‹ Études philosophiques sur le christianisme (volume 2)Chapitre 7 sur 37 · DU BARREAU DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

DU BARREAU DE BORDEAUX

Si cet ouvrage ne peut vous trouver indifférents sur le fond de son objet , j'ose dire que , par sa forme et son genre d'exécution , il a droit de vous intéresser encore. Je me suis efforcé, en effet, d'y employer et d'y faire valoir tout ce que je peux avoir puisé , dans le sein de votre Ordre , de traditions et d'exemples dans le grand art de discuter et de convaincre ; et j'ai voulu transporter à la preuve et à la^ défense de- la Religion cette méthode qui vous sert si heureusement tous les jours à la défense des intérêts de la terre.

Que j'aurais atteint grandement mon but, messieurs, si j'avais pu faire passer en moi tous ces grands modèles de raison et d'éloquence que vous ont laissés vos devanciers, sans parler de ceux qui brillent encore dans votre sein : cette netteté d'exposition qui frappe dès le seuil du discours , comme un flambeau qui en illumine toute l'étendue; cette distribution et cet enchaînement des preuves, qui ne laissent aucun point par où l'ennemi ne soit enveloppé, aucune issue par où il puisse fuir; cette science, à la fois abondante et contenue, qui alimente toute l'argumentation, et fait encore sentir ses réserves après même qu'elle y a sufiBsamment pourvu; ce style, enfin, passionné par la raison et le dévouement, ce langage si attique dans ses formes et si élevé dans son inspiration , que dans les grandes causes il devient en quelque sorte sacré , et semble imprimer aux intérêts passagers de ce monde quelque chose d'éternel ! Qualités éminentes qui , transportées souvent sur un plus grand théâtre , se sont trouvées naturellement au niveau des plus grands intérêts de la patrie et de la société , et ont fait le barreau de la Gironde si grand, que , pour retracer aujourd'hui son histoire , il faudrait entrer de toute part dans l'histoire de la France même depuis cinquante ans ; car, depuis cinquante ans inépuisable , ce barreau n'a cessé de fournir à la science des jurisconsultes profonds et éloquents; à la magistrature , des oracles célèbres ; à la couronne , des ministres fameux ; à la tribune comme à la barre nationales , des athlètes immortels ; et , ce qu'il y a de bien plus rare, messieurs, à toutes les nobles convictions, de généreux martyrs ! . . .

ne pouvoir abandonner sans crime. » — « Est enim mihi tecum pro aris et « focis certamen et pro deorum templis atque delubris proque urbis miirrs, « quos vos , pontifices , sanctos esse dicitis , diligentiusque urbem religione « quam ipsis raœnibus cingitis. Quœ deseri a me dum quidera spirare potero, « nefas judico. » ( Cicero, de Natur. Deor., in fine. )

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