ACTE ET PUISSANCE
Tout n'est pas mouvement : — Existence de l'être. u iiièse Tandis que Parménide el Zenon soutenaient que tout
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72'" est immobile, Heraclite, par un excès contraire, prétendait que tout est mouvement, et que les êtres identiques à eux-mômes,que nous croyons saisir soit en nousmêmes, au fond de nos consciences, soit autour de nous, sous le flot changeant des phénomènes, ne sont qu'une illusion. L'être n'est pas ; seul le devenir apparaît sans pouvoir jamais êtie, cardans le devenir pur tout se dissout sans cesse, et rien ne se survit. D'où la formule célèbre de Técoulement et de l'évanouissement perpétuel des choses : r.xvra psly.où ouSIv [lévsi (1). Tout s'écoule et rien ne subsiste, par exemple : « On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve », disait Heraclite, parce que tout change incessamment et dans le fleuve et dans le baigneur (l).
Nous n'aurions même pas parlé d'une opinion si étrange et si contraire au sens commun, si elle était restée le privilège de quelques sophistes grecs. Mais l'opinion d'Heraclite a eu son écho chez plusieurs philosophes modernes, tels que Hegel et Renan, plus récemment encore jusqu'au sein de l'école bergsonienne, où elle est devenue l'erreur fondamentale, le tt^ocôtov '^evSoç de la philosophie « nouvelle » (2), et nous ne pouvons plus désormais nous contenter de la réfuter par le silence. Nous ne la réfuterons toutefois qu'à regret. S'il était permis à Platon de s'indigner qu'il fut^ nécessaire aux
(1) Cf. Platon, Cratyle, 402 A ; 404 D ; Théat., 152 D ; 160 D.
(2) « L'existence est mouvement », Répliq. des modernistes, p. 10.