‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 28 sur 118 · PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT 6o · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT 6o

Ces conseils, marqués au coin de la sagesse et du bon sens, n'étaient pas inutiles à rappeler à nos modernes, au début de cette étude où nous devons rencontrer plusieurs autres faits dont l'existence est aussi évidente que leur nature est mystérieuse.

Nous n'hésiterons pas à les suivre docilement : nous ''/^'"'^ admeltrons avec Aristotc ce fait indéniable du mouve- 'ï"®'"ment, comme un fait capital dominant la natuie entière, et nous en ferons volontiers, à sa suite, le point de départ de toutes nos spéculations.

Jusqu'ici nous sommes d'accord avec M. Bergson lorsqu'il écrit : « C'est du mouvement que la spéculation devrait partir (1). » Mais il ne suffit pas d'admettre ce fait, il s'agit surtout pour le philosophe de l'expliquer raisonnablement. Or, tandis qu'Aristote s'empresse d'expliquer le mouvement en fonction de l'être et du principe de contradiction^ — loi fondamentale du réel comme de la pensée, — l'explication de M. Bergson, au contraire, suppose que le non-être et la contradiction seraient au fond des choses.

Pouvons -nous , avec la Philosophie « nouvelle », expliquer le devenir sans l'être, le mouvement sans une chose mue, l'attribut sans un sujet, le mouvant sans le statique ? C'est ici que le désaccord va commencer et s'accentuer dans deux directions diamétralement opposées.

(1) Bergson, VEvoiulion créatrice, p. 34'^.

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