‹ Études philosophiques (volume 4)Chapitre 38 sur 84 · PREMIÈRE PARTIE. — LE CERVEAU ET l'AMB · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LE CERVEAU ET l'AMB

D'après les matérialistes, ce phénomène traverse deux phases successives : une « phase réceptive » et une « phase restitutive >. Dans la première, l'individu reçoit le choc de la pierre ; dans la seconde, il restitue à la pierre le mouvement qu'il en a reçu.

La première phase se décompose en trois périodes : 1° mouvement de masse de la pierre lancée en l'air et qui frappe ; 2° mouvement moléculaire du nerf afférent à la partie blessée ; 3° mouvement moléculaire du centre nerveux cérébral qui sent la douleur. Tel est le côté réceptif de l'acte.

Vient ensuite le côté « efférent ou restitutif > que l'on peut subdiviser en cinq parties :

1° Mouvement moléculaire du centre moteur cérébral qui réagit ; 2" mouvement moléculaire du nerf moteur ; 3" mouvement interne du muscle correspondant ; 4" mouvement du bras qui relance la pierre ; 5° enfin mouvement de la pierre elle-même qui est relancée.

Accordons à nos adversaires l'exactitude de toutes ces données, et voyons comment ils vont nous prouver que tout est purement mécanique dans la série de ces phénomènes.

D'abord, nous disent-ils, il est évident que chacune des deux séries est uniquement composée de mouvements purement mécaniques et passifs (?) qui s'éveillent tour à tour, se produisent les uns les autres, en se transformant les uns dans les autres ; « par conséquent dans chaque série il n'y a point de place pour l'hypothèse d'une force spirituelle » (??). Reste un point difficile : « il s'agit de relier ces deux séries entre elles, sans quoi Pacte n'aurait pas lieu. Gomment l'excitation du centre nerveux sensitif passe-t-elle au centre moteur qui réagit. C'est bien ici qu'a lieu la partie vraiment psychique de l'acte ; c'est ici que sur-

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git hi 2}ensée et la volonté de l'accomplir en se vengeant ; celte volonté devrait jnstement êlie l'œuvre de la force immatérielle... Or dans le tissu nerveux il n'y a point d'interruption : depuis l'entrée de l'iuipression externe, juscju'à la sortie de la réaction, la série men aie n'est jamais et nulle part disjointe de la série physique corrélative... Mais si les phénomènes psychiques (qui semblent relier les deux séries de mouvements) n'étaient pas euxnièmes des mouvements moléculaires, que deviendrait le mouvement qui arrive aux centres sensitifs ? (serait-il détruit ?) Et d'où proviendrait le mouvement qui part du centre moteur ? Userait incompatil)le avec toutes nos connaissances positives d'admettre que la série physique (des mouvements) puisse, à un moment donné, cesser dans un vide physi([ue (!) occupé par une substance immatérielle, qu'elle mettrait en activité d'une façon mystérieuse ; qui à son tour accomplirait un travail encore plus mystérieux, et en communiquerait d'une manière inconcevable le dernier résultat àl'antre extrémité de la chaîne physique interrompue, pour y reproduire le mouvement suspendu ; la loi de la conservation de l'énergie nous force de reconnaître que le mouvement centripète ne peut disparaître et ne peut cesser qu'en donnant lieu à un autre mouvement, de même que le mouvement centrifuge ne peut apparaître et ne peut avoir lieu que comme produit d'un autre mouvement (1). »

Donc, la série mentale, la pensée qui relie les deux séries physiques ne saurait être elle-même qu'un mouvement : telle est la conclusion matérialiste, r.riiiquc Cette argumentation donnerait lieu à de nombreui/lhèâ'. ses observations de détail. Nous ne saurions admettre, par exemple, que la série réceptive qui aboutit à

(1) Herzen, Le cerveau et l'activité cérébrale, 08.

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