PREMIRRE PARTIE. — LE CERVEAU ET L>ME
celle de deux horloges qui marchent d'accord, grâce à une harmonie préétahlie ; non, c'est la fusion dans un même acte, dans une seule substance, de deux coprincipes substantiels se complétant mutuellement. L'élément supérieur donne sa forme à l'autre ; la force pétrit la matière, l'âme façonne Porgane qui lui est indispensable pour l'exercice de ses facultés inférieures (végétatives et sensibles). Mais, en élevant la matière, l'élément le plus noble n'abdique pas, il n'éprouve ni diminution ni déchéance, et s'il a des facultés matérielles, inséparables des organes, il a aussi des facultés raisonnables et spirituelles, par lesquelles il dépasse la matière et la domine.
Les arguments du matérialisme (suite).
3° LA FOLIE ET l'aLCOOLIS.ME .
prineipM Puisquo les opérations immatérielles de notre raisoiufion. son sont intimement associées — au moins dans la vie présente — aux opérations sensibles, telles que l'imagination ; et que, d'autre part, les opérations sensibles, sont corporelles ou organiques, il n'est pas étonnant de voir l'état matériel de ces organes, soumis àtoutes les conditions biologiques que nous avons étudiées, exercer une influence directe sur les opérations sensibles, et indirecte sur les opérations intellectuelles. La santé ou la maladie du corps doivent donc favoriser ou paralyser les sens, et avoir leur contrecoup jusque sur la raison.
Ces phénomènes qui nous paraissent tout naturels, ou du moins très conformes à la théorie spiritualiste de l'École, ont le privilège de provoquer l'étonnement et le scandale des matérialistes. < Une âme spirituelle qu'une tasse de café stimule, qu'une constipation opiniâtre peuthalluciner, qu'un peu d'alcool jette dans le délire et la folie ; une âme spirituelle qui a besoin d'un purgatif, d'une saignée ou d'une douche pour reprendre conscience d'elle-même ! Comprenez-vous cela?> — Ce n'est parmi nos adversaires qu'un concert de plaisanteries et d'invectives, où l'esprit remplace trop souvent le calme et la raison.
Examinons de plus près ces formidables objections, et nous verrons, sans trop de peine, qu'elles sont vraiment comparables à ces panoplies de guerriers tout