DB L'EUCHARISTIE
ser ce mot, inspiré à une grande amitié par une grande infortune :
Tant d'exemples fameux que Thistoire en raconte Ne sufQsaient-ils pas, sans la perte d*OroDte ' ?
Hais Dieu (dirai-je dans sa justice ou dans sa miséri* corde ? ) voulait vous réserver à cet âge comme une preuve vivante de son imprescriptible vérité, et, par cette chute formidable , en raffermir, en relever plusieurs. Puissiez-vous la reconnaître vous-même cette vérité , après l'avoir si éloquemment publiée , si fatalement prouvée , et, seul, ne rester pas toigours insensible à vos propres leçons , à vos propres malheurs! Vaisseau chassé d'écueil en écueil par la tempête , puissions-nous vous revoir enfin surgir au port ! et, par la gloire et la joie de votre retour, puissiez-vous surpasser la douleur et la confusion de votre égarement^
Portons nos regards sur un témoignage plus consolant.
L'auteur des Lettres d'Atticus, dont nous avons déjà cité plusieurs extraits, Fitz-William , quoique né dans le Protestantisme, avait saisi, par la seule force de son remarquable esprit, la vérité catholique. Il a consigné Texpression de sa pensée à ce sujet dans des pages dont le petit nombre se rachète par une grande hauteur de vues. Recherchant à la fin de cet écrit quel est le meilleur système de gouvernement, il en vient à parler ainsi des sacrements de la Pénitence et de V Eucharistie ' :
« Toutes les nations ont leur Religion et leurs lois ; leur « Religion pour inculquer la vertu et la morale , et leurs
* La Fontaine, Élégie sur la disgrâce de Fouquet,
* Nous regrettons de ne pouvoir donner ici que des extraits d'un écrit aussi plein et aussi substantiel ; il demande À Mre lu dans son entier : Montesquieu ne Tanrait pas désaroué.
of lois pour punir les crimes. En cela les catholiques roa mains et tous les autres ont le même but. Mais, dans la « seule Religion catholique, il existe des lois d'une autorité a bien plus impérieuse, et sur lesquelles, par aucmi art, « par aucun sophisme , on ne peut se faire îQusion ; des CI lois calculées non^eulement pour inspirer Vamour de la c vertu et de la morale, mais encore pour obliger à les a suivre ; des lois qui ne se bornent pas à punir les crimes, a maia encore qui les préviennent. Ces lois consistent dans K Tobligation qu'elles imposent à tous les catholiques de (( communier au moins une fois par an^ dans leur vénéo ration pour ce sacrement , et dans Findispensable et ric goureuse préparation pour le recevoir; ou, en d'autres c termes, dans leur croyance à la présence réelle ; dans la « confession , la pénitence , l'absolution et la communion, et On peut dire que dans les États catholiques toute l'éco- « nomie de l'ordre social roule sur ce pivot , et que c'est à « lui qu'ils doivent leur solidité, leur durée, leur sécurité a et leur bonheur... Les préceptes que cette Religion im- « pose à ses enfants, et les défenses qu'elle leur fait, sont a si peu connus des sectaires qui la combattent, qu'à peine « en ont-ils une légère idée. Les uns par ignorance en déa tournent leurs regards, les autres par prévention les trai- « tent avec dérision. » ( L'auteur expose ici la rigueur de la doctrine catholique. ) « Telle est , continue-t-il, telle a a toujours été, depuis dix-huit siècles, la doctrine fondac( mentale et immuable de l'Église cathoUque. Et si Ton ose a dire que ses enfants sont méchants et pervers , malgré « les liens dont elle enchaîne et les devoirs qu'elle impose, « que dirons-nous des hommes libres de ces salutaires ence traves? Les habitants de la plus heureuse et de la plus « florissante monarchie qui ait jamais brillé sur la terre,
DE l'eucharistie. klîi
a s*eû sont tout à coup délivrés. Quelle en a été la conséa quence ? Ces malheureux insensés , n'ayant plus de frein 0 pour les retenir, ont tout osé ; et leurs crimes y comme a une mer qui déborde, rompant les digues que Dieu seul « pourra rétablir, ont bouleyersé l'Europe et inondé le « monde...
a Pour prononcer sur toutes les questions d'une impora tance générale, il est nécessaire et juste de prendre pour « base leurs eiTets généraux. C'est ce que j'ai fait. Hais telle a est, hélas ! la fragilité humame, que tous les catholiques, c€ j'en conviens, ne profitent pas des avantages qui leur a sontoiTerts. Si personne nes'enécartaitjamais, laquestion a ne serait pas. Quel est le meilleur des gouvernements? « mais plutôt : Dans un tel gouvernement, quel besoin y 0 a-t-il d'autres lois? Peut-être que toutes les lois hu- « maines y seraient superflues, aussi inutiles qu'elles sont « impuissantes partout où la Religion catholique ne leur c sert pas de fondement...
« Tout ce que je viens de dire en favexu* des gouveme- « ments catholiques , doit être envisagé sous un point de € vue politique. Cependant je ne puis m' empêcher de me a demander à moi-même si une Religion qui contribue M- « demment au bonheur des hommes d'une manière si solide a et si admirable, n'est pas une Religion divine dans tout « ce qu'elle commande.