En quatrième lieu, la même théorie nous explique
ii?i'te''ei à I^ fois \' objectivité et la relativité partielle de nos patuèiie^ connaissances sensibles.
Et d'abord la relativité partielle La sensation étant un mouvement du moteur sur le mobile, en doit subir la loi fondamentale qui est la loi de la proportionnalité. Il faut une certaine proportion et harmonie entre la puissance qui agit et la puissance qui pàtit, pour une perception normale.
Ainsi le patient ne recevra l'action de l'agent que dans la mesure de son aptitude et de sa capacité, qui
(l)Cf. supra, p. 216-218.
peut varier avec les âges, les tempéraments, les dispositions actuelles, et môme avec les espèces :par exemple, le oliien a beaucoup plus de tlair que l homme.
S'il y a disproportion entre le moteur et le mobile, Loi de l'impression produite pourra être trop forte, trop laible, proporpeut-ètre nulle. Par exemple, une eau tiède ne produira aucune chaleur sur la main d'un fiévreux, et sera jugée froide relativement; une lumière trop faible nous paraîtra obscure, une lumière trop éclatante nous empêchera de voir ; un rayon coloré d'une intensité trop faible ou trop forte nous pyiaitia incolore, etc. Voilà pourquoi Aristote nous enseigne que le grand et le petit, le fort et \q faible sont toujours relatifs et jugés par comparaison.
Mais, si l'action de l'agent est proportionnée au sens, de manière à ne provoquer on lui aucun désordre, et à n'exciter aucune réaction anormale, la véracité de la perception va ressortir avec une merveilleuse clarté du principe que nous avons [)rouvé plus haut: Vaction de l'agent ne change pas de nature parce quelle est reçuf dans le patient, selon sa mesure. Ainsi l'eau de la mer, nous a dit S. Thomas, ne change pas de nature pour être reçue dans une amphore et en prendre les contours. L'action étrangère sera donc saisie par la conscience du patient telle <|u'elle est, « sensus semper appreliendit rem ut est » (1).
Ne serait-elle saisie que d'une manière très fragmen- Triage