‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 37 sur 118 · PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT

d'Heraclite que je n'admette dans ma Logique » (1;.

Si Hegel s'était contenté dédire que dans tout être limité et imparfait, il y a de Têtre et du non-être, du oui et du non, a des points de vue différents, certes il aurait dit vrai, mais une vérité banale, qui ne l'eût point illustré. Il lui fallait donc, pour s'illustrer, dire — au rebours du sens commun — que c'est bien le néant, en tant que néant, qui est l'être, ou réciproquement. Ecoutons-le donc préciser le vrai sens de sa formule.

« Le néant, dit-il, dans sa nature immédiate, identique à lui-même, est précisément la même chose que l'être ! La vérité de l'être et celle du néant sont l'unité des deux. Cette unité c'est le devenir. » Et il ajoute : (( cette formule : lètre et le néant sont même chose, paraît un paradoxe, et on a peine à la prendre au sérieux ; et, en effet, c'est une proposition des plus dures et des plus hardies » (2). Comment donc la faire accepter, malgré l'évidence contraire ? 11 n'y a qu'un moyen, bien connu des sophistes : se désintéresser entièrement du vrai et du faux, et Hegel nous y convie hardiment : « La philosophie, dit-il, ~ il aurait dû dire sa philosophie, — apprend à l'homme à se délivrer d'une inlinité de buts et de points de vue particuliers, et le rend indépendant de tout, de telle sorte qu'il lui soit absolument indifférent que ces choses soient ou ne soient pas )> (3).

(1) Hegel, Ibid., t. XIII, p. 301.

(2) Hegel, /6«/., t. VI, p. 170-171.

(3) Hegel, Ihid., t. VI, p. 172. — Les arguments de Hegel ne .sont pas moins subtils ni moins sophistiques que ceux de Zenon. En voici un échantillon pour les lecteurs plus curieux :

Principe du troisième survenant : Entre deux propositions contradictoires, il y a un terme moyen, qui n^étant ni l'une ni l'autre, est le.-^ deux à la fois. Voici un exemple tiré par Hegel de la Géométrie : « On nous dit : A doit être -f- A ou — A : pas de milieu. Mais en parlant ainsi, ce milieu est déjà posé, puisqu'on a commencé par dire A, lequel n'est ni + A, ni — A, et est en même temps -|- A et — A » (tom. VI, p. 239). Hegel en conclut qu'entre le oui et le non, il

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