoi., IKh.S) ; Gruber. Le positivisme depuis Comte ; Wallace, Le Darwinisme : Mallock, La vie rautelle la peine de vivre '.' ; Clemenceau, La mêlée sorinle : Lanj-', Histoire du matérialisjne ; Izoulet, La ri lé moderne.

La morale du Kantisme et du Néo-Kantisme.

Les rares criticistes encore fidèles à la pensée du '■"?"'«:

■l sance de

maître, et les néo-criticistes les plus indépendants, ''J^'""" comme M. Renouvier, s'accordent tous sur le dogme fondamental de la relativité ou de la subjectivité de toute connaissance humaine. Tout l'édifice, bizarre et compliqué comme un obscur labyrinthe, élevé par Kantsur cette base, est déjà de toute part lézardé et ruineux; seule la base est regardée comme immortelle, alors qu'elle est non moins fragile.

Certes, nous sommes des premiers à le reconnaître, la relativité de nos connaissances pourrait avoir un sens très profond et très vrai. La science de chacun est relative à son degré de capacité, et ses jugements ne portent que trop souvent l'empreinte de ses dispositions et de ses tendances personnelles et subjectives. La part du subjectif est donc très large dans nos connaissances. Mais cette concession ne serait pas suffisante pour les kantistes.

Partis de ce principe, ou plutôt de ce préjugé, que i,„possitoute communication entre deux êtres quelconques, tel que le sujet sentant et l'objet senti, est radicalement impossible, sous prétexte qu'un être ne pouvant sortir hors de lui-même, « hors de sa peau », toute action transitive est absurde, nos philosophes ont été conduits à nier l'évidence même de ce fait indéniable : nous touchons, nous sentons, nous percevons par les sens et par l'intelligence des objets étrangers : le moi est en échange de communications perpétuelles avec le non-moi.

Mystère ! si vous voulez ; mais fait universel et

ble (le

sortir du

mot.

évident, qui doit primer tous les beaux raisonnements de nos modernes soi)iiistes, parce que la vraie méthode scientifique consiste à constater d'abord les faits évidents, et puis à les expliquer si on le peut, sans les nier jamais. Suivant l'exemple donné par Aristote, « on constate d'abord qu'il y a éclipse» de luneou de soleil, < puis on en cherche l'explication », mais on n'attend pas que l'explication soit trouvée, pour croire à l'éclipsé (1).

La méthode cartésienne des « idées claires », qui

seules devraient trouver place dans notre esprit, est le

renversement de la méthode positive et scientifique.

Connais- Cependant, puisque le moi ne peut sortir de lui-

sance . ..i -ii'i-i. i.

illusoire même pour connaître le non-moi, les kantistes en ont moi?' conclu que les idées que nous en avions, telles que les idées de temps et d'espace, de quantité et de qualité, etc., n'étaient que des formes innées de notre esprit, provenant de l'organisation particulière de cet esprit dans la race humaine sur notre planète, et variable avec les temps et les lieux.

Supposez une cire consciente ({ui, après avoir reçu l'empreinte d'un cachet extérieur, se prendrait à raisonner ainsi : « La communication des substances entre elles étant impossible, le cachet, s'il existe, n'a rien pu me communiquer. Donc l'empreinte que je découvre en moi doit être une forme innée produite par l'organisation particulière de la cire et que je n'ai aucun droit d'attribuer au cachet -> — Vous aurez

(1) L'explication d'Aristote et de S. Tlioinas a elelunguemcnt ixpnsee dans les tomes I et V de ces Etudes. Deux molécules en contact, — dont l'une joue le rôle da^ient, l'autre celui de patient. — quoique impénétrables parleur matière, se pénétrent parleur force ou leur action. Vnclion de VaqenI est diins le patient. Le patient n'a donc pas besoin de surtir de lui-iMèuie pour avoir conscience de lactiDU qui le frappe, et pour connaître au dedans de lui-même quelque chose d'étranger à lui-même. Le moi atteint donc immédiatement quelque chose du nonmoi, V. g. son action résistante, tigurée. etc.

m. CRITIQUE. — KANTISME KT NÉO-KANTISME 399

une première idée assez ressemblante du subjectivismekantisle.

