IV
choc (1) : or, ce rapprocliement et ce choc sont déjà un mouvement local. Ce sera un frottement, par exemple, qui produira la chaleur, la lumière, rélectricilé.
De plus, les nouveaux phénomènes produits par le mouvement ne se propagent de proche en proche dans les molécules voisines que par le mouvement local, c'esl-à-dire par une nouvelle série de contacts et de chocs, ou de vibrations moléculaires.
Enfin, de môme que l'étendue dans l'espace est, pour ainsi dire, le support des diverses figures et qualités des corps, ainsi le mouvement dans l'espace est le support et comme le substralum de tous les changements qu'ils éprouvent (2).
1' «' La force, l'énersrie physique a donc besoin d'un moui!^r"li vement mécanique dans l'espace non seulement pour produire un transport, une locomotion, une figure, mais aussi pour produire tout autre effet d'espèce différente, par exemple, un changement dans la quantité ou dans la qualité.
« In dubium vocari nulle modo potest, quin omnia quai videmus phaînomena per motum localem fiant. » — «Omnesnamque reliqui motus posteriores eo sunt, qui secundum locum est » (3).
Il n'est donc plus étonnant que l'on retrouve le mouvement mécanique au fond de tous les phénomènes vitaux, sensibles, physiques ouchimiques, ni que le mouvement local puisse produire la chaleur, et que la chaleur
(1) M Ad hoc quod fiât alteratio, oportetquod aUerans magis sit propinquum alterato iiunc qiiam prias. » S. Thomas, C. Gent., 1. III, c. 82. « Nulliim corpus agit nisi tangendo et movendo., » la, q. 45, a 5.
(2) « Corpus agere non potest nisi per quantitatem, i. o. agendo immédiate in quantitatem ejus. Atqui propria passio quantitatis est localiter moveri. Accedit quod quaiitas sensibilis sieut//i(/ud non potest in corpus aliquod, nisi per quantitatem : ita in eodem permanere non potest nisi afiiciendo ejus quantitatem ; atqui iteruni propria affeclio et passio quantitatis est localiter moveri. » P. Pesch, Inslituliones phil., p. 44-2.
(3) Arist., Méla.,\. XI, c. 7, § II. — Phys., 1. VIII, c. 7.