TOME I. a
» Quel hommage ne devons-nous pas rendre à This- » torien inspiré * 1 »
— « Aucun monument soit historique , soit as-- » tronomique, n'a pu prouver que les livres de » Moïse fussent faux ; mais j au contraire , ils sont » d'accord de la manière la plus remarquable avec » les résultats obtenus par les plus savants philo- » logues et les plus profonds géomètres. » — Tel est l'hommage que l'ethnographie et la géographie font entendre par la bouche de leur savant rapporteur BalbiV
— a S'il est aujourd'hui une vérité généralement » sentie, dit le savant M. de Férussac, c'est que le » progrès des connaissances positives a tout à fait » éloigné de nous cet esprit prétendu philosophi- » que dont on fait encore, en certains lieux, tant » d'état. Quel est maintenant le géologue qui ne » sourirait de pitié aux argumentations de Voltaire » contre la Genèse? voit-on, de nos jours, paraître » une seule dissertation composée dans cet esprit » par un écrivain jouissant du moindre crédit parmi » les savants '? »
— « Concordance extraordinaire, s'écrie un sa- » vant professeur de la faculté des sciences , Beu-
I La Géologie enseignée en vingt-^deux leçons, ou His-toire naturelle tku globe terrestre, Paris, 1829 , p. 408, 471.
a Atlas ethnographique du globe, Paris, 1826, i'* mappemonde ethnogr.
3 Bulletin universel des sciences, secl. des Sciences naturelles, tomex, n® 137.
» dant, qui ne peut être F effet du hasard , et qui , j) en nous conduisant à admettre des faits que les » livres saints ont voulu nous cacher, nqus entraîne » aussi à reconnaître dans les détails qu'ils nous ont » laissés , une profondeur de connaissances qui con- » traste d'une manière frappante avec l'ignorance » des temps où ils ont été écrits* 1 »
— « Cultivez avec ardeur les sciences abstraites » elles sciences naturelles, disait un des plus ha- » biles interprètes de celles-ci , en s' adressant à ses » collègues, décomposez la matière , dévoilez à nos » regards surpris les merveilles de la nature , ex- » plorez, s'il se peut, toutes les parties de cet uni- » vers; fouillez ensuite les annales des nations, les » histoires des anciens peuples ; consultez sur toute » la surface du globe les vieux monuments des » siècles passés ; loin d'être alarmé de ces recher- » ches, je les encouragerai de mes efforts et de » mes vœux. Je ne craindrai pas que la vérité se » trouve en cx>ntradiction avec elle-même , ni que » les faits, les documents par vous recueillis, puis- » sent jamais n'être pas d'accord avec nos livres » sacrés*. »
— « Si Ton considère que la géologie n'existait » pas à l'époque à laquelle a été écrit le récit de la » création, et que les connaissances astronomiques
' Voyage niinérahgique et géologique en Hongrie, chap. i5.
* M. Cauchy, Quelques mots adressés aux hommes de bon sens , i833.
» étaient pour lors peu avancées, on est porté à » conclure que Moïse n'a pu deviner si juste que » par suite d'une révélation. » Cest à cette conclusion qu'arrive le consciencieux et savant professeur de minéralogie et de géologie de Montpellier, dans son bel ouvi-age sur la Cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologique . « Telles sont les princi- » pales données, dit encore M. Marcel de Serres, » que l'on trouve dans le livre sur lequel nous » avons appelé l'attention des hommes éclairés, li- 9 vre réellement étonnant, fait pour tous les âges, » et qui a grandi avec eux. Merveilleux pour nous, » il le sera bien plus encore pour nos neveux , dont » les esprits, perfectionnés par les lumières tou- » jours croissantes des sciences, en concevront » mieux toute la portée et pourront aussi en appré- » cier davantage la profondeur et la beauté. — Nos » recherches auront peut-être suflS à ceux dont l'es- » prit est dégagé de toute prévention; quant aux » autres, nous n'avons jamais eu l'espoir de les » convaincre ; nous savons trop qu'il est des maux » rfe V esprit, comme du cœur, qu'il n'est pas donné » à l'homme de guérir, ni même de soulager \ »
— Un autre savant professeur interrompt l'exposition de la science par cette réflexion vraiment topique : « Ici se présente une considération dont » il serait difficile de ne pas être frappé : — puis- » qu'un livre , écrit à une époque où les sciences » naturelles étaient si peu éclairées, renferme ce-
• Tome !«'•, p. aaa et 2a3; tome ii, p. Ao8, a* édîl.
» pendant, en quelques lignes, le sommaire des » conséquences les plus remarquables , auxquelles » il ne pouvait être possible d'arriver qu'après les » immenses progrès amenés dans la science par le I» dix-huitième et le dix-neuvième siècle; puisque » ces conclusions se trouvent en rapport avec des » faits qui n'étaient ni connus ni même soupçonnés » à cette époque , qui ne l'avaient jamais été jus- » qu'à nos jours , et que les philosophes de tous les » temps ont toujours considérés contradictoirement » et sous des points de vue toujours erronés ; pui&- » que y enfin , ce livre , si supérieur à son siècle sous p le rapport de la science, lui est également supé- » rieur sous le rapport de la morale et de la phUo- » Sophie naturelle , on est obligé d'admettre qu'il y » a dans ce livre quelque chose de supérieur à » l'homme, quelque chose qu'il ne voit pas, qu'il » ne conçoit pas, mais qui le presse irrésistible^ » menti I ' »
Je ne finirais pas si je voulais recueillir tous les témoignages de la science. Aux noms déjà cités et que j'ai pris comme au hasard il fauidbrait joindre ceux de d'Aubusson, de Chaubard, de Bertrand, de Margerin, de ChampoUion, de Rémusat, de Rochette, qui tous viennent s'incliner devant la majesté de Moïse et reconnaître en lui le souffle de Dieu. — Jamais tel accord ne s'^est vu dans les divers interprètes de la science, jamais hommage plus désintéressé , plus spontané, plus éclairé , plus
' Nérée Boubée, Manuel de géologie, 3« édition, p. (52.
libre, plus concluant, n'a été rendu à la vérité. — Malheur à celui qui n'en serait pas ébranlé 1...
Disons donc avec M. le comte de Lascases : — « Oui, Moïse domine au-dessus des générations » et des siècles comme une colonne impérissable » de vérité. — Hérodote, Manéthon, les marbres » de Paros, les historiens chinois, le sanscrit, tou- » tes ces sources les plus anciennes du monde de- » meurent de cinq cents ans, de mille ans au-desx> sous de lui; aucun de ces témoignages antiques » ne peut l'atteindre, le contredire, ni l'aflFaibUr; » au contraire , la nature et les honmies se trouvent » de toutes parts en harmonie parfaite avec ce qu'il » dit. — Aussi, touchée de cet accord merveilleux , )» la foi religieuse triomphe, et, frappée d'un tel » résultat, l'incrédulité philosophique chancelle; » vaincue par ses propres lumières, elle se voit » contrainte d'avouer qu'il y a dans tout cela quel- » que chose de surnaturel qu'elle ne comprend » pas, mais qu'elle ne saurait nier \ »
Tel est Moïse.
Donc , — non-seulement au nom de la tradition , au nom de l'autorité , au nom de la foi ( bases sacrées auxquelles on sent toujours le besoin de venir se rattacher ) , mais au nom des plus solides conquêtes de l'esprit humain , au nom de la science et du génie, — il faut gboibe en lui.
' Extrait de la V* Carte historique de Lesage.