I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIEiNCES MODERNES
forces conjurées de la nature, lui assurerait la béatitude terrestre. Et tous les regards se tournant vers cette reine du jour, cette déesse de la science, en lui demandant la cause de sa toute-puissance, le secret de ses méthodes.
Or, c'est à la méthode expérimentale, que les scien- Triom-
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ces de la nature devaient leurs merveilleux succès; méthode
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les savants observaient les faits, et, pour s élever aux memajc. causes et aux synthèses, ils appuyaient le levier de la raison humaine sur le point d'appui si ferme des faits observés. Les philosophes au contraire, depuis Descartes, mais surtoutdanscetteécole d'idéalisme transcendantal dont Kant était le chef, dédaigneux des faits, partaient de l'idée pure et se livraient à de véritables débauches de métaphysique a priori. Les philosophes scolastiques eux-mêmes, longtemps avant Descartes, oublieux de leurs origines, oublieux même de leur principe fondamental : « toutes les idées viennent par les sens et foutes les théories par l'observation», avaient fini par abuser ([qV a priori, et justifié par ces abus leur propre décadence.
Le contraste était saisissant : la méthode des philosophes, qui n'avait abouti qu'au doute croissant et à la confusion des langues et des idées, fut impitoyablement condamnée par l'opinion, et la méthode scientifique, la méthode expérimentale, mère de tout le progrès, fut glorifiée et exaltée, jusqu'à l'excès, car la réaction toujours passionnée dépassa la mesure. On alla jusqu'à n'admettre qu'une seule observation légitime, l'observation extérieure, et à tenir en suspicion l'observation interne oupsychologique, — comme si tous les faits dûment constatés, internes ou externes, ne s'imposaient pas à nos esprits ; — bien plus, on soutint qu'il fallait se borner à l'observation des faits, en proscrivant tout raisonnement et toute re-
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cherclie métaphysique, et ces deux tendances positivistes servirent à battre en brèche tous les dogmes philosophiques, sans excepter celui de la liberté humaine.
iiësiiiuts Les sciences de la nature observent, et leurs obser-
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rohser- vations aboutissent toutes à cette conclusion invaria-
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exterieu- hle : tous Ics phénomèues de la nature, à un moment
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donné, dépendent des phénomènes antérieurs, et les mêmes antécédents produisent toujours les mêmes conséquents.
Ainsi, par exemple, Teau qu'on approche du feu, dans les mêmes conditions extérieures de pression atmosi)hérique et autres, doit bouillir à lUU degrés. Deux corps mis en présence, doivent s'attirer en raison directe des masses et en raison inverse du carré de leurs distances, —et la loi se vérifie dans l'immensité des cieux étoiles aussi bien que sur notre planète. En chimie, où l'on pénètre encore plus avant dans la nature intime des corps, on découvre de môme que les lois qui président aux analyses et aux synthèses chimiques sont toujours invariables.
...Le . Et c'est précisément cette relation nécessaire entre
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■'i*™^ , les conséquents et leurs antécédents, entre les causes et les ell'ets, qui permet aux savants de généraliser leurs observations, de les étendre à tous les temps et à tous les points de l'espace, comme des lois universelles.
C'est encore la môme nécessité, qui leur permet de prévoir l'avenir, et de prédire avec assurance l'heure et la hauteur des marées, les moments précis deséclipses, de la conjonction des astres, et de mille autres phénomènes dans les cieux ou sur la terre. Uue si l'on supposait des êtres intelligents, doués du