‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 69 sur 118 · ACTE ET PUISSANCE · texte numérisé non relu

ACTE ET PUISSANCE

Ainsi cette double affirmation que tout est étendue et mouvement mécanique, et qu'il n'existe rien autre cliose dans la nature, sort directement de la méthode à priori de Descartes. Puisqu'il ne trouve en son esprit que ces deux « idées claires », il faut bien s'en contenter et essayer de reconstruire l'univers sans autres matériaux.

Elle C'est d'abord au monde des phénomènes sensibles

us"faiu qu'il applique son nouveau procédé de simplification, expliquer. '< Quant aux autres choses, nous dit-il, comme la lumière, les couleurs, les sons, les odeurs, les saveurs, la chaleur, le froid et les autres qualités qui tombent sous l'attouchement, elles se rencontrent dans ma pensée avec tant d'obscurité et de confusion que j'ignore si elles sont vraies ou fausses (1). » En conséquence, il n'hésite pas à les traiter comme fausses et illusoires. Il n'y aura dans les phénomènes sensibles qu'étendue et changements de figures. Tout le reste sera reporté à la Psychologie, au chapitre déjà si encombré des illusions de l'esprit, au risque d'obscurcir singulièrement les « idées claires » de cette science ...

Mais, du moins, les phénomènes vitaux trouverontils grâce devant lui ? Loin de là. Au lieu d'être plus clairs que les phénomènes sensibles, ne sont-ils pas encore plus obscurs ? Donc, ils vont subir le même sort: ils sont semblables, nous dit-il, aux autres phénomènes mécaniques; quoiqu'ils soient plus complexes, ils font partie de la machine universelle. Le corps vivant est donc une machine u où toutes les fonctions résultent de la seule disposition des organes, ni plus, ni moins que les mouvements d'une horloge ou autre automate de celle de ses contrepoids ou ressorts (2} ». — « Le corps vivant, nous dit-il ailleurs, possède un principe

(1) Troisième ilédit., I, '277.

(2) De l'homme, IV, 428.

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