Mais il y a plus : ce n'est pas seulement le monde connaisextérieur que nous n apercevons qu au travers de for- illusoire mes innées et subjectives, qui lui donnent une apparence qu'il n'a pas, c'est encore le monde intérieur, le moi lui-même, qui n'est entrevu qu'au travers de ces mêmes idées de temps, de qualité, de relations, etc..

La théorie kantiste de la connaissance aboutit donc à ce résultat étrange : nous ne pouvons rien connaître ni du non-moi, ni da moi, sinon des apparences trompeuses; ce qu'il y a derrière ces apparences nous échappe entièrement : c'est le noumène à jamais inconnaissable. Nous ne connaissons réellement que notre manière de connaître ;— formalisme qui est une véritable contradiction dans les termes, car où il n'y a plus connaissance d'aucun objet, il n'y a plus de forme ou de mode de connaissance à connaître.

S'il n'y a plus qu'une connaissance apparente et il- connaislusoire des choses particulières et individuelles, à iniisoire plus forte raison de l'universel et de l'absolu. Pour rabsoiu. Kant,toutes les idées et tous les principes qui paraissant universels et absolus, ne sont pareillement que des formes de notre esprit, qu'il n'a aucun droit d'imposer aux choses. L'absolu est un noumène dont on ne sait ni « s'il est », ni « ce qu'il est >. Et, en ell'et, comment pourrions-nous percevoir l'absolu ? Par une intuition directe des idées platoniciennes ou tle l'essence divine ? Kant rejette à bon droit ce mysticisme. — Par l'observation empirique des phénomènes? Mais on a beau manipuler les faits particuliers, contingents et relatils, on ne leur fera jamais produire l'universel, le nécessaire et l'absolu. Kant rejette encore à bon droit un tel empirisme. Mais il a tort de conclure que son explication idéaliste, par des

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formes innées de la sensibilité ou de l'inlelligence, soit la seule qui reste et qui s'impose. Il y a encore l'explication de S. Thomas et d'Arislole, vieille de trois mille ans, et dont Kant ne semble même pas soupçonner l'existence. D'après eux, les faits ne sont que la réalisation contingente des idées ou des |)0Ssibilités nécessaires et absolues. 11 sut'lil donc à l'intelligence de voir le fait pour y découvrir l'idée qu'il réalise, de voir la chose moulée, pour comprendre son moule idéal.

Dans un cercle ou un carré très imparfait, tracé sur le tableau, l'intelligence contemple le cercle ou le carré parfait, type nécessaire et absolu ; de même pour toutes nos idées métaphysiques ou morales. L'inlelligence moule donc ses idées sur les réalités sensibles bien loin de mouler les réalités sur des idées préconçues : ce n'est ni l'empirisme, ni l'idéalisme, mais un « empirisme intelligent >, dont Kant n'a même pas essayé la critique, impor- Nous ulous douc résolumeut l'existence de toute ave''" de Idée OU de tout jugement a priori, et ruinons par sa '^''"'" base tout l'édifice kantiste. Kant a-t-il entrevu, après coup et trop tard, cette difficulté ? On le croirait, si l'on en juge par ces paroles glissées dans sa préface de la Critique de la raison pratique : < Ce qu'il pourraitarriver de plus fâcheux à ces sortes de recherches, ce serait que quelqu'un découvrît inopinément qu'il n'y a ni ne peut y avoir de connaissance ^■/p/'/or/(l). » Son édifice serait, en elfet, sapé par le fondement, puisqu'il n'y aurait plus de raison /j^o-t? ou a priori, ni déraison pure appliquée ou pratique. Certes la difficulté était assez grave pour mériter un examen. Kant se contente de la dédaigner en ileux mots : « Il n'y a

(1; Kaul, Critique de la raiaon pratique {liArui), p. 143.

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pas le moindre danger,dit-il avec une assurance affectée ; c'est comme si quelqu'un voulait montrer par la raison qu'il n'y a pas déraison.» — Ce reproche, Kant le mérite; car s'il y a quelqu'un qui a réduit à Timpuissance la raison, au nom de la raison, c'est lui. Pour nous, nous affirmons, au contraire, que la raison ne peut s'expliquer elle-même, comme le voudrait Kant, sans commettre un véritable suicide. Il faut donc l'expliquer autrement, et faire mouler nos idées sur les réalités, et non pas les réalités sur des idées préconçues. Notre nouveau Copernic, — la comparaison est de Kant lui-même, — en changeant l'axe du monde, n'a réussi qu'à le faire tourner à l'envers, — direction qui malheureusement dure encore dans les idées de nos contemporains.

Ce rapide résumé d'une critique que nous avons exposée ailleurs (1), va nous permettre de comprendre quelle morale on peut faire sortir d'un tel système, et d'en apprécier la valeur. Y a-t-il même une science morale désormais possible ?

Il y a lieu, en effet, de se demander tout d'abord si Touie-

•' puissunc«

les coups mortels, portés par Kant à toute science «i?'»

*■ ■•• *■ raison

spéculative, n'ont pas atteint par avance toute scien- p>a''q"e ce morale, et si l'impuissance de la raison théorique n'entraîne pas l'impuissance de la raison pratique. Cette distinction elle-même de deux raisons, l'une impuissante, l'autre toute-puissante, n'est-elle pas inventée tout exprès pour les besoins de la cause, et pour éviter à la morale l'invasion d'un scepticisme, dont on ne veut à aucun prix pour elle, et qui serait cependant la seule conséquence logique ? On ne sau-

(1) Notamment dans le t. Vl de ces Etudes : L'idée du continu dans l'Espace et le Temps ; — cf. T. Pesch, Le Kantisme et ses erreurs : Knnt et la science moderiie (trad. Lequien). -jô

M)'2, FONDEMENTS ItK LA MOHALK

lait échapper à ces doutes, lorsqu'après avoir hi les deux Critiques, on les compare ; il est facile de remarquer de l'une à l'antre un changement à vue, qui surprend et laisse soupcjonner quelque vice secret, quelque contradiction cachée, qu'il nous faut découvrir. Dansla Critique delà raison pure, toutes les notions essentielles ou accessoires de la morale : la liberté, l'âme, la vie future, Dieu, toutes les vérités absolues, sont impitoyablement critiquées et rejelées comme des formes subjectives et illusoires de l'esprit humain, i-e Dans la Critique de la raison pratique, toutes ces

paradoxe ^ ^ ^

de KaDi. mêmes vérités absolues. Dieu, la vie future et la sanction, l'âme, la liberté, le bien absolu, etc., sont relevées de leur ruine et restaurées, < dans la mesure du besoin de la morale, » par un coup de baguette magique dont on recherche curieusement la légitimité.

Qa'est-ce donc que la raison pratique, et comment a-t-elle pu accomplir le prodige de ressusciter la morale défunte ?

Un trouve dans Kant jusqu'à trois définitions différentes, mais également obscures, de la raison pratique : ce qui fait soupçonner la difficulté qu'il a dû rencontrer pour la distinguer, si essentiellement, de la raison pure.

Sans entrer dans les détails inuliles de sa terminologie subtile et étrangement embrouillée, nous en donnerons une idée claire, en disant (jue la raison pure devient pratique, lors(|u'elie impose la loi qui ordonne, lorsqu'elle l'exécute, ou bien qu'elle fournit les mobiles ou les moyens de son exécution.

Ainsi la raison qui posr des idées et cherche à les expliquer, à les lier, etc.... est une raison pure ; celle qui impose les mêmes idées sous forme de commandement est une raison j>rati(iue. Mais, demanderons-

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