‹ Études philosophiques (volume 4)Chapitre 56 sur 84 · PHEMIÈHE PARTIE. — LE CERVEAU ET LAME 1(J · texte numérisé non relu

PHEMIÈHE PARTIE. — LE CERVEAU ET LAME 1(J

l'orgueil, la haine, les plus mauvaises passions du cœur humain, délivrées du joug salutaire de la raison, se révoltent, font explosion, et par des impulsions violentes provoquent le malheureux aliéné à des tentatives de meurtre, d'incendie, de suicide ; c'est le cas de la folie dite < impulsive».

Eh bien ! quelle est Texplication de ces étranges et Expiilamentables phénomènes, proposée par le matéria- o.i;,...ilisme?

Rien de plus simple, d'après eux. Ces désordres se rattachent à trois mécanismes principaux.

1° Un afflux anormal de sang dans le cerveau ou hypérémie {vmp en excès, «If*a sang) ;

2° Un arrêt de sang ou ischémie (?»;{£« arrêter, «!/*« sang) ;

3° Une hypérémie et une ischémie simultanées, affectant, celle-ci une partie de l'encéphale, celle-là une autre partie.

Les arrêts de sang ou ischémies sont dus :

1" Soit à des caillots de sang qui voyagent : on les appelle embolies',

2" Soit à des caillots qui adhèrent aux parois des vaisseaux : on les appelle thromboses ;

3° Soit à des granulations graisseuses qui se déposent sur les parois des vaisseaux.

L'ischémie ou l'hypérémie donnent naissance à des hémorragies ou à des exsudais séreux, lesquels produisent des lésions, des altérations de la substance cérébrale et des méninges qui l'enveloppent.

En résumé, la folie ne serait autre chose qu'un trouble de la circulation du sang dans les organes céré-, braux, suivi ou précédé de quelque lésion organique.

Cette explication matérialiste renferme assurément une part de vérité que nous nous garderons bien de nier.

Toute lésion des organes du cerveau, toute altéra ration dans la circulation nutritive du sang, trouble ou dt'truit les fonctions de sensibilité et de motricité inhérentes à ces organes ; toute médication qui rétablit cette circulation vitale et cette santé de l'organe, rétablit en même temps l'exercice des mêmes fonctions (1).

Son Mais que cette hvpotîièse est incomplète etinsuffi- »ance. sautc pour cxpHquer la folie tout entière ! Et d'abord toutes les folies sont-elles nécessairement accompagnées de lésions organiques ? Sont-elles toujours proportionnées à la gravité de ces liions ? Tel n'est pas l'avis des plus habiles anatomistes. Et c'est ici leur expérience qu'il nous faut consulter, bien plus que nos théoriciens apynori.

« On peut poser en principe, nous assure M. Jules Falret, que les lésions les plus légères des membranes ou de la surface du cerveau sont accompagnées des troubles les plus marqués des fonctions intellectuelles, motrices et sensitives, tandis que les lésions les plus considérables peuvent exister, pendant de longues années, dans l'encéphale, sans déterminer de perturbation notable des fonctions cérébrales, quelquefois même sans donner lieu à aucun symptôme appréciable... Gomment comprendre en outre l'intermittence fréquente des symptômes coïncidant avec la constance des lésions (2) ? >

(1) L'influence du sang sur la sensibilité est très nettement indiquée par Aristote. — « Aucune partie dépourvue de sang n'est sensible ». [De partibus, 1. III, e. 4, § 10). — « La nature particulière du sang cause de nombreuses modifications dans le caractèie des animaux et dans leur sensibilité. Cela se conçoit sans peine, puisque le sang est la matière du corps tout entier ; car la nourriture est la matière du corps, et le sang en est la nouriiture définitive. 11 est donc tout simple que le sang produise de notables di '.érences, selon qu'il est chaud ou froid, léger ou épais, bourbeux ou pur ». — (De partibus, 1. II, c. 4, §§ 2, 3, (i.)

(2) J. Falret, Séméiologie des affections cérébrales {A.vc\nv es de médecine, octobre 18bU}.

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