PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT
le grain de blé qui germe après des siècles de sommeil dans les pyramides d'Egypte, ne possèdent vraiment une qualité intime, une aptitude spéciale, une puissance de fécondité fort différente d'un mouvement mécanique quelconque ; et que cette qualité sut generis a été reçue, qu'elle peut se développer,se communiquer ou se perdre, d'après certaiues lois. Il peut donc y avoir développement et changement dans la qualité des corps aussi bien que dans la quantité et le lieu.
Cependant nous ne voudrions nullement combattre, vibrauon dans toutes ses interprétations, l'hypothèse de \d^vibration vitale. La physique et la chimie démontrent que la vie n'est pas un corps spécial, une matière nouvelle ; serait-elle donc un mouvement vibratoire spécial surajouté à la vibration chimique des atomes? La forme des corps organiques tiendrait-elle à un état vibratoire spécial, qui mettrait en œuvre les molécules, chimiques ? Le produit de cette vibration serait, dit-on, le protoplasma. Cet édifice moléculaire, semblable à une gelée plus ou moins liquide, c'est la matière organisée à l'état naissant. L'analyse chimique n'y découvre que des éléments connus : de l'hydrogène, du carbone, de l'azote et de l'oxygène. Et cependant ces quatre éléments combinés dans un laboratoire de toutes es manières possibles ne donneront jamais la cellule organisée, le protoplasma. Les vibrations chimiques étant impuissantes à expliquer la vie, on a donc recours h l'hypothèse des (' vibrations vitales », et d'un « rythme vibratoire » spécial pour chaque espèce d'êtres vivants. Cetleformule vibratoire, si simple dans le protoplasma, -< passant d'espèces en espèces plus parfaites, arrive à de très grandes complications, puisque chacun des détails spéciaux à chaque variété doit avoir pour cause une notation spéciale du mouvement vibratoire. C'est un type mélodique que le compositeur développe et fait
passer en différeats tons, en surchargeant le thème primitif d'ornemenls, de dièzes et de bémols, suivant les règles de l'harmonie (1). »
suppose ^ous laissons aux savants le soin de discuter celte principe t)i''ll'iïile hypothèse ; il nous suffit de faire observer que ""=•' la « vibration vitale » ne saurait exister sans une force motrice, un principe vital, et que les changements et variétés des vibrations vitales supposent précisément, dans l'activité de celte force motrice, des variétés et des changements correspondants d'aptitudes et de qualités. Si la force motrice qui anime le germe restait la même qualitativement , les vibrations seraient toujours semblables, car il y a nécessairement, nous dit S. Thomas, proportion entre la qualité de rôlre et son opération, et la variété des opérations suppose toujours la variété des puissances ; « Distinctio autem rerum praecedit naturaliler motus et operationes rerum: determinali enim motus et operationes sunt rerum determinatarum et distinctarum (2). »
La théorie de la « vibration vitale », loin de combattre, confirme donc plutôt notre thèse : il peut y avoir certains changements dans la g^*aZ^M aussi bien que dans la quantité et le lieu des corps, compièie Enfin, nous ajouterons, pour la même raison, que non «ance du seulement dans le règne animal et végétal, mais encore
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ment daus Ic règuc minéral, dans l'ordre purement physique, le mouvement local est insuffisant pour expliquer tous les phénomènes, par exemple, la transformation du mouvement en chaleur, de la chaleur en électricité, de l'électricité en diverses propriétés chimiques. Si l'énergie motrice qui produit ces divers mouvements ne se modifiait pas, les mouvements resteraient les mêmes, Ces transformations de mouvement supposent donc
(1) Comte Begouen, Annales de phil., avril 1885. p. û5. f2) Conlra gent., 1. III, c. 39.