‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 77 sur 211 · I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES · texte numérisé non relu

I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES

Mais un grand nombre d'autres faits vinrent miti- ihscus-

. , . . sion des

ger la rigueur de cette conolusion, et témoigner en deux

„ 1 , . 1 T -, . formules.

faveur de la pensée de Leibnitz.

Nous avons vu, dans une autre étude (1), tous les astronomes contemporains se prononcer en faveur de la diminution graduelle des mouvements cosmiques. « Une faible partie de l'énergie, écrivait M. Faye, est conservée indéfiniment sous forme de mouvement... Le reste est l'oljjet d'une effroyable perdition. Ainsi pour ne parler que du soleil, sur 67 millions de rayons de lumière et de chaleur que cet astre envoie dans l'espace indéfini, un seul est reçu et utilisé par les planètes qui circulent autour de lui (2). »

Le mouvement lui-même des astres, sur leurs ellipses, n'est plus considéré comme indéfini, comme le pensait Laplace. MM. Wolf, W. Thomson, Hirn, Helmholtz, et bien d'autres, ne croient plus à la stabilité mécanique du système planétaire, et prédisent avec assurance le terme, fort éloigné sans doute, mais d'après eux certain, où la grande machine cosmique doit rentrer dans « l'équilibre final » ou le repos éternel d'où elle était sortie.

Du reste, pour constater le fait de la déperdition du mouvement, point n'est besoin de suivre les astronomes à travers l'immensité des cieiix. Nous avons sur la terre des faits nombreux, palpables, où cette interprétation s'impose.

Lancez l'une contre l'autre, en sens inverse, deux Expémasses égales, telles que deux masses de plomb. Le du choc. choc produira un arrêt subit du mouvement de translation, lequel aura donné naissance à deux autres espèces de mouvements : 1" la chaleur interne ou mouvement moléculaire des masses de plomb ; 2" le mou-

(1) L'idée de Dieu, p. 7:^-78.

(2) Faye, L'origine du monde, p. 195.

loi KuMtKMENTS DK l.\ MOHALK

veinent de l'air ou du milieu aniljiant, l'ésullaiit du choc.

Or la persistance indéfinie de ces deux mouvements dérivés est bien difficile à soutenir. Dira-t-on du second mouvement que les ondes de l'air ébranlé s'en vont toujours à travers les espaces éthérés, rebondissant d'étoile en étoile, sans trêve et sans fin, pendant toute l'éternité ? Cette assertion sort du domaine de la science pour errer dans celui de la poésie.

Quant au premier mouvement de vibration calorique des molécules de plomb, il est certain qu'il ne persiste pas tout entier et indéfiniment ai)rès leclioc. C'est là un fait que la théorie vibratoire de la chaleur explique suffisamment. Car si une molécule, lancée dans un milieu impondérableetsans frottement, peut être conçue comme douée d'un mouvement indclini, ce même mouvement, dans un milieu pondérable, en conflit avec les molécules ambiantes qui l'entrechoquent incessamment et lui opposent résistance, doit amener fatalement un état d'('([uilibre et de repos final.

Tnotnphe gj (Jqj^^ nous voulous conciHei' ces faits fondamenfonmiie ^.J^^^ ^yg^ j^ célèbrc théorie de la conservation de l'é- Leibniix. uergie, il faut dire que le mouvement actuel n'est qu'une des deux formes de l'énergie, qui passe incessamment de la puissance à l'acte ou de l'acte à la puissance, et que ce qui est constant dans l'univers ce n'est ni l'acte ni la puissance, mais la somme totale de ces deux facteurs. Ce que l'un perd l'autre le gagne invariablement. L'évolution des mondes a dû partir d'un minimum d'acte et d'un maximum de puissance, tendre à un maximum d'acte en son apogée, pour revenir sur son déclin M un maximum de puissance (IV

(!) Cf. l"r»>.vcincl. Essai aur la philosophie des sciences , p. 239.

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