I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODEKNES
Mais pourquoi la science absolument parfaite, la vraies
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science qui pourrait tout prévoir, lusque dans les d.. savoir
. 1 1,., ,. .. . ^ . humain.
moindres détails, n être jamais surprise, et ne rien ignorer, pourquoi une telle science serait-elle nécessaire à l'homme?
Qu'on nous démontre qu'une telle science soit possible et soit naturelle à l'homme, en un mot qu'elle soit une science humaine et non pas divine ; et lorsque cette démonstration sera faite nous rendrons loyalement les armes.
Jusque là, demandons à l'expérience, — elle seule peut nous l'apprendre, — quelles sont les vraies limites du savoir humain et de sa puissance prophétique. Et ces limites une fois constatées, — quelles qu'elles soient, — n'ayons pas la prétention de les franchir.
Or l'expérience nous apprend que la certitude des sciences expérimentales ne saurait être que relative et hypothétique, tandis que la certitude des sciences mathématiques ou a priori est absolue.
Les trois angles d'un triangle seront toujours égaux à deux droits ; le plus court chemin d'un point à un autre sera toujours la ligne droite, et le libre arbitre de l'homme, ni même celui de Dieu, ne peuvent conditionner ces vérités en aucune façon.
Au contraire, lorsque ie cherche à calculer la vitesse Les pié-
'■ "^ visions
d'une pierre tombant vers le centre de la terre, ou sont
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d'une masse d'eau sur une pente donnée, les lois lor- tiques. mutées par la Physique me conduiront à des prévisions certaines, supposé toutefois que le cours des lois de la pesanteur ne soit troublé par aucune cause étrangère. Un coup de vent imprévu, un coup d'aile d'un oiseau qui passe, l'intervention de la main de l'homme, — libre ou fatale peu importe, — et mille causes
ira))i'évues analogues suffiraient à déconcerter toutes les prévisions de la science la plus exacte.
Est-ce à dire pour cela que les sciences physiques soient ruinées par la base ou impossibles à constituer ? Nullement. Que l'intervention de ma main pour dévier la pierre qui tombe soit le produit de la liberté ou de la nécessité, les lois de la gravitation n'en demeurent pas moins la base certaine et inébranlable de tout Tédifice scientifique, et les prévisions de la science physique demeurent aussi sûres que dans toutes les prévisions humaines, où peuvent se rencontrer des entrecroisements de causes imprévues.
Parmi ces causes imprévues, l'intervention de l'homme a toujours joué un certain rôle, même dans l'hypothèse déterministe, et cela n'a pas empêché la science de se constituer, de prévoir l'avenir autant que le comportent les limites d'une science humaine, et d'arriver à ces magnifiques résultats qui émerveillent notre génération. Il y aura donc toujours pour l'homme des causes imprévues, que le libre arbitre existe ou n'existe pas, et la science humaine sera toujours à la fois certaine, et relative à des conditions hypothétiques. Il faut s'y résigner.
La lui de Ce n'est pas seulement le postulat de runivi'rselle vXTde nécessitéet de l'universelle prévisibilité que la science rénergie. ^ essayé d'opposer à l'existence du libre arbitre, c'est encore une autre vue générale de l'esprit, à laquelle des expériences récentes et célèbres ont apporté un commencement de preuve ou de vérification expérimentale, et ([ui passe déjà pour un des fondements les plus incontestés de la science au XX' siècle, nous voulons parler du principe de la conservation ou de la permanence de l'énergie.
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