‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 56 sur 118 · PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT MO · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT MO

ront immobiles ; et cependant qui pourrait confondre cette inaction apparente avec l'inaction des mômes lutteurs s'ils étaient seulement appuyés l'un contre l'autre ou assis côlo à côte? Dans le premier cas, ils agissent sans réussir à terrasser leur adversaire, mais ils agissent vraiment, comme en témoignent la chaleur de leurs muscles, la sueur de leur front, la contraction de leurs membres... C'est le cas de tension ou de l'action contenue par une force égale et opposée qui lui fait équilibre. Dans l'autre hypothèse, au contraire, ils n'agissent nullement : mais qui pourrait nier qu'ils aient la force ou la puissance d'agir ou de lutter?

Ajoutons un autre exemple tiré des corps inorganiques. Dans une chaudière à vapeur en ébullilion, avant que la soupape soit soulevée ou que les parois éclatent, il y a mouvement de tension ; dans une pile électrique, avant que les rhéophores aient relié les deux pôles, il y a aussi une tension ; et qui pourrait croire que celte action contenue se serait jamais produite, si l'eau de la chaudière, les éléments de la pile et les diverses causes qui coopèrent n'avaient pas eu la puissance de la produire ?

La puissance et l'acte contenu sont évidemment deux états que l'on ne doit ni assimiler ni confondre.

Les autres philosophes, avons-nous dit, sont arrivés ^xagéà la môme confusion par une voie tout opposée, par la aes'ménégation de toute idée de force, soit immatérielle, soit matérielle, comme nos phénoménistes moderne? ; ou du moins par la négation de toute force physique, de toute activité dans les corps inorganiques (1) : nous ne parlerons ici que de ces derniers,

(1; Par aclivilé des corps inorganiques, nous entendons qu'ils ont vraiment la puissance d'agir, quoiqu'ils ne soient} pas maîtres de

carlistes.

Lear

Disciples de Descartes, partisans delà théorie mécaniste^h'xen moins philosophes que géomètres et physiciens, ils se font un point d'honneur de déclarer la guerre guerre ^^ ^^ qu'ils appellent avec dédain : « des forces abstraienulés ^^^ "' " *^'^^ qualités occultes de la matière », des a entioccuites. t(îg mystérieuses propres à cacher noire ignorance »,et dont certains auteurs « dotent très gratuitement la matière » , Ils ne cessent de répéter qu'il faut à jamais « expulser de la science ces ancienneserreurs m, « pures fictions de l'imagination », ces principes « dont on n'a jamais prouvé l'existence », et « dont la notion est purement subjective... ». S'ils daignent encore se servir à chaque instant dans leurs écrits de ces « locutions consacrées », de ces « termes convenus », c'est uniquement, disent-ils, « parce qu'ils sont utiles pour la rapidité du discours » (1).

Critique. Si CCS auteui's ne parlaient que de réduire le nombre trop considérable des forces qui ont encombré l'ancienne physique, cette tendance serait vraiment scientifique et leur but très louable. Assurément les forces de la nature, sous leur apparence de multiplicité prodigieuse, cachent une réelle et profonde simplicité ; la science a pour mission d'étudier leurs analogies, leurs ressemblances, leurs combinaisons, et d'en simplifier la classification.

Ainsi l'horreur du vide de nos anciens a été ramenée à la pression de l'atmosphère ; en électrodynami-

leurs actions et qu'ils ne puissent interrompre ou modifier à leur gré leur état de mouvement ou de repos [force d'inerlie). « Hoc est, proprium corporis, dit S. Thomas, ut motum moveat et agat. * [Q. disp. De pot., q. Y, a. 8.) « Quod si corpus tantum agi et non ar/ere dicitur, hoc est secundum hoc, quod illud dicitur agere, quod habet dominium super actionem suam... ; per hoc tamen non excluditur, quin (corpora) agant secundum quod agere est aliquam actionem exercere. » S. Thomas, Q.disp. De. veril., q. V, a. 9, ad 4.

(1) P. Secchi, L'Unité des forces physiques, 1666, pp. 14, 63, 155, 344, 359, 462, etc.

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