‹ Études philosophiques (volume 4)Chapitre 48 sur 84 · PREMIÈRE PARTIE. — LE CERVEAU ET L'aME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LE CERVEAU ET L'aME

humiliée (l'une condition si inférieure, irascible et désespérée.

Le second groupe de fnits, relatifs à ramnésie décrite chez la malade à son état premier, inspire à notre adversaire une seconde objection.

« 2° Le moi premier, nous fait-il observer, ne sait nni lème rien des faits et gestes du moi second ; le moi second connaît tout ce qu'a fait le moi premier. Cependant on ne peut pas dire que le moi premier a inscrit ses actes dans les cellules cérébrales ; et que le moi second, en entrant en possession du logement (??), lit les inscriptions laissées par son prédécesseur ; car si les actes sont inscrits dans les cellules grises, on n'a pas besoin de l'hypothèse d'une substance spirituelle une et simple pour expliquer les faits mentaux : ce serait la répudiation de la doctrine spiritualiste. Il s'ensuit que la connaissance que le moi second a des actes du moi premier est inexplicable et incompréhensible ».

Réponse : S'il y a deux moi-sujets, deux moi étrangers Tun à l'autre, il est clair que la connaissance du premier par le second est inexplicable et incompréhensible ; et c'est précisément ce qui nous oblige à n'admettre qu'un seul moi, un et indivisible, et non pas plusieurs moi ou plusieurs fragments de moi. comme le suppose M. Ferrière. Si le moi-sujet n'est qu'une résultante et qu'il y ait deux résultantes qui se succèdent en Félida, comment la seconde résultante connaîtra-t-elle la première ? Voilà qui est incompréhensible.

Quanta la nécessité pour la mémoire sensible d'inscriptions gravées dans les cellules cérébrales, nous verrons plus loin qu^elle est une des bases de la doctrine spiritualiste, bien loin d'en être la répudiation, comme l'imagine M. Ferrière.

Enfin le troisième groupe de faits observés, à sa-

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voir la iJt'isistance, dans les aeux étals, de certains souvenirs, et de l'identité personiudle, suggère à notre contradicteur une troisième objection.

Trohième « 8° Le moi naturel de Félida, nous dit-il, a pendant

didiiulié. . . . '

les ({uinze premières années appris à lire, à écrire, à calculer, à coudiv ; ces connaissances lui appartiennent en propre. Gomment, expulsé de Félida, peut-il laisser au moi hystérique certaines connaissances qui sont exclusivement les siennes, puisque c'est lui qui les a acquises et non le moi hystérique, lequel n'existait pas encore » ?

Réponse: Encore une nouvelle preuve (|u'il n'y a pas en Félida deux moi-sujets, étrangers l'un à l'autre, mais un seul et unique moi. Notre adversaire, pour triompher, nous impute donc sa propre doctrine. 11 y ajoute sérieusement la plaisanterie suivante qui est le trait final.

« Lorsque le moi naturel rentre dans Félida — nous citons textuellement — il est pris d'un tel désespoir d'avoir expulsé le moi hystérique qu'il pousse Félida au suicide. Alors pourquoi rentrer dans Félida et en chasser le moi hystérique ? Cela est incompréhensible delà part d'une substance spirituelle, une et simple, dont l'intelligence participe à l'intelligence divine. »

Cette argumentation triomphante n'a plus besoin le réplique. Elle donnera au lecteur la mesure de la valeur philosophique de certains hommes de science dont la renommée ou le bruit pourrait en imposera ceux qui ne les ont jamais vus que de loin, con- En résumé, le cas de Félida n'est nullement un vrai

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dédoublement de la conscience. Le D' Azam lui-même l'avoue d'une manière formelle. Voici son témoignage : « Si, en quelque état qu'elle soit, on demande à Félida ce qu'elle pense d'elle-même, elle ne croit et na cru à aucun moment de sa vie être une autre persou-

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