‹ Etudes philosophiques (volume 2)Chapitre 3 sur 24 · AVERTISSEMENT. VIJ · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VIJ

Tannée 1867, mais elles revêtent un caractère de plus en plus philosophique. En 1868 et 1869, Durand Desormeaux, substitut à Bar-sur-Seine, puis à Arcissur-Aube, concentre toute son attention, d'une part sur les problèmes métaphysiques et les phénomènes de conscience dans leur rapport avec les phénomènes physiologiques, d'autre part sur la philosophie de l'histoire et la science sociale. Il conçoit l'unité de la science et de l'action, la psychologie et la sociologie lui apparaissent comme les sciences sur lesquelles reposent la morale et la politique, de même que l'industrie repose sur les sciences de la nature. De 1870 à 1877, il a trouvé sa voie, il y marche avec résolution. En 1877, la période de préparation est terminée; sa pensée est arrêtée quant aux grandes lignes; il se sent en mesure de traiter avec suite et dans un ordre systématique les principales questions de la logique, de la morale et de la politique ; c'est à ce travail qu'il consacre cette année et la suivante. Il n'écrit pas encore des traités sur chaque matière ; ses études sont fragmentaires ; elles constituent seulement des matériaux à utiliser pour des œuvres à venir ; mais elles se rattachent à un plan déterminé, elles sont inspirées par une doctrine cohérente; elles offrent les éléments épars d'un tout dont l'auteur a déjà tracé lui-même les principales divisions. Encore quelques mois, disait-il à la fin de 1878, et je pourrai essayer de rédiger tel ou tel chapitre, et tenter peut-être une publication.

C'était donc cette dernière partie des manuscrits,

VIII F. DUKAND DESOKMEAUX.

correspondant aux années 1877 et 1878, qu'on pouvait seule songer de donner au public, en y joignant peutêtre — et c'est ce qui a été fait — quelques fragments intéressants des années antérieures. Restait à savoir premièrement si, en publiant ces notes, nous n'irions pas contre la pensée présumée de leur auteur, secondement si nous devions les présenter aux lecteurs dans l'ordre où elles ont été composées.

Durand Desormeaux savait que ses études étaient encore assez loin du point d'achèvement où une œuvre destinée à la publicité doit être portée, et quels efforts il eût du faire pour les y amener. Il était artiste, très ouvrier en fait de style, et s'il avait renoncé à la manière un peu oratoire, tiès imagée de ses débuts, c'était de propos très délibéré, à la fois par préférence esthétique et par scrupule scientifique et moral. La suite des idées, la belle ordonnance des preuves, la clarté et la sobriété de l'expression restaient à ses yeux des qualités de forme presque aussi importantes que le fond même et dont il connaissait le prix. Mais personne ne pouvant le suppléer dans ce travail de dernière main, nous devions seulement nous demander si lui-même aimerait mieux voir ses études préparatoires présentées au public avec toutes les excuses que comportent les circonstances douloureuses où elles voient le jour, que se résigner à leur abandon. A la question posée en ces termes, la réponse ne nous paraissait pas un instant douteuse ; et notre conviction était celle des rares personnes à qui Durand Desormeaux a laissé entrevoir ses plus intimes pensées. Il nous a consulté nous-même sur

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