‹ Études philosophiques sur le Christianisme (volume 3)Chapitre 25 sur 49 · TOUT TON COEUR · texte numérisé non relu

TOUT TON COEUR

Vin. Le moyen à l'fiiide duquel s'exerce cet hommage et où doit se rapporter toute la Religion , c'est la prière.

A cet effet , il f^ut se faire une retraite et comme un sanctuaire au fond de la conscience , où nous ramenions sans cesse nos pensées en présence de la

' Georges Saod , Lelia.

Divinité , jusqu'à rendre cette présence assez sensible par rhabitude pour ne jamais la perdre entièrement de vue au milieu des soins et des embarras extérieurs de la vie, et la retrouver aisément à certains moments de recueillement intérieur, régulièrement donnés à Fexamen et à la réforme de notre âme. — Là nous rapporterons la fin de toutes nos actions, nous immolerons nos mauvais désirs, nous offrirons nos contrariétés et nos souffrances, nous puiserons la force et le conseil pour l'observance de plus en plus parfaite de la loi de justice et de vérité. La pensée par qui nous entretiendrons ce culte ne pouvant se concevoir sans la parole au moins intérieure , nous nous assujettirons à converser avec Dieu par la prière , qui n'est que l'expansion de l'âme avec toutes ses faiblesses , ses misères , et ses besoins, en présence de l'absolue perfection de son auteur, non pas pour que Dieu connaisse luimême ces misères et ces besoins, mais pour que nous les sentions et les connaissions nous-mêmes en les exprimant, et que nous nous pénétrions des perfections divines en les contemplant. A l'aide de ce moyen constamment pratiqué , il finira par s'éta blir une relation intime et suivie entre Dieu et nous , un céleste hymen entre notre âme et lui ; et l'expérience nous apprendra bientôt que cet hymen n'est pas stérile et que Dieu ne sera pas le dernier à y verser ses dons *.

» « Chaque jour il faut le prier, attacher sa pensée sur cette » lumière qui épure y sur ce feu qui consume nos corruptions,

loi

IX. Un moyen, du reste, bien propre à fortifier nos rapports avec Dieu, et qui forme le second article de la loi naturelle, c'est Tamour de nos semblables.

De même que nous sommes l'objet de l'amour infini de Dieu, faits à son image, appelés à le posséder, de même nous devons voir, dans chacun de nos semblables , l'objet de ce même amour, un enfant de Dieu, un frère. — Le meilleur moyen donc d'être agréable à Dieu, à qui nous ne pouvons directement faire du bien puisqu'il en est la source , c'est d'en faire à ceux à qui il veut en faire luimême et d'être les uns envers les autres les instruments et les aumôniers de sa providence ; c'est de reverser, par une céleste subrogation , sur les enfants l'acquittement de nos dettes envers le père , et d'être à leur égard comme nous voulons qu'il soit à notre égard , en leur faisant tout le bien que nous voulons qu'il nous soit fait. C'est cette bienfaisance universelle, qui doit avoir ainsi l'amour de Dieu pour principe, l'amour de nous-mêmes pour mesure, et l'amour de nos semblables pour objet, qui forme le

» sur ce modèle qui nous règle, sur celte paix qui calme nos » agitations, sur ce principe de tout être qui ravive notre » vertu. » ( Pensées de Jouberl , tome i*% p. 1 20. )

a Ceux-là seuls veillent, ô mon Dieu, qui pensent à vous, » et qui vous aiment ! tous les autres sont endormis ; ils font des » rêves et s'attachent à des fantômes. Vous seul êtes la réalité. » Rien n'est bien que d'occuper de vous son cœur et son esprit, » de faire toutes choses pour vous, et de n'être mu que par vous. »

( Idem y tome i*''', p. 107. )

complément de la Religion naturelle : — Tu aimeras

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