PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT
S. Tliomas l'affirme expressément. Point de génération, dit-il, sans altération des qualités, par exemple sans la chaleur ; et point d'altération sans mouvement local (1). Et si nous lui demandons comment le mouvement local peut produire un autre ciïet que le mouvement local, il nous répond sans hésiter que le mouvement est l'instrument nécessaire de toute énergie matérielle, mais qu'il n'est qu'un instrument, et que, sous l'action d'une énergie d'ordre supérieur, il peut produire des elFets supérieurs à sa propre nature. Ainsi le peintre et le sculpteur produisent les chefs-d'œuvre de leur art et expriment l'idéal de la beauté qu'ils ont conçue, par le simple mouvement du ciseau ou du pinceau. Ce n'est pas l'instrument seul qui opère, c'est l'agent supérieur qui agit par l'instrument ; aussi l'effet produit ne ressemble-t-il point à linstrument, mais à l'idée de l'artiste qui le dirige. '< Operatio instru menti est per virlutem agentis principalis » (2) — <( Omne agens physicum medianle instru mento corporeo agit, actio autem, quae per corpus exercetur, motus est ; ideo omnis actio agentis physici in motu est (3). »
Ainsi de ce fait constaté par la science, que le mouvement local se retrouve au fond de tous les phéno- «='"<^^ mènes sensibles, on ne saurait nullement conclure que le changement de lieu soit le seul effet produit par l'énergie corporelle et qu'il n'y ait plus de changement dans la qualité ou la quantité des corps (4). Les nombres
(1) Cf. Aristote, PAys., 1. VIII, c. 7.
(2) Quœst. disp. De pot., q. III, a. 7, ad 3. (VjOpusc. denat. materise, c. I. « Omne quod agit virtute alteriiis,
facil simile ei, in cujus virtute agit, sicut serra facit domum ex virtute doiniis qu.e est in anima ; et calor naturalis gen-rat carneni aninialam ex virtute animœ. » S. Th., De sensu el sensato, I. X.
(\ « Omnes formœ, ut sfepe docet Aristoteles, producnniur non sine aiiquo motu ; sed aiiud est, quod hoc non tiat sine iilo, aliud quod fnec stt illud : e. g. aliud est quod animal non ambulat sine pedibus, aliud est quod deanibulare nihil aliud sit quam liabcre pedes. » Sylv. Maurus, Qiucst. p/iil., 1. II, q. 4.
insiiffi-
gnage
des
savants.
se retrouvent aussi au fond de tous les phénomènes vibratoires; faudra-l-il en conclure, avec les Pythagoriciens, que les nombres sont toute l'essence de ces phénomènes? (1)
Et de ce que certains phénomènes peuvent facilement s'expliquer par un simple mécanisme, on ne peut légitimement déduire qu'il en est de môme de tous les autres phénomènes d'espèces différentes.
Témoi- Aussi, de l'aveu de l'immense majorité des savants "d^ physiologues (2), il est impossible non seulement de ^■"^" prouver, mais de soutenir avec vraisemblance, que tous ces merveilleux changements qui apparaissent dans la naissance, la vie et la mort des animaux, par exemple, les transformations des atomes d'hydrogène ou de carbone en chair vivante, en tissu cellulaire ou nerveux, ne sont que des mouvements vibratoires. Il est impossible de ne pas y reconnaître, en même temps, un principe interne d'évolution, une activité spécifique et directrice des transformations subies par l'être vivant. Il est impossible de ne pas admettre, par exemple, que le pollen qui se développe dans le pistil d'une fleur,
. ■ . . ^u c H ^ \rpla 1 I c. 5, 5 7, 21 et 1. III, c.4, § o2.
E. de Beaumon , ^'^^^^r^^^^^^^^^e ^'^^ Miller que nous tradui- ^VrcTI^Iilenr ni I Ouel.ueï^n: ont cvu que la vie est simple- ' . ^ i mat de riiamon e et pour ainsi dire de l'engrenage des ment le résultat de '"^^ ' ^,^^J1 naturel existe évidemment, maisv roues de la machme -, "' ^"g^;"^J "fj^ le tout, ne
cette harmonie des -^^ -^ ^^ ^e^c'e' d'une force qui pénètre peut pourtant p^s e^^^'^; 7"^ ^j^ end pas des membres parli-
le tout de son action. Cette ^«'^,^ "^^^'''P' ^^^^^gmbres harmoniques culiers, elle est au «^«"^^'^'^^^''^^^rdoutelu mécanisme artiDciel. '^''''l-::'^^:;:^:::^^^^^^^ mécanisme même des
simplement de l'harmonie des o'"^";;- "^^ ^'/'l^^^ a. Menschen.
f. h\ ': %i'T Kirèr ;o urt1aménfe"tlése : « Ce n'est pas Ed. 4, 1. 1, p. 21 ; P. 1 10"^^"; . j^ matière et la meut et l'agite la matière qui vit, une foice ^'^J\''\f'^ ^^ j.-„^.) et la renouvelle sans cesse. » De la vxe et ae lui .)
vitale.