PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT
et de contradiction, comme il nous sera facile de l'expliquer (1),
Si l'être existe, il est nécessairement identique à lui- ^l^^^même : A = A. C'est la première vérité qui saute aux ''"?'*"' yeux de tout esprit qui, après avoir saisi l'être, le com- ''''^^«"i"'*pare avec lui-même. Vérité si évidente qu'elle est presque une tautologie. On ne saurait pourtant lui faire ce reproche, car ici l'attribut n'est pas une vaine répétition du sujet. L'attribut de cette proposition A = A, malgré les apparences contraires de cette formule abrégée, ce n'est pas A, mais égal à A. Ce qui ajoute au sujet A une notion nouvelle d'égalité ou d'identité avec luimême, que la notion d'Ane contiendrait pas si elle était considérée toute seule, isolément, et avant toute comparaison avec elle-même.
Que si tout être est nécessairement identique à lui- 3' Né-a-
. ^ lion du
même, il ne peut être identique à la négation de lui- principe
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même, sinon 1 être serait identique au néant. On ne tradiciion. peut done affirmer et nier en même te'iwps, d'un même sujet et sous le même rapport, l'être et le non-être. Et tel est le principe de contradiction déjà implicitement contenu dans le principe d'identité, et que l'on formule ainsi : idem simul non potest esse et 7ion esse (2). Ou bien encore : idem simid inesse et non inesse eidem, et secundum idem, impossibile est (3).
« Ce principe, dit Aristote, est le plus inébraulable • de tous les principes, otoatoraV// dpyfi^ sur lequel il est impossible de se tromper..., il est le plus notoire de tous..., pur de toute hypothèse..., celui qu'il faut nécessairement admettre pour comprendre quoi que ce soit
(1) « Intellectus noster cognoscit (primo) ens ..in qua cognitione fiindantur primonim prineipiorum notitia.ul non esse simul afflrmare et negare et alia hujusmodi. « S. Tli., Contra Gent., 1. II, c. 83.
('2) 'ASûvKTov àu.a £tv«t y.xi f/.v] ïiitKt. Arist. Mêla., 1. II, c. 2, § 8.
(3) Tô yy.fj K-JTo cf.'jLy. jrâo^ïtv t» y.'y.i ily, 'jTzv.pyzij y^'j-^y.rt^ tw aOrw x«i arà TO a-j-ô. Arist., Meta, I. III, c. 3, § 8.
à la réalité... Nous pouvons l'énoncer ainsi : il est impossible qu'une seule et même chose, sous un même rapport, soit tout à la fois et ne soit pas identique à elle-même... Personne en effet ne peut jamais penser qu'une même chose puisse être et n'être pas, comme on prétend quelquefois que le disait Heraclite. Il est vrai, ajoute-l-il malicieusement, qu'il n'est pas nécessaire de penser tout ce qu'on dit... La nature le forme spontanément, et il est le point de départ obligé de tous les autres axiomes (I). » — « Impossible, répète-t-il, d'affirmer et de nier en même temps (2) », car aucun homme ne saurait croire sincèrement à l'identité de Taffirmation et de la négation. Celui qui oserait le contester s'ôterail aussitôt la parole à lui-même et mettrait fin à sa contestation, puisque tout ce qu'il oserait dire pourrait aussi bien être nié qu'affirmé. 4; Néga- Tclles sout les conséquences logiques de l'existence
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pensée q^ ^q j^ nou-existeuce de l'être. Si l'être est, les prin-
elle- •
même, cipcs d'identité et de contradiction, — qui ne sont au fond qu'un seul principe sous une double forme, positive et négative, — sont nécessairement vrais, et le fondement inébranlable de toute science humaine est désormais posé. Que si, au contraire, l'être n'est plus, si c'est une illusion, vous ne pouvez plus le dire identique à lui-même. Si vous avez remplacé la notion d'être par celle du devenir pur, dont le propre est de changer toujours et de n'être jamais identique à lui-même, le principe d'identité s'évanouit, et avec lui le principe de contradiction. Dans la môme phrase, vous ne pouvez plus dire deux fois le même mot, avec la même signification, ni unir un sujet à un attribut, puisque à ces deux instants différents du devenir le sujet a déjà changé, nécessairement et par définition. .
(1) Cf. B.-S.-H., JbicL. I. IV, c 3.
(2) Ilâv àvayxatov r, tai^jui. ri inofxvxt. Arist., Meta., 1. Il, c. § 8.