‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 51 sur 118 · PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT iU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT iU

a puissance latente des explosifs chimiques est un g^^^^ifs exemple encore plus frappant. On sait qu'une petite ^^^^^-^^ quantité de dynamite, par exemple, renferme dans ses lianes une quantité prodigieuse d'énergie, capable d'opérer les effets les plus terrifiants. Or, cette capacité de mouvement est quelque chose de bien ditîérent du mouvement lui-même. La comparer, comme le font les mécanistes, négateurs de la puissance, à de vrais mouvements, quoique invisibles, par lesquels les atomes de dynamite tourneraient sur eux-mêmes, comme la toupie qui dort^ en attendant de se tranfsormer en mouvement de translation et d'explosion, au premier choc extérieur, — est une comparaison brillante assurément, mais qui se détruit elle-même, car elle suppose qu'à chaque instant les atomes tourbillonnant se heurtent entre eux, avec les vitesses vertigineuses qu'on leur suppose, — la vitesse de rotation devant être égale à celle d'explosion, s'il n'y a plus de véritable potentialité.

Elle suppose aussi que les atomes heurtent les parois du vase ou de la cartouche qui les renferme, — heurtent encore plus vivementles instruments des manipulateurs. Ils devraient donc exploser à chaque instant, c'est-à-dire qu'ils ne pourraient même pas subsister, — ni subsister sans se modifier sans cesse, puisqu'en vertu du parallélogramme des forces un mouvement ne peut rencontrer un autre mouvement, ni éprouver la moindre résistance, sans se modifier aussitôt.

Or l'on ne constate, dans nos dépôts de dynamite, ni explosions incessantes, ni modification perpétuelle dans la puissance de ce pouvoir invisible et formidable. Il n'est donc pas un mouvement.

En physique, un grand nombre de phénomènes, par 3» Faits exemple, l'analyse de la lumière blanche par le prisme, ^"i"®*et sa reconstitution synthétique par la projection des rayons colorés du spectre solaire sur un même point.

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V Faits iiiécani-

nous conduiraient à la môme conclusion : les qualités des corps sont tantôt en acte et tantôt en puissance seulement.

Enfin dans cette partie de la physique qui ne s'occupe i""'- que du mouvement des corps, abstraction faite de leur nature spécifique, la Mécanique ou la Dijnamique, science toute fondée sur la distinction de l'énergie actuelle et de l'énergie potentielle, nous trouvons uu exemple remarquable des notions d'acte et de puissance, sur lequel il nous faut insister.

« Dans la nature, écrit M. de Freycinel, l'énergie se montre sous deux aspects très différents, en "puissance et à l'état à'effet réalisé. Un corps placé à une certaine hauteur au-dessus du sol, contient en puissance la quantité d'énergie ou de force vive qu'il développera en tombant, sous l'impulsion de la gravité, jusqu'à la rencontre du sol. Le poids multiplié par la hauteur exprime le travail latent ou potentiel qui réside en lui avant que la chute commence. Au bas de la chute, ce même produit représente, non plus un travail en puissance, mais un travail efTectué, et par conséquent la force vive dynamique emmagasinée parce travail dans le corps. A un point intermédiaire quelconque, l'énergie latente ou potentielle, qui existait seule au départ, se divise maintenant en deux portions : l'une, la force vive, développée par ce commencement de chute, et qui se nomme énergie actuelle ou force vive proprement dite ; l'autre, qui continue à mériter le nom d'énergie potentielle et qui correspond au supplément de force vive dont la suite de la chute sera la source. En résumé : l'énergie totale dévolue à un corps est égale à la somme de ses énergies actuelle et potentielle. Chacune de ces énergies augmente ou diminue quand l'autre diminue ou augmente, mais leur total demeure invariable. Tel est

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