PREMIÈRE PARTIE : LE MOUVEMENT
par une analyse de plus en plus précise et complète ; mais avant d'y avoir atteint, — si tant est qu'il le puisse jamais en cette vie, — il s'y attache quand même, comme au roc inébranlable du réel et du donné. Sans doute, si Descartes était arrivé par voie expéri- Méthode
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mentale à expliquer, par de simples groupements d'ato- p^j^g^tes mes et par des mouvements locaux, les phénomènes physiques et chimiques, les phénomènes sensibles et surtout les phénomènes vitaux, qui sont en apparence les plus éloijj,nés du mouvement brut, il aurait eu le droit de supprimer les deux autres espèces de mouvement, et nous n'aurions plus qu'à nous incliner devant l'évidence de ses démonstrations. Mais, nous ne saurions trop le redire, ce n'est pas ainsi qu'il a procédé.
Descartes n'a nullement demandé à l'observation extérieure le secret de la nature du mouvement ; son génie mathématique l'a conçu tout d'une pièce, a priori, par la méthode des « idées claires ». Qu'on nous permette d'en apporter ici les preuves, et d'insister un peu plus sur un fait si important. « J'ai premièrement, nous ditil lui-même, considéré en général toutes les notions claires et distinctes qui peuvent être en notre entendement touchant les choses matérielles, et n'en ayant point trouvé d'autres, sinon celles que nous avons des figures, des grandeurs et des mouvements, et des règles suivant lesquelles ces trois choses peuvent être diversifiées l'une par l'autre, lesquelles règles sont les principes de la géométrie et de la mécanique, j'ai jugé qu'il fallait nécessairement que toute la connaissance que les hommes peuvent avoir de la nature fût tirée de cela seul, parce que toutes les autres notions que nous avons des choses sensibles étant obscures ou confuses ne peuvent «ervir à nous donner connaissance d'autres choses hors de nous, mais plutôt la peuvent empêcher (1). »
(1) Descartes, Princip., l. IV, art. 203 ; 1. III, 518.