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devant le siècle. Des millions d'hommes mourraient pour Lui, à l'heure qu'il est; d'autres conspirent contre Lui. De tous côtés on s'agite, soit pour l'attaquer, soit pour le défendre, soit pour l'invoquer; et, au fond, il est le sujet capital de toutes les discussions, de toutes les résolutions, de toutes les affections sympathiques ou antipa-r thiques de l'humanité. L'histoire n'a pas pu s'en empa-| rer; la postérité n'est pas encore venue pour Lui; et il ne se pourrait trouver en ce moment une main assez froide pour tracer ce qu'on appelle son portrait. Aux Évangélistes seuls a été réservé le prodige de cette sublime impartialité.
Nous sommes les fils des Croisés^ et nous ne reculerons pas devant les fils de Voltaire/ disait, il y a trente ans, la voix animée d'un noble pair, du haut de la première tribune du monde; et ces paroles furent accueillies par tous les organes de l'opinion en France et en Europe, comme le manifeste de la lutte qui est au fond de tous les esprits, et dont le sujet est Jésus-Christ. Et cette lutte n'est pas la renaissance factice d'un état ancien, mais la continuation non interrompue de celle qui éclata autour de Jésus- Christ lui-même, qui amena son supplice, qui lui faisait dire, parlant à ses disciples : Confidite^ ego vici mundumî et qui n'a pas cessé jusqu'à nos jours. — Voltaire I\q^ Croisés/ l'anjichronisme qui résulte du rapprochement de ces deux mots exprime toute l'impuissance du temps sur la personne de Jésus-Christ, et la permanence de son action à travers la vicissitude des âges.
Anéantissez tous les monuments historiques, et c'en est fait de la certitude des actes de la vie de César, on pourrait presque dire de Napoléon; tandis que la certitude de la vie de Jésus-Christ survivrait encore, parce qu'elle
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subsiste dans un fait toujours actuel et vivant, et ce fait c'est le Christianisme. — Le Christianisme (et je n'entends pas seulement par là la doctrine, mais la société chrétienne) existe; il existe, non dans un endroit obscur, mais en tout lieu : en France, en Europe, au delà des mers, par tout le monde. Il existe, non à la surface, mais dans le cœur des choses; il est Pâme de la civilisation; des mœurs, des lois, des coutumes, des institutions : nous sommes tous, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, son expression, son produit, et il nous engendre tous les jours à des idées, à des développements nouveaux, dont il est le principe et le mobile. Le nier, c'est nous nier. Eh bien ! ce fait, le plus immense et le dlus enraciné de tous les faits, dont tous les autres ne sont que des accidents, ce fait a pour centre et pour point de départ la personne du Christ, le Christ seul. La vie et les exemples de Jésus-Christ, voilà l'archétype du Christianisme, il est inutile d'en chercher d'autre; le Christianisme n'est rien sans Lui : c'est Jésus-Christ lui-même se communiquant aux hommes sans interruption depuis deux mille ans.
Le fait de l'apparition de Jésus-Christ et des diverses circonstances qui composent sa vie n'est donc pas un fait écoulé en quelque sorte comme tous les autres faits historiques, dont la certitude ne repose que sur des témoignages morts eux-mêmes depuis longtemps. C'est un fait continu, un fait toujours existant, toujours agissant; il se passe encore sous nos yeux; et chaque acte, chaque événement imputable au Christianisme, est imputable à Jésus-Christ, provient de Lui, est Lui.
Ajoutons enfin que, raisonnant toujours au seul point de vue humain, il y a tout à parier que cette action attes-
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tatrice de Jésus-Christ, qui p'a pas cessé 46pui8 dix-buit siècles, n'est pas prête à cesser, et que les siècles futurs }es plus reculés la verront, comme pous, aussi vive, aussi pj*ésentc qu'elle Test, qij'elje Ta été depuis so» apparition dans le monde.
Aucupe certitude n'approche dpPP 4e Ift certitude de Jésus-Christ, et les caractères qui la distinguent sept tels, qu'ils n'appartiennent qu'à Lui seul entre tous les hommes; quMls donnent de {^ui non-seulement l'idée la plus positive, mais déjà la plus surhumaine, et que l^s mêmes raisons qui établissent soq existepc^ étal)lisseiit en même temps sa divinité.
II. Ajoutons, avec Schelling» que cq fait de r6i:isteiice (|u Christ s'offre à pious tel que rÉvangik nou$ ta représenté.
Rien de plus net, en effet, rien de plus original et distinct que l'idée que nous nous faison§ tous de Jésus- Christ. On peut hésiter sur la physippefliie jnorale de l^ocrale ou de Caton, elle rentra plus pu moins dans C6lle de leurs contemporains, et il y a bien des traits de leurs mœurs qui sont restés dans l'ombre, et qui gagnent peutêtre à cette douteuse obscurité. En Jésus-Christ, rien de pareil. Sa face lumineuse se détach'e de tout le reste, et se présente dans un mystique isolement. On ne peut se fpire deux idées de Lui ; et le nommer, c'est en quelque sorte le voir paraître tel que l'Évangile nous l'a représenté. Il faut môme observer, et ceci est remarquable, que la morale évangélique, qui a pris la place de la loi naturelle dans nos temps modernes, se compose moins des paroles que des exemples de Jésus-Christ. Les faits de sa viie sont devenus par là comme le fonds des mœurs