‹ Études philosophiques (volume 4)Chapitre 17 sur 84 · PREMIÈRE PARTIE. — LE CKRVEAU ET l'aME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LE CKRVEAU ET l'aME

jel dans le canal vertébral et en sortent successivement pour se rendre dans les divers organes de la partie postérieure et inférieure du corps. De même, sur tout son parcours, la moelle a donné naissance à une multitude d'autres ramifications nerveuses qui se sont distribuées dans tous les autres membres. Douze paires de nerfs [crâniens] sortent du cerveau ou de la moelle allongée, et trente-une paires [rachidiens) de la moelle épinière.

Ces filets périphériques ou nerfs, qui forment avec us les masses nerveuses centrales de l'axe cen-bro-spi- seSsIwcs nal les deux parties fondamentales du système ner- moteurs veux, sont d'une extrême importance.

X Les nerfs rachidiens partent tous de la moelle. Ils y naissent par paires, en face l'un de l'autre, et proviennent chacun de deux racines, Tune antérieure, l'autre postérieure, qui plongent jusqu'à la substance grise du centre médullaire (Voy. Planche anat.,f\g. V, VIII). Les racines postérieures sont caractérisées par la présence d'un petit ganglion nerveux et sont composées de nerfs sensibles ; les racines antérieures ne paraissent appartenir qu'à des nerfs moteurs. L'excitation des premières produit la douleur, l'excitation des secondes occasionne des mouvements dans le membre correspondant. La section des premières produit l'insensibilité, la section des secondes occasionne la paralysie de ce membre.

Les nerfs moteurs vont aboutir dans les muscles dont ils commandent et dirigent les contractions.

Les nerfs sensibles aboutissent aux organes péri-' phériques des cinq sens externes dont ils constituent la partie sensible et fondamentale. Ainsi les nerfs optiques vont s'épanouir sur le corps vitré du globe ocu-

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laire pour y former les cônes et les bâtonnets de la rétine; les nerls acoustiques se terminent dans l'oreille probablement par les fibres de Coiti ; les nerfs tacliles par de petites masses cylindri(iues à la pulpe des doigts, etc., etc. (1).

Cette distinction des nerfs sensibles et moteurs joue un grand rôle dans les tbéories pbysiologiques, et même en pathologie où Ton observe si souvent la perte du mouvement avec la persistance de la sensibilité, ou réciproquement.

Elle suppose que l'excitation sensible des organes périphériques suit une marche centripète vers les cellules de la moelle, et y provoque en retour le départ d'un courant moteur centrifuge qui fait contracter les muscles. (Voy. Planche anat., ïig. Vil.) La cellule centrale serait donc à la fois le i)oint d'arrivée de la sensation et le point de départ du mouvement (2). Cette conception très ingénieuse est universellement admise. Nous nous bornerons à citer quelques faits qui vont la mettre en lumière et nous en faire saisir la ^ haute portée.

Acie Tranchez la tète à une grenouille, ou bien, pour rendre l'expérience encore plus précise, opérez une section transversale complète de la moelle épinière, de manière à séparer totalement les membres postérieurs de toute influence du cerveau et même des parties antérieures de la moelle. Si vous pincez ensuite le pied de l'animal, vous le verrez retirer vivement le membre blessé et agiter toute la partie postérieure de son corps.

(1) Toute la physiologie de ces terminaisons nerveuses est encore dans l'enfance ; mais on y découvre de plus en plus des éléments cellulaires capables d'élaborer la sensation.

(2) Plusieurs [(hysiologistes supposent deux cellules centrales reliées entre elles. La première recueillerait l'impression sensible, la seconde élaborerait l'ordre moteur. Mais cette distinction des centres psycho-sensibles et psycho-moteurs n'est pas encore vérifiée.

